La guerre et le Québec

Le contre-torpilleur « Saguenay » endommagé

Le contre-torpilleur « Saguenay » endommagé

Le destroyer canadien « Saguenay » torpillé : 21 morts

Plusieurs Canadiens français sont au nombre des marins portés disparus. Dix-huit hommes ont été blessés

Ottawa, 9 décembre 1940. Un communiqué officiel publié ce soir aux quartiers généraux de la flotte canadienne annonce que le destroyer canadien « Saguenay » a subi un torpillage et a été endommagé.

D’après ce communiqué, le H.M.C.S. Saguenay » a été touché par une torpille au cours d’un engagement avec un sous-marin dans l’est de l’Atlantique. Le destroyer n’en est pas moins arrivé à bon port où il sera radoubé. Vingt-et-un de des hommes manquent à l’appel. Dix-huit autres sont blessés et ont été hospitalisés. Les proches parents de ces derniers ont été avertis.

Le « H.M.C S. Saguenay » a été construit pour le compte du Canada, à Southampton, en Angleterre, il y a dix ans. Il a quitté l’Angleterre le 25 juin 1931, en compagnie du « MCS. Skeena », un autre navire de guerre ajouté à la flotte canadienne du temps. Il a une longueur totale de 321 pieds et un pouce, et un bau de 32 pieds et huit pouces. Il a un déplacement de 1, 330 tonnes. Il peut atteindre 35 nœuds. Le navire est armé de quatre canons de quatre pouces, de deux canons plus petits, de quatre mitrailleuses et de huit tubes lance-torpilles de vingt-et-un pouces.

Voici des noms des victimes, d’après le communiqué publié par les quartiers généraux de la flotte canadienne à Ottawa :

Disparus, vraisemblablement morts au combat : William Stych Baker dont le père M. Henry E. Baker, demeure à 4982, avenue Dunn ; Oliver Cowling dont la mère demeure à Saint-Lambert Annex, comté de Chambly ; William A. Goring dont la mère, Mme Georgianna Goring, demeure à 4358 Ouest, Sainte-Catherine, Montréal ; Joseph Gougéon dont le père M. Elzéar Gougeon, demeure à 143a, rue Saint-Jean-Baptiste, Victoriaville ; Hector Légaré dont la mère Mme Gertrude Mazière, demeure à 159, 4e avenue, Verdun, et Henry J. Sheppard dont la mère, Mme Leonora Sheppard, demeure à 4664, avenue Delorimier, Montréal.

Note : On sait aujourd’hui que le « Saguenay » a été attaqué et torpillé le 1er décembre 1940, par le sous-marin italien Argo à 300 milles nautiques à l’ouest de l’Irlande. Le navire endommagé a réussi à atteindre la base navale de Barrow-in-Furness, en Irlande. Le navire est rentré en service le 22 mai 1941, après des réparations. Il a souffert d’autres dommages le 15 novembre 1942 à la suite d’une collision avec un autre vaisseau près de la Terre Neuve au cours d’un combat contre un groupe de sous-marins allemands et réparé en Nouvelle-Écosse. Le « Saguenay » a été mis hors de service en 1945.

31 S.O.S. Captés par un navire américain

C’est ce que révèle le journal de bord de l’Exeter, dix-huit jours en mercredi
New York, 9 décembre 1940. Le journal de bord du paquebot américain « Exeter », lequel a mis 18 jours à se rendre à Lisbonne et à revenir, ici, révèle que les sans-filistes de ce vaisseau ont capté 31 appels de détresse qui parlaient tous d’attaques par des avions, des raiders de surface ou des sous-marins contre des navires marchands.

Dans les milieux maritimes de New York, on croit que quatre de ces S.O.S. Indiquent qu’au moins deux raiders de surface sont au travail dans l’Atlantique : l’un dans le nord, au large de Terre-Neuve, l’autre, près des îles Canaries. Parmi les noms mentionnés dans le livre de bord de l’Exeter il y en a qui avaient été entendus par la ‘Mackay Radio Corporation ». Ce sont ceux des cargos britanniques « Loch Ranza », 4,958 tonnes, « W. Hendrik », 4,360 tonnes, « Victor Ross », 12,247 tonnes, « Goodleigh », 5,4448 tonnes, et « Lady Glanely », 5,497 tonnes. Ces navires ont vraisemblablement été torpillés durant une attaque massive par des sous-marins allemands contre un convoi, le 2 décembre dernier, à 500 milles à l’ouest de l’Irlande.

Le 23 novembre, l’Exeter entendit un message du cargo britannique « Glenbeg », 9,461 tonnes, disant qu’il avait aperçu un navire mystérieux et inquiétant, à 500 milles au sud-ouest de Santa-Cruz, îles Canaries.

Une semaine plus tard, un S.O.S. fut reçu du cargo anglais « Llandaff », 4’825 tonnes, lequel disait être pourchassé par un navire inquiétant, à 300 milles au nord-est de Ponta Delgada, les Açores et à 1,000 milles des parages où le « Glenbeg » avait été poursuivi.

Deux autres S.O.S. font croire qu’un raider de surface, probablement le cuirassé de poche qui attaqua le convoi du « Jervis Bay », le 5 novembre dernier, était encore au large, dans la même région.

Le 2 décembre, au nord-est des parages de l’agression du 5 novembre, le « R.J. Cullen », 6,517 tonnes, vit un navire inquiétant, 24 heures plus tard, à 100 milles au sud-est, le « Caperby », envoyait un message identique.

L’Exeter a entendu parler de deux attaques dont on ignorait tout ici. Le cargo néerlandais « Famsun », 5,237 tonnes, a irradié qu’il avait été torpillé à 600 milles à l’ouest du sud de l’Irlande. Le cargo britannique « Treverbyn », 5,281 tonnes, a irradié, hier, qu’il était en bon état, mais que des avions ennemis l’attaquaient toujours à 320 milles à l’ouest de Londonderry, Irlande du Nord.

« On meurt tous un jour, qu’on soit mendiant ou empereur. » (Hayao Miyazaki, né en 1941, artiste manga japonais, Princesse Mononoké). Illustration : Megan Jorgensen (ElenaB.)
Le H.M.C.S. « Saguenay » endommagé, le 1er décembre 1940. Photographie de l’époque, libre de droits. « On meurt tous un jour, qu’on soit mendiant ou empereur. » (Hayao Miyazaki, né en 1941, artiste manga japonais, Princesse Mononoké). Illustration : Megan Jorgensen.

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