Les Iroquois changent leur stratégie. Les colons français et les Iroquois : Aurons-nous la paix ?
Plusieurs personnalités en vue de Québec se demandent si l’occasion ne serait pas propice de proposer une paix générale aux tribus iroquoises.
Il est difficile de croire qu’on puisse y parvenir. Tous ont à la mémoire les différents traités de paix déjà signés entre les Français et les Cinq Nations. Déjà, en 1645, en 1653, 1654 et 1655 la paix avait été conclue avec l’une ou l’autre des cinq tribus iroquoises.
Nous étions, à ce moment, tellement convaincus de la solidité de ces traités que le gouverneur avait autorisé l’installation de l’habitation de Gannentaha en plein territoire iroquois en 1656.
La guerre reprenait en 1657 et Gannentaha devait être évacué en vitesse afin d’éviter une hécatombe. Pierre-Esprit Radisson joua un rôle important dans cette évasion dramatique.
Est-il vraiment possible de croire en la parole qu’engagent les Iroquois lorsqu’ils signent un traité ?
Qui est Dollard ?
Dollard des Ormeaux, le héros du Long-Sault, est arrivé en Nouvelle-France il y a trois ans.
C’est Monsieur de Maisonneuve lui-même qui le recruta, en 1657. Adam Dollard avait, à ce moment, vingt-deux ans.
Il s’était retiré du service militaire à la suite de difficultés survenues dans son régiment. Depuis 1658, il était un des
principaux officiers de la garnison de Ville-Marie.
Grand ami de Lambert Closse, Dollard des Ormeaux servit de parrain à l’une de ses filles le 4 octobre de la même année.
Son associé, Monsieur Picoté de Bellestre, hérite de la terre que tous les deux possédaient en société à l’est de l’île de Montréal.
Les vrais motifs de la haine iroquoise
Dans sa « Relation abrégée de quelques missions des pères de la Compagnie de Jésus en Nouvelle-France », le père FrançoisJoseph Bressani, qui a connu durant quelques mois de captivité les pires tortures, nous donne les raisons de l’acharnement des Iroquois contre lui, « non en ma qualité d’Européen, puisqu’ils sont amis des Hollandais, Européens comme nous, mais parce que nous sommes amis et protecteurs des Sauvages que nous travaillons à convertir, et avec lesquels ils ne veulent pas la paix. . . Ainsi la première cause de cette inimitié, c’est la foi… »
« Ajoutons secondement la haine que les Iroquois ont pour notre sainte foi, qu’ils croient et qu’ils appellent un sortilège. Ils ont surtout en horreur le signe de la croix, parce que les Hollandais leur ont fait croire que c’était une vraie superstition. Il fut la cause de la mort du bon René Goupil, compagnon du père Jogues, et fit éloigner de moi le jeune garçon à qui je le faisais faire avec d’autres prières… »
À compléter la lecture :
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
Illustration : La mort de Dollard des Ormeaux à Long-Sault. Le huitième jour de la bataille. Bas-relief par Louis-Philippe Hébert sur le monument à Maisonneuve, réalisé en 1895. Place d’Armes, Montréal. Image libre de droit.