La guerre et le Québec

Examen médical PULHEMS

Examen médical PULHEMS

Une méthode logique d’examen médical : le Pulhems

Cette nouvelle façon de procéder à l’examen médical, en vigueur depuis trois mois, est considérée comme une des meilleures au monde.

Ottawa, 9 novembre 1943. L’examen médical et psychologique, surnommé « Pulhems » que subissent tous les membres de l’Armée canadienne, contribue efficacement à l’affectation des soldats au genre de travail le plus conforme à leurs aptitudes et à leurs talents particuliers et dans l’exécution duquel ils pourront le mieux servir leur pays.

Le citoyen canadien qui avait été classé A1 sous l’ancien système d’examen, était un Adonis d’une perfection quasi mythologique et c’est tout à l’honneur des hommes du Canada que le pays ait pu compter, en ses heures de besoin, sur un si grand nombre de recrues de cette catégorie. Appeler le Canada un pays de catégorie médical « C », comme certains l’ont déjà fait, est une injustice. Le niveau de santé de l’Armée canadienne est un des plus élevés au monde.

À l’examen médical, le soldat était classé d’après ses aptitudes physiques et mentales. Mais on n’y préparait aucune note à l’intention du Bureau de la sélection du personnel qui permit à ce dernier d’assigner les hommes à des postes appropriés. C’est pour combler cette lacune qu’on inaugura le système des épreuves « Pulhems ».

Un examen bien détaillé

Vient d’abord l’examen physique proprement dit. Cet examen porte sur la santé générale de l’individu, son poids et sa grandeur. On le désigné par la lettre P.

On passe ensuite à l’examen des bras et des épaules. En effet, une légère infirmité peut être de nature à empêcher un homme de se servir efficacement d’une baïonnette et ne pas toutefois lui nuire dans la conduite d’un camion. La recrue est alors classée U1, U2, U3, U4 ou U5 et il en sera de même à chacune des lettres symboliques de la série.

La lettre L symbolise la facilité de locomotion. Un homme peut être impropre à la marche mais, d’un autre côté, il peut rendre beaucoup de services en qualité de pointeur d’artillerie ou de canonnier d’une batterie anti-avions.

C’est maintenant au tour de l’ouïe (lettre H). La besogne d’éclaireur ou de signaleur peut exiger une grande délicatesse d’ouïe mais une oreille dure peut être une bénédiction pour un soldat engagé dans un autre genre de travail. Le degré de finesse de son ouïe est donc inscrit sur la feuille d’examen d’un soldat.

La cinquième épreuve est celle de la vue (E). Vient ensuite l’épreuve mentale (M) qui juge du degré de culture et des aptitudes intellectuelles du soldat. Les résultats en sont exacts 999 cas sur mille. Cette épreuve permet de classer les recrues dans une des quatre catégories mentales adoptées.

La dernière épreuve, qui est étroitement liée à l’épreuve mentale, permet de juger de la stabilité émotive d’un soldat qui est la base de la sécurité. On estime alors que 45% de renvois sont causés par des infirmités physiques, 10% par d’autres défectuosités de tous genres, le reste peut être attribué presque entièrement à ces désordres nerveux ou mentaux qui empêchent la recrue de devenir un soldat.

Comparaison entre deux feuilles d’examen

Voici par exemple deux feuilles d’examen bien différentes : PULHEMS 1111211 et PULHEMS 4224424.

Aux yeux de l’officier spécialiste du Bureau de sélection, le premier résultat indique que l’état de santé de la recrue est parfait, sauf sa vue qui peut se corriger par le port de lunettes, tandis que le second signifie que la recrue souffre de certains désordres organiques ou aurait besoin de subir telle ou telle opération chirurgicale le poignet manque de souplesse, le pied est presque plat, l’oreille est dure mais l’homme peut toutefois suivre une conversation tenue à une distance de cinq pieds; vue défectueuse, intelligence suffisante pour combat simple, quelques signes d’instabilité émotive.

Une feuille correspondante ajouterait que la deuxième recrue est capable de service au Canada comme riveter avec le Corps des magasins militaires de l’Armée canadienne, ou de celui de cuisinier ou de briqueteur. L’homme est alors assigné à l’une de ces besognes où il pourra servir son pays avec plus de compétence et de satisfaction.

(Quotidien La Presse, texte paru le 9 novembre 1942).

la guerre et le quebec
Sur tous les fronts!. Affiche des temps de la Seconde guerre mondiale.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *