La guerre et le Québec

Prisonniers canadiens à Hong-Kong

Prisonniers canadiens à Hong-Kong

Des renseignements sur nos troupes de Hong-Kong

Le gouvernement japonais exprime le désir de transmettre des renseignements relatifs aux prisonniers de guerre canadiens qu’il détient. – L’honorable Vincent Massey et l’honorable W.-F.-A. Turgeon

Ottawa, 13 janvier 1942. – L’honorable J.L. Ralston, ministre de la Défense nationale du Canada, a annoncé ce soir que le gouvernement japonais vient de faire connaître qu’il est disposé à donner des renseignements relatifs aux prisonniers de guerre qu’il détient. Les autorités japonaises recourent à l’intermédiaire de la Croix-Rouge internationale. Selon M. Ralston, ces renseignements attendus avec impatience par plusieurs familles du Canada intéressées au sort des défenseurs de Hong-Kong seraient ainsi obtenus rapidement.

Le colonel Ralston a appris cette heureuse nouvelle par le truchement de l’honorable Vincent Massey, haut commissaire du Canada à Londres, qui a tenté d’obtenir des renseignements relativement aux pertes subies à Hong-Kong, souligne le communiqué publié ce soir par le ministère de la Défense du Dominion.

On souligne que le Japon a fait connaître son désir dans un télégramme envoyé à Genève, à l’adresse de la Croix-Rouge internationale. Le gouvernement japonais se dit disposé à expédier à Genève « des renseignements au sujet des prisonniers de guerre » avec les pays belligérants, sous une base de réciprocité.

Monsieur Massey dit par ailleurs, dans le même télégramme adressé à M. Ralston, qu’il prétend que les Japonais seraient aussi disposés à transmettre des renseignements au sujet des pertes de vies et des blessés.

Monsieur Massey ajoute qu’il a demandé au délégué de la Croix-Rouge à Genève de demander au représentant de Tokio de communiquer les renseignements concernant les « pertes de toutes sortes » à M. le docteur E. L. Maag, 726 ouest, rue Notre-Dame, à Montréal, le délégué de la Croix-Rouge canadienne, au lieu de les transmettre à Genève.

Le colonel Ralston s’est dit confiant que cette suggestion de l’honorable M. Massey aura pour effet que les nouvelles tant attendues arriveront ainsi plus rapidement au pays.

Monsieur Massey a constamment attiré l’attention du gouvernement du Royaume-Unis au sujet des pertes subies à Hong-Kong. Le gouvernement du Royaume-Unis a communiqué avec les gouvernements de la Suisse et de l’Argentine qui ont pour leur parti communiqué avec les Japonais relativement aux pertes canadiennes et britanniques de Hong-Kong. On présume que l’honorable W. F. A., Turgeon, ministre du Canada à Buenos-Aires a également approché le gouvernement de l’Argentine à propos du même problème.

Enfin, M. Massey souligne qu’il comprend que les parents des troupes qui se trouvaient à Hong-Kong attendent avec impatience des renseignements souhaités. Il continue en disant qu’il prend toutes les mesures qu’il lui est possible de prendre en vue d’obtenir le plus tôt possible les renseignements désirés.

(Note de GrandQuebec.com : La bataille de Hong Kong se solde pour le Canada par des pertes tragiques : Au total, 290 militaires ont été tués et près de 500 blessés. Après la la reddition des défenseurs de Hong Kong, les Canadiens ont été emprisonnés à Hong Kong et au Japon dans les pires conditions. Bon nombre d’entre les prisonniers canadiens n’ont pas survécu. Au total, plus de 550 des 1 975 Canadiens qui avaient quitté le port de Vancouver en octobre 1941 pour débarquer à Hong Kong, ne sont jamais revenus au Canada).

Début de la guerre entre le Canada et le Japon

Quand la Seconde guerre mondiale éclate en Europe, le 1er septembre 1939, les politiciens se rendent compte que la région du Pacifique ne restera pas longtemps à l’écart du conflit. Effectivement, les premières confrontations entre la France et le Thaïlande ont lieu depuis 1940, sans parler de la longue guerre entre le Japon et la Chine qui sévit depuis des années.

Le bastion britannique le plus solide dans le littoral asiatique du Pacifique est la colonie de Hong-Kong, bien fortifiée et défendue afin de contrer la menace constante d’une attaque japonaise qui peut survenir à tout moment, car leurs troupes occupent des positions autour de la colonie, en terre chinoise occupée.

Au début du mois de novembre 1941, la garnison de Hong-Kong compte environ 13 mille soldats et officiers anglais et des colonies indiennes, dirigés par le général C. M. Maltby.

Le 16 novembre 1941, à la demande de la Grande-Bretagne, deux bataillons canadiens viennent renforcer la défense. Il s’agit des Rifles Royaux du Québec et des Grenadiers manitobains de Winnipeg (affectés en Jamaïque). Les Rifles Royaux ont été envoyés du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve (qui ne faisait pas encore partie du Canada, mais était une colonie anglaise).

Au total, il y avait 1975 soldats canadiens, qui seront parmi les premiers à affronter les forces japonaises trois semaines plus tard.

La plupart des Canadiens envoyés à Hong-Kong n’avaient aucune expérience du combat. Leur entraînement étant limité, le commandement comptait poursuivre leur formation à Hong-Kong, opportunité que les Japonais ne leur ont pas accordé.

Le matin du 8 décembre 1941, huit heures après l’attaque de Pearl Harbor, les bombardiers japonais survolent Hong-Kong. Une heure plus tard, l’infanterie japonaise traverse la frontière avec la Chine. La guerre entre le Japon et la Grande-Bretagne, et donc avec le Canada, commence.

Les premiers Canadiens ne combattent que le 10 décembre, deux jours plus tard, car leurs bataillons avaient été placés en réserve au début des hostilités.

Oratoire Saint-Joseph

Oratoire Saint-Joseph. Photographie par GrandQuebec.com.

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