La guerre et le Québec

Le Canada et la Grande Guerre

Le Canada et la Grande Guerre

L’implication du Canada dans la Grande Guerre (la Première guerre mondiale) – Ligne du temps

Chronologie des événements qui ont mené à la participation du Canada dans la Première guerre mondiale et la Grande Guerre

1896 : Élections fédérales. Le parti libéral, dirigé par Wilfrid Laurier, est porté au pouvoir. Henri Bourassa est élu député libéral du comté de Labelle.

1899 : Laurier décide d’une participation canadienne à la guerre que livre la Grande-Bretagne aux Boers, en Afrique du Sud. Bourassa, en désaccord complet avec le premier ministre canadien, démissionne comme député libéral de Labelle. Il rejette l’impérialisme de la Grande-Bretagne et s’oppose, par principe, à une participation canadienne à toute guerre de l’Empire. À compter de ce moment, Bourassa devient l’adversaire acharné de Laurier au Québec et l’orateur le plus écouté des francophones.

1903 : Le journaliste Olivar Asselin fonde la Ligue Nationaliste, mouvement qui préconise un nationalisme bourassien et qui canalise le mécontentement de la jeunesse québécoise contre les « vieux partis. »

1904 : Réélection d’Henri Bourassa à Ottawa et élection d’Armand Lavergne, jeune avocat, à titre de député libéral fédéral de Montmagny.

1908 : Élection d’Henri Bourassa et d’Armand Lavergne à la législature québécoise sous l’étiquette de « nationalistes ».

1910 : Fondation du journal Le Devoir par Henri Bourassa.

1910 : Fondation de l’Association canadienne-française d’Éducation d’Ontario pour veiller au bon fonctionnement du système scolaire des Franco-ontariens.

1910 : Wilfrid Laurier, le premier ministre du Canada, présente à la Chambre des Communes un projet de loi visant à créer une marine canadienne qui apporterait sa contribution au renforcement.de la flotte impériale britannique. Les anglophones du Canada auraient préféré une contribution financière à a flotte anglaise, alors que les nationalistes québécois s’opposent totalement à toute participation canadienne aux guerres européennes.

1911 : Élections fédérales. Le parti libéral de Wilfrid Laurier est défait; les conservateurs de Robert Borden,alliés aux nationalistes du Québec, l’emportent avec une forte majorité.

1912 : Après un voyage en Angletter, le premier ministre Borden propose le don d’une somme de 35 millions de dollars qui serviraient à la construction de trois vaisseaux de guerre devant s’ajouter à la flotte anglaise. Le Sénat, d’allégeance libérale, l’empêche de mener à terme cette politique. On ne parlera plus, dès lors, d’une contribution directe du Canada à la flotte impériale.

1912 : L’Association canadienne-française d’Éducation d’Ontario commence la bataille pour la protection des droits scolaires de la minorité française de cette province.

28 juin 1914 : Assassinat du prince François-Ferdinand, archiduc héritier d’Autriche-Hongrie.

28 juillet 1914 : Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Cette déclaration est suivie par l’entrée de l’Allemagne, la Russie, la France, le Royaume-Uni, le Japon, l’Empire ottoman.

4 août 1914 : Invasion de la Belgique par l’Allemagne et déclaration de guerre de la Grande-Bretagne au pays envahisseur. Henri Bourassa déclare que l’Empire ne peut imposer au Canada l’obligation constitutionnelle d’aller combattre sur les champs de bataille européens. Ainsi, après l’entrée dans la guerre du Royaume-Uni, le Canada et tous les dominions britanniques font leur entrée automatiquement.

6 août 1914 : Le Parlement canadien décide de soutenir la cause de l’Empire et vote un crédit de 50 millions de dollars pour l’organisation de l’armée canadienne.

22 août 1914 : Sanction de la Loi conférant certains pouvoirs au Gouverneur en conseil et amendant la Loi de l’immigration, citée sous le nom de Loi des mesures de guerre, 1914.

Septembre 1914 : Le ministre de la Milice, Sam Hugues, est chargé de veiller au bon fonctionnement de l’armée canadienne.

3 octobre 1914 : Le premier bataillon de soldats canadiens s’embarque pour l’Europe et commence la traversée de l’Atlantique.

20 octobre 1914 : Création à Saint-Jean, dans le Québec, du 22e Bataillon qui deviendra le 22e Régiment.

1915 : Le Parlement ontarien adopte un règlement connu sous le nom de Règlement XVII, visant à restreindre l’usage du français dans les écoles bilingues. À compter de ce moment, les catholiques francophones de l’Ontario et du Québec livrent une dure lutte en vue de l’abrogation de cette loi qu’ils jugent inique, discriminatoire et nuisible à l’effort de guerre.

1915 : Des travailleurs au chômage s’enrôlent en masse. À l’été 1915, le Corps expéditionnaire canadien atteint le nombre de 150 000 hommes.

31 décembre 1915 : Pour démontrer l’engagement canadien dans l’effort de guerre, le premier ministre Robert Borden utilise son message du Nouvel An de 1916 pour promettre l’envoi de 500 000 soldats en Europe. À ce moment-là, les engagements volontaires ont pratiquement cessé. Les premiers contingents étaient composés surtout d’immigrants britanniques récents; en 1915, la plupart des Canadiens de naissance désireux d’aller combattre s’étaient enrôlés. Le total, de 330 000 hommes, est impressionnant, mais insuffisant.

Février 1917 : Départ du premier ministre canadien, Robert Borden, pour la Grande-Bretagne où il assistera à la Conférence impériale.

Avril 1917 : Les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne.

Avril 1917 : 424,000 hommes se sont enrôlés dans l’armée canadienne depuis le début de la guerre. Le Canada compte alors une population de 8 millions d’habitants.

Mai 1917 : Retour au Canada du premier ministre Borden avec l’idée d’augmenter les effectifs militaires. Il songe à décréter la conscription.

24 juillet 1917 : Le Parlement canadien adopte la Loi de la conscription, appelant sous les armes tous les hommes célibataires ou veufs sans enfant, de 20 à 35 ans.

Été 1917 : Des manifestations hostiles à la conscription se succèdent à un rythme inimaginable dans tout le Québec, pendant que les anglophones des autres provinces demandent au gouvernement canadien de mettre le Québec au pas.

Octobre 1917 : Le premier ministre canadien, Robert Borden, annonce la tenue d’élections générales, après avoir formé un « gouvernement d’union » des conservateurs et des libéraux partisans de la conscription.

13 octobre 1917 : Appel des premiers conscrits et création des tribunaux d’exemption.

17 décembre 1917 : Le « gouvernement d’union » obtient une majorité de 71 sièges au Canada, mais le Québec vote en bloc contre ce gouvernement, à l’exception de trois circonscriptions anglophones de Montréal.

Fin décembre 1917 : Joseph-Napoléon Francoeur, député libéral à L’Assemblée législative de Québec, dépose une motion souverainiste : « Que cette Chambre est d’avis que la province de Québec serait disposée à accepter la rupture du pacte fédératif, si, dans les autres provinces, on croit qu’elle est un obstacle à l’union, au progrès et au développement du Canada. »

24 janvier 1918 : La motion Francoeur a fait l’objet de longs débats. Sous les conseils du premier ministre libéral du Québec, Lomer Gouin, le député de Lotbinière retire sa motion, en disant qu’il avait atteint son but, soit établir que le Québec détient des droits que les autres provinces doivent respecter.

Mars et avril 1918 : Les émeutes de Québec.

4 avril 1918 : Arrêté ministériel du gouvernement fédéral suspendant les libertés civiles à Québec.

19 avril 1918 : Un amendement à la Loi du service militaire rejette, à toutes fins pratiques, les demandes futures d’exemption et permet au gouvernement fédéral d’ordonner l’enrôlement obligatoire d’un plus grand nombre de citoyens.

11 novembre 1918 : L’armistice.

28 juin 1919 : Ratification du Traité de Versailles.

1927 : Abrogation par le Parlement ontarien du Règlement XVII.

(Québec sous la Loi des mesures de guerre en 1918. Par Jean Provencher).

Voir aussi :

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