Prix et falsifications en temps de guerre

Mesures prises pour empêcher la majoration du prix de la volaille

Très important avertissement de Me André Demers

(Prix et falsifications. Texte paru dans le quotidien Le Canada. Jeudi 23 décembre 1943).

Me André Demers, procureur régional de la commission des Prix et du Commerce et en temps de guerre, informe le public que tous les marchés de Montréal sont étroitement surveillés par les investigateurs de la Commission pour empêcher que les dindes et autres volailles ne soient vendues à des prix supérieurs à ceux qui ont été fixes. En même temps, les investigateurs de la Commission surveillent les arrivées de dindes par chemin de fer, ils vérifient les factures et prennent note des endroits de livraison. Ce travail d’inspection se poursuit sans relâche depuis dix jours.

Les investigateurs n’ont trouvé qu’un petit nombre de détaillants qui vendaient les volailles à des prix plus élevés que les prix maxima fixés. Plusieurs détaillants pris sur le fait de tromper leurs clients quant à la qualité. La Commission des Prix poursuit actuellement une trentaine d’entre eux. Alors, ils paraîtront en cour criminelle dès cette semaine.

Me Demers précisa que le fait de contraindre tous les détaillants à respecter les prix fixés pour la volaille comporte de nombreuses difficultés. Mais le travail des investigateurs se voit énormément facilité par la coopération des consommateurs. Personne ne doit hésiter à porter plainte contre les gens qui vendent les dindes et autres volailles à des prix supérieurs aux prix maxima fixés. Le gouvernement a organisé le service d’investigation pour vérifier les plaintes dans un délai de 24 heures.

Dangereux alcool présentement en vente dans la métropole

Il s’agit d’un produit de contrebande dont l’absorption, en si faible quantité que ce soit, peut causer la cécité ou la mort – Mise en garde de la police fédérale.

On nous a déclaré, hier soir, au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada, rue St-Jacques, qu’il y avait présentement au vente, à Montréal, de l’alcool produit en contrebande et que cet alcool, vendu comme breuvage, est tellement dangereux que son absorption en si faible quantité que ce soit, peut causer la cécité et même la mort.

Dans sa mise en garde, la police fédérale a rendu public un télégramme du commissaire B.T. Weed, d’Ottawa, qui a la direction de cet important corps de police, par tout le dominion, au sujet de la saisie, à Montréal même de six gallons de l’alcool en question. La police confisqua cet alcool hier. On l’expédia sans délais dans la capitale pour fins d’analyse.

Voici la teneur du message télégraphié en question :

« Un examen des analystes fédéraux révèle que ce liquide es un poison mortel. Les analyses déclarent positivement que la consommation d’une petite quantité de cette boisson causerait probablement la cécité ou la mort. Les éléments de polisson n’en sont pas discernables. À moins que l’examen en soit fait par des analystes experts en la matière.

En vue du fait que les sujets présumablement vendaient l’alcool en question au détail, au moment de la saisie des dix gallons en question, il est essentiel qu’on prenne sans délai des moyens radicaux. Par l’entremise de la presse et de la radio, afin de mettre le grand public en garde contre ce grave danger.

Appréhendé hier au sujet de cette grave affaire, un individu s’avoue coupable, en correctionnelle, d’avoir été trouvé en possession d’alcool feinté. À la suite de la réception du rapport des analystes fédéraux, à Ottawa, les policiers fédéraux doivent interroger le prévenu mentionné incessamment, au sujet de la provenance exacte du dangereux alcool découvert.

(Le Canada, jeudi, 23 décembre 1943).

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Brasserie Molson. Photographie de GrandQuebec.com.

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