La guerre et le Québec

Canadiens français s’enrôlent

Canadiens français s’enrôlent

Les jeunes Canadiens français s’enrôlent dans l’aviation

Ils forment 40% de ceux qui s’inscrivent dans l’armée de l’air  dit le lieutenant Falkenberg

Quarante pour cent des jeunes gens qui se sont inscrits à l’heure actuelle dans l’aviation au Québec, sont des Canadiens français. Ce sont d’excellents candidats aux divers métiers de l’aviation, de même que d’excellents sujets pour devenir officiers ou pilotes. Un grand nombre se présentent tous les jours à nos bureaux, soit pour obtenir des renseignements ou s’enrôler dans l’armée de l’air.

C’est ce que nous a déclaré, mardi après-midi, le baron Carl Falkenberg, chef du recrutement à Montréal. Le lieutenant Falkenberg a aussi exprimé son appréciation du résultat du recrutement. « Jusqu’à maintenant, dit-il, un grand nombre ont réussi à passer brillamment leurs examens bien que nous soyons très sévères et que nous n’acceptions que les candidats qui ont réellement des aptitudes pour l’aviation.

Ainsi, beaucoup de ceux qui se présentent aux bureaux de la rue Dorchester sont refusés. Souvent, les candidats ont une excellente santé, Mais souvent aussi, ils ne sont pas suffisamment instruits ou ne connaissent pas parfaitement un des métiers de l’armée de l’air. « Dans notre travail », dit le chef du recrutement », nous ne pouvons pas oublier que la vie du pilote dépend considérablement des ouvriers de l’aéroport, c’est-à-dire, de ceux qui réparent ou préparent l’avion pour l’envolée. Nous tenons donc énormément à n’engager que des experts. »

Rodolphe Pager

Parmi ceux qui se sont enrôlés, à l’heure actuelle, il y a un jeune homme, Rodolphe Pager, qui, il y a quelques années, s’est construit lui-même un avion. Ayant obtenu un permis du gouvernement fédéral, il survola souventes fois notre province. Pager, qui connaît très bien l’aviation, a été hautement recommandé à ses chefs pour une commission d’officier.

Dans le groupe, il se trouve également un jeune homme du lac Saint-Jean qui parvint épargner suffisamment sur son salaire pour payer son passage à Montréal. Il arriva un dimanche matin chez le lieutenant s’enrôler dans l’aviation. Devant son insistance à s’enrôler immédiatement, M. Falkenberg lui fit subir sur place un examen sévère. Le candidats démontra son habilité et de bonnes connaissances sur son métier. Il fut inscrit le lundi suivant.

Le recrutement va bon train. On a enregistré jusqu’à 250 requêtes en un seul jour. Le personnel de treize employés doit accomplir un travail considérable un peu de temps pour ne pas retarder l’examen des candidats et leur entraînement. On nous fait remarquer qu’il n’est pas nécessaire de se rendre aux bureau du 625 ouest, rue Dorchester, pour obtenir des renseignements. Chaque candidat peut écrire et obtenir tous les renseignements dont il a besoin, en français ou en anglais.

Le lieutenant Falkenberg

Le lieutenant Falkenberg, D.F.C., A.D.C., O.C.m est un vétéran de la Grande Guerre. Il fit partie d’un groupe de deux escadrilles canadiennes formées, quelque temps avant l’armistice, par le maréchal de l’Air W.A. Bishop, V.C., un as de la guerre de 1914. Il avait servi d’abord, en 1916, dans le 14e bataillon, maintenant le Royal Montréal Régiment. Blessé à la Crête de Vimy, le baron Falkenberg fut transféré dans le Corps Royal d’Aviation où il servit jusqu’en 1918. Il faisait partie d’une escadrille fameuse par ses exploits, la 84e, qui descendit plus de 300 avions ennemis. La 84e escadrille comprenait des aviateurs du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de l’Afrique du Sud.

Blessé de nouveau en 1918, le baron Falkenberg reçut la Croix de l’aviation avec distinction, puis une barre fut ajoutée plus tard à cette décoration. Il avait descendu 15 avions ennemis. Après la guerre, il s’enrôla dans la nouvelle unité de l’air canadienne et fut mis en charge d’un groupe spécial d’avions de combat. En 1921, il démissionna et fut mis à la réserve.

(Ce texte date du 2 novembre 1939).

Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s’il y en avait! (Henri Barbusse). Photographie d'une mural à Montréal par Megan Jorgensen.
Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s’il y en avait! (Henri Barbusse). Photographie d’une mural à Montréal par Megan Jorgensen.

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