Superstitions de Noël

Coutumes et superstitions de Noël

D’étranges superstitions de Noël, restes des jours lointains de la Bretagne païenne, subsistent en certains coins du pays, revenant à la surface au temps de Noël. En voici quelques-unes :

« La cloche du diable »

Depuis sept siècles, par exemple. une cloche dite « Devil’s knoll’’, sonne, la veille de Noël dans le village de Dewsbury (Yorkshire) dans le nord de l’Angleterre. À en croire la légende, la coutume remonte à un baron qui donna la cloche à l’église paroissiale en expiation dj meurtre de son serviteur, ordonnant de la sonner chaque veille de Noël pour lui rappeler son crime. Les villageois croient que le démon se tiendra loin de leur village, si l’on sonne autant de coups qu’il s’est écoulé d’années depuis la naissance du Christ, de façon que le dernier coup se fasse entendre à minuit.

La légende des pierres de saint Fillan

À Killin, dans le Perthshire en Écosse, les villageois, à Noël arrachent des joncs d ’un ruisseau voisin afin de faire un lit à des pierres tirées des pignons d’un an cien moulin à farine. Ce ne sont pas des pierres ordinaires, car les villageois croient que leur patron, saint Fillian, s’en servait il y a plusieurs siècles pour guérir la fièvre, les entorses et autres maladies ou blessures.

La Fête de la tête de sanglier

Le Jour de Noël, on célèbre, à Queen’s College de l’université d’Oxford, la Fête de la tête du sanglier, qui remonte à cinq siècles, c’est-à-dire à l’époque où (raconte-t-on, un étudiant, attaqué par un sanglier alors qu’il se promenait en étudiant Aristote, tua son formidable adversaire en lui lançant son livre dans la gorge.

Aujourd’hui, une tête de papier mâché remplace la pièce de 90 livres sous le poids oe laquelle deux serviteurs ployaient autre fois, mais l’esprit de la cérémonie n’a pas changé. Alors que le choeur chante les dernières notes d’un noël traditionnel, on place la tète sur la table du Prévôt, or principal du Collège, qui présente les décorations, une par une, aux choristes et visiteurs. Le soliste reçoit l ’orange.

L’ensorcellement des vergers

Le Jour des Rois (appelé dans cette région « Old Christmas Day ») a ses cérémonies propres. Dans le Devonshire au sud de l’Angleterre, pays célèbre pour son cidre, on a gardé jusqu’à une époque assez récente la coutume de « L’ensorcellement des vergers ». Les cul tivateurs et leurs « engagés » se rendaient aux vergers, après la chute du jour, portant des fusils et une grande jarre de cidre sur le dessus de laquelle flottait un grand morceau de pain grillé ou de gâteau. Aucun fusil n’étalt considéré trop vieux, à condition de tenir l’amorce, et plus il faisait de bruit le mieux c’était. Le groupe une fois arrivé aux plus grands pommiers, le maître l’interpelait pendant qu’on tirait les fusils.

On passait ensuite le cidre à la ronde et l’on mangeait le gâteau Imbibé de cidre, mais on prenait soin d ’en laisser un bon morceau dans une fourche de l’arbre à l’intention des rouges-gorges, sinon le charme n’opérait pas. Enfin, les hommes rentraient à la ferme pour continuer à boire du cidre et pour se raconter des histoires autour du feu Jusqu’au matin. Comme nombre de vieilles superstitions, cette coutume se fondait sur une croyan ce positive : les coups de feu, dé chirant l’écorce de l’arbre, étalent censés hâter la venue des fruits, tout comme le chauffage des noyers.

Superstitions de Noël : La nuit du houx

Dans le Westmorland au nord de l’Angleterre, le soir des Rois est connu sous le nom de « Nuit du houx » (« Holly Night ») ou « Holling », à cause d’une procession qui avait lieu à Brough. On promenait dans les rues un frêne au haut du quel on avait attaché des matières combustibles auxquelles on met tait le feu. Vers huit heures du soir, on allumait les torches et, accompagné par la fanfare de la ville, i’arbre était promené solennellement dans la ville. On faisait partir fusées et pétards et leshommes portaient des torches ou des branches enflammées.

Les petits chanteurs de Noël

Les enfants du Yorkshire, allant de maison en maison tout en chantant des noëls la veille de la grande fête, portent encore la « mllly-box”, boite remplie de sucreries et d ’oranges et contenant deux figurines, survivance d’une vieille coutume, commune aux comtés du nord de l’Angleterre jusqu’à la fin du siècle dernier et qui consistait à porter en procession les statues de Notre-Dame et du saint enfant Jésus avec les chanteurs de noëls. Le mot « milly” est une corruption de « Milady ». A Cleveland, dans le Yorkshire, la même boite porte le nom de « bessel-cup » et les enfants qui la portent disent qu’ils « vont porter la santé », invitation
à leur donner une bénédiction.

La température de la nuit sainte

Dans les campagnes d ’Angleterre, on surveille encore le ciel, la veille et le jour de Noël, pour y découvrir des indices de changement de la température, car une ancienne croyance veut que le temps qu’il fait alors présage celui qu’il fera l’année d’après. « Les sages maîtres de l’astrologie, dit-on, on découvert qu’on peut, d’après le temps de la Nuit sainte, prédire celui de toute l’année ». Quand la nuit de Noël est claire et étoilée, la récolte de fruits et de vin sera abondante. Mais, si la température est alors mauvaise et qu’il vente, l’année suivante n’aura guère de fruits ni de vin. Si le vent s’élève au lever du soleil, « il y aura grande disette de bétail et de bétes ». Mais si le vent s’élève au coucher du soleil, « cela signifie la mort parmi les rois et les grands seigneurs.

Superstitions de Noël : La papillote de Noël

Comme au Canada, aucune célébration de Noël n’est complete en Angleterre sans une boite de papillotes à pétard. La fabrication des papillotes de Noël, en Angleterre, remonte à 70 ans. Un confiseur et fabricant de décorations pour gâteaux de noces, au nom bien anglais de Tom Smith, avait rapporté d’un voyage sur le continent l’idée d’où sortit la papillote ou diablotin. Il avait constaté en effet qu’un confiseur français enveloppait ses bonbons dans du papier de soie pour les rendre plus attrayants.

Quelques semaines avant Noël, ses employés se mirent donc à envelopper de cette façon des amandes sucrées. Puis il eut l’idée d’agrémenter le paquet en y introduisant une devise amoureuse : il se rap prochait de la papillote.

(Source : journal Le Canada, vendredi 23 décembre 1949).

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