La guerre et le Québec

Les Canadiens capturent Cambrai

Les Canadiens capturent Cambrai

Ce sont les Canadiens qui ont pris Cambrai, hier, après de rudes combats

La brèche est faite dans la ligne Hindenburg – Toutes les défenses ennemies sont enfoncées

10 octobre 1918. Les troupes canadiennes hier matin ont satisfait leur ambition légitime et ont capturé Cambrai qu’elles convoitaient depuis longtemps – la cavalerie anglaise est en rase campagne – les troupes françaises capturent plusieurs villes.

Cette fois nous venons de remporter une victoire considérable, il ne subsiste aucun doute possible. Il ne s’agit plus d’une victoire proprement dite, c’est-à-dire d’un succès contre la résistance locale de l’adversaire mais bien de résultats comportant des conséquences tactiques et stratégiques considérables.

Le front de bataille ennemi a été percé, ses défenses traversées, sa résistance brisée : il est en fuite rue un large front et nous avons devant nous le champ libre.

La cavalerie s’est jetée dans la brèche, suivie des chars d’assaut, nos colonnes d’infanterie avancent non plus en ligne de bataille, mais en colonnes de marche, l’artillerie galope à la poursuite des fuyards allemands.

La brèche est faite depuis Cambrai jusqu’à l’Oise sur un front de quarante kilomètres. Nous allons vraisemblablement jeter par cette brèche des forces suffisantes pour permettre des mouvements enveloppants sur les deux ailes, vers Douai et Laon.

Sur le plateau entre Cambrai et Saint-Quentin nous avons pris Inchy, Bobain noeuds importants de voies ferrées et nous marchons sur Le Cateau centre de chemins de fer des plus importants, dont nous sommes ce matin à deux milles seulement.

Dans le même temps, les Français attaquent sur l’aile droite entre Somme et Oise après avoir pris Mezières, pont de chemin de fer sur l’Oise, ont occupé Marcy Fontaine Notre-Dame et pris pied par conséquent sur ce plateau qui, formant éperon avec hauteurs dominants entre Somme et Oise constituait une redoute de la ligne ennemie, redoute qui barrait notre traversée de l’Oise et assurait le flanquement au nord du massif de Saint-Gobain.

Cette brèche ouvre donc du coup toutes les possibilités de manœuvre stratégique que nous recherchions et que le généralissime saura exploiter, on peut en être sûr.

Pendant ce temps, les Français et les Américains sur la Suippe entre Reims et Verdun épuisent victorieusement la résistance de l’ennemi qui fait des efforts désespérés pour arrêter leur avance, l’avance de la branche sud de la tenaille avec laquelle Foch veut saisir les armées allemandes sur leur centre.

En Argonne, après des combats acharnés, des Alliés ont pratiquement chassé l’Allemand du promontoire entre l’Aisne et l’Aire tandis que le long de la Meuse, hier, Américains et Français remontaient des deux côtés de la rivière vers le nord emportant Consenvoye, Haumont et Beaumont sur la rive droite.

C’est un coup terrible porté à l’ennemi et on ne peut en cette heure prédire jusqu’où ira sa retraite à l’est de Cambrai ni s’il pourra se ressaisir suffisamment pour pouvoir arrêter la ruée des alliées.

Voilà donc un énorme saillant enfoncé dans la ligne allemande et par suite une nouvelle faiblesse pour l’ennemi qui, en cette heure, en raison même de ses pertes ne songe au contraire qu’à rétrécir son front pour pouvoir concentrer ses forces.

Les assauts énergiques des Alliés sur des points vitaux du front au nord et au sud obligent Ludendorff à faire face à la fois de tous côtés; les probabilité sont qu’il n’arrivera pas à rétablir à temps continuité de son front.

Tout indique que les événements vont désormais se précipiter et que nous allons remporter les fruits de deux ou trois mois de victoires continues.

Avance alliée de quinze milles

Presse canadienne : Les rapports venus du front cette nuit montrent qu’un quart de million d’Allemands sont maintenant en pleine retraite entre Cambrai et St-Quentin, et que les Alliés les refoulent continuellement sur les ailes. L’avance au cours des deux derniers jours a atteint même une profondeur de 15 milles.

Ce mouvement d’avant des Alliés est regardé comme le premier pas de la grande retraite générale des Allemands qui semble maintenant inévitable. Car il est douteux de savoir si le général Ludendorff a des positions aussi fortifiées sur la haute Oise et sur le canal Sambre pour lui permettre de résister effectivement à la victoire que les Alliés exploitent depuis deux jours.

Ce sont les Canadiens qui sont entrés à Cambrai

Avec les forces canadiennes, 10 octobre 1918, par J.-F.-B. Liversay, correspondant de la Presse Canadienne : De bonne heure hier matin les troupes canadiennes sont entrées à Cambrai et elles sont maintenant en complète possession de la ville. Ainsi l’ambition légitime du corps canadien est satisfaite, car depuis qu’il a enlevé le canal du Nord et capturé le bois de Bourlon, le 27 septembre, le Canadien combattait pour la capture de Cambrai.

Même si les troupes impériales, qui ont si bravement avancé au sud de Cambrai, avaient eu la bonne fortune de capturer la ville, la chute de Cambrai aurait dû quand même être attribuée aux coups de massue portés pas les Canadiens.

Progrès alliés au sud de Cambrai

Les troupes anglaise ont fait d’autres progrès hier soit dans la direction de la partie nord du front de bataille à l’est de Cambrai. La bataille fait rage au sud-est de Cambrai des deux côtés de Caudry. Les troupes anglaises sont maintenant à moins de deux milles de Le Cateau.

Les troupes anglaises ont capturé Saillaumines et Noyelles.

La troisième division canadienne à l’honneur

Avec les Forces canadiennes à Cambrai, par le correspondant de la Presse canadienne : Cambrai est tombé à la suite d’une attaque de nuit. Notre troisième division eut l’honneur de traverser le canal et de pénétrer dans la ville. Les Alliés n’ont pas tiré un obus dans Cambrai et c’est ce qui prouve que les incendies ont été allumés par des criminels. En même temps notre troisième division balayait aussi l’est de la ligne de la Scheldt, capturant Morewbiew, Ramolies, Belcourt et Cuvillers, et quelques centaines de prisonniers.

Où les Allemands s’arrêteront-ils ?

Avec les forces anglaises sur le front de Cambrai-Saint-Quentin. On ne peut dire où les Allemands vont s’arrêter. Les canons anglais n’ont pas cessé leur feu de la journée d’hier

Les troupes anglaises n’ont pas l’intention de laisser aux Allemands la chance de se reconnaître et de réorganiser leurs forces. Les Anglaise sont absolument confiants qu’ils peuvent briser maintenant toute ligne que les Allemands leur opposeront. Le terrain dans cette localité est jonché de cadavres allemands et est rougi du sang ennemi.

Tout ce qui peut être brûlé dans ces deux régions (Cambrai et St-Quentin) est incendié par l’ennemi avant que de retraiter.

Martes est tombé entre nos mains de bonne heure hier et les troupes anglaises ont atteint Bussigny et dépassé rapidement Bobain.

Des milliers de prisonniers et des quantités considérables de canons de campagne, de mitrailleuses et de dépôts de munitions furent capturés avant que l’ennemi ait eu le temps de les incendier ou de les faire sauter.

 

char d'assaut
Char d’assaut de la Première guerre mondiale. Photo de GrandQuebec.com.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *