Reddition de Paris en juin 1940

Un récit sur la reddition de Paris

Reddition de Paris. Une dépêche de la North Americain Newspaper Alliance récemment publiée dans le New York Times, rapporte le récit de quelques moments historiques qui ont immédiatement précédé la reddition de la ville de Paris aux troupes nazies. Cet émouvant récit se présente en partie sous la forme d’un rapport qui fit l’un des officiers de lMétat-major allemand, le lieutenant Wilhelm Ritter von Schramm, chargé de négocier avec les autorités françaises les conditions de la capitulation.

Dans la soirée du 12, relate le lieutenant Schramm, nous lisons les dernières nouvelles radiodiffusées par le poste de Paris. Paris n’a pas encore été officiellement déclaré ville ouverte, mais il en est déjà question. L’on dit aux Français que Paris n’est pas toute la France. Ce qui nous en dit assez long, car cela signifie que l’on prépare la nation à l’idée que la ville ne sera défendue – et que nous aussi nous devons être prêts à marcher dans quelques jours. Le lendemain, l’état-major reçoit l’ordre du haut commandement d’aller demander la capitulation. Tous les préparatifs sont au point : les conditions sont formulées et un message radiophonique a été envoyé de l’autre côté des lignes.

*

(…) Nous laissons le poste de Clermont, à 5 h. Notre petit groupe monte deux voitures. Comme aide-de-champ, j’occupe la première. Tandis que le major, comme plénipotentiaire délégué par le haut commandement, suit avec un capitaine – interprète. La pluie tombe abondamment. Les événements à venir nous plongent dans l’anxiété. Alors nous sommes émus par les heures historiques que nous vivons.

Mais une fois rendue devant les lignes françaises. la délégation doit se réfugier derrière des arbres. Elle se réfugie pour éviter de servir do cible à un feu nourri. Des troupes sénégalaises de l’avant-poste tirent sur ceux qu’ils prennent pour une patrouille. Alors les parlementaires allemands doivent se retirer. De retour dans les lignes, on se remet en communication avec le gouvernement de Paris. Tous les arrangements se font pour que le rendez vous ait lieu le lendemain. « Nous n’oublierons jamais, écrit le lieutenant, cette matinée grise et brumeuse du 14 juin. »

Tout se fait dans le calme, sans aucune marque d’animosité. La discussion nuit seulement lorsqu’il s’agit de déterminer les limites de la ville. Mais on se met bientôt d’accord, et comme il était convenu, une fois rendu à la place de l’Étoile avec ses troupes, le lieutenant Schramm téléphone a ses supérieurs : « Les troupes allemands sont dans Paris ».

N’est-ce pas là une des pages les plus sombres de l’histoire de France ?

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