La guerre et le Québec

Retour des soldats

Retour des soldats

Retour d’outre-mer, nos soldats sont contents de revoir la neige

Plusieurs de nos militaires, au nombre desquels quelques héros de Dieppe, reviennent au pays, à la gare Bonaventure

« Il neige, il fait froid, c’est Montréal et diable que j’ai aimé ça!  » s’écria un sergent en descendant du train à la vieille gare Bonaventure tout récemment à son retour d’outre-mer où il fut en service durant quatre ans. Il faisait partie d’un groupe de soldats canadiens de retour au pays juste avant Noël. Parmi ceux-ci, il faut signaler la présence du lieutenant-colonel G. A. Turcot, du 22e Régiment, qui prit part à l’invasion de la Sicile et de l’Italie, et deux autres héros de Dieppe, blessés et rapatriés après 14 mois de détention dans un camp allemand, les soldats Robert Monette, qui réside à 1010 boulevard Perras à Ahuntsic, et Louis Legault, de Mont Rolland. Le premier fut blessé aux deux jambes et à la tête et fut fait prisonnier six heures après le début du raid. Le soldat Legault fut blessé à un bras, aux deux jambes et perdit un œil avant d’être fait prisonnier.

Brièvement questionné à sa descente du train, le lieutenant-colonel G. A. Turcot déclara que la victoire des Alliés en Italie ne faisait plus de doute et en souriant il ajouta : « Nos gars du 22e sont là et ils livrent de fameux combats ». Après avoir combattu en Sicile et en Italie, il fut envoyé en Afrique du Nord, mais bientôt rappelé sur le front italien. »

Malgré la température hivernale, les membres féminins des Services de Guerre de la Légion Canadienne accueillirent nos militaires de retour au pays avec du thé chaud, des gâteaux, des cigarettes et des journaux locaux. La cantine mobile récemment présentée par les ouvriers de la Afirchild à la Légion canadienne était à la gare.

Les soldats du district militaire #4 qui étaient sur le train, outre ceux déjà mentionnés, sont le lieutenant-colonel R. Hamel, commandant du Régiment de Saint-Hyacinthe : le capitaine Maurice Rousseau, du Régiment de Saint-Hyacinthe ; le major R. White ; le major J. Y. Standfield ; le major F. G. Wray ; le lieutenant G. W. Rogers, le sergent-quartier-maître de compagnie R. G. Phillips ; le sergent-major régimentaire A. E. Carr ; le sergent-major de compagnie A. Cloutier, 1994 rue De Montigny est, F. M.R ; le sergent-major de compagnie L. Boucher, 2293-A rue Joliette, du Régiment de Lévis ; le sergent-major Léopold Dugal, 2142, rue Floriny, du Régiment de Maisonneuve ; les sergents R. Desjardins, 1120 rue Ste-Catherine ouest, F. M. R., Fernand Boisseau, 4671, rue Delorimier, du Régiment de Saint-Hyacinthe, d’autres soldats, caporaux, canonniers.

Le papa soldat retrouve sa famille au Forum

Une petite fille surveillait attentivement les prouesses des excellents acrobates de la troupe de variétés T. Eaton hier après-midi au Forum, lors de la seconde et dernière matinée de la grande fête de Noël organisée par la Montreal Soldiers Wives League pour les enfants dont le pèr est en service actif dans l’Armée Canadienne. Puis vinrent les bouffons et la petite, sur les genoux de sa mère, rit beaucoup et fort. Dans son excitation et sa joie elle oublia le seul souci de sa jeune vie, l’absence de son « papa », outre-mer depuis trois ans comme sergent-major avec une unité de l’Artillerie Royale Canadienne. Dans son excitation aussi, elle ne remarqua pas un soldat qui se dirigeait à grands pas vers elle et sa maman. Soudain le soldat s’arrêta devant elles, et la petite fille et sa maman regardèrent et les rires de milliers d’enfants devant les sauts, bonds et cris de bouffons cessèrent comme par enchantement, car c’était bien « papa! »

Le sergent-major Fred Young était du groupe de soldats canadiens revenus d’outre-mer hier matin et dont le train entra à la vieille gare Bonaventure vers 11 heures et demi. N’ayant pas de téléphone chez lui, il ne put annoncer son arrivée à sa femme autrement qu’en se rendant directement à son domicile, 6375, Douzième avenue, Rosemont. Lorsqu’il arriva à la maison, le sergent-major Young apprit que sa femme et sa petite fille était déjà parties pour le Forum, de façon à avoir de bons sièges. Il ne perdit pas de temps à aller les rejoindre va sans dire, et pour la famille Young, Noël 1943 restera toujours pour eux le meilleur encore qu’ils aient célébré.

(Texte paru dans la presse canadienne le 22 décembre 1943).

Fleurs Jacques-Cartier

Fleurs autour de la place Jacques-Cartier. Photographie de GrandQuebec.com.

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