Bataille de York – 26 avril 1813
Préparatifs de la bataille de York
Bataille de York. Au cours du premier hiver de la guerre de 1814-1815 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, les deux pays se préparaient à la campagne d’été. Les Américains étaient sûrs que s’ils arrivaient à dominer les lacs Erié et Ontario, le Haut-Canada tomberait. Par la suite, il serait aisé de prendre le Bas-Canada.
Les Américains ont donc commencé à construire une grande flotte à Presque-Île et à Black Rock, sur les berges du lac Erié, et à Sackets Harbour, au bord du lac Ontario. Les Canadiens construisaient quant à eux leur flotte à Armhersburg, sur les rives du lac Erié, à Kingston et à York (actuelle Toronto), ces deux dernières localités étaient les plus grandes du Haut-Canada.
La ville de Kingston était considérée comme la plus importante dans la ligne de défense du Haut-Canada en raison de sa position stratégique. En effet, cette ville constituait la porte d’entrée au Bas-Canada (le Québec).
Vers le début du printemps, les chantiers de deux pays étaient en pleine effervescence nuit et jour. Les Américains ont hésité entre un débarquement à Kingston ou à York.
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Le général Henry Dearborn, commandant américain de l’Armée du Centre, pensait que Kingston, étant la ville la plus importante, serait bien défendue, il opte donc pour une attaque contre York. Les Américains croyaient, à tort, qu’au moins 8 mille soldats britanniques, canadiens et amérindiens se trouvaient en garnison là-bas. En réalité, il n’y avait que 700 soldats et quelques douzaines de miliciens.
Personne ne sait quelle aurait été l’issue de la guerre si les États-Unis avaient décidé de débarquer à Kingston. Mais ils ont choisi York, la capitale officielle du Haut-Canada, un village de 700 habitants.
Deux batteries de canons obsolètes défendaient le littoral de York, dont la garnison était composée de 300 soldats et 300 miliciens et guerriers amérindiens. Ces forces étaient commandées par le général en chef Robert Hale Scheaffe, lieutenant-général du Haut-Canada.
Le 26 avril 1813, les glaces ayant fondu, la flotte américaine hisse les voiles pour prendre la capitale canadienne. Ce même jour, les 14 navires américains se sont approchés des rivages canadiens avec 2 mille soldats américains à bord, commandés par le même général Dearborn et le brigadier Zebulon Montgomery Pike.
Le cours de la bataille de York
Le 26 avril 1813, la flotte américaine, avec le général Henry Dearborn, commandant en chef des troupes américaines, ainsi qu’environ 2 mille soldats, s’approchent du village de York, actuelle Toronto, capitale du Haut-Canada. Au total, la flotte compte 14 navires.
De 700 à 900 résidents habitent à York. De plus, la localité abrite 300 soldats britanniques et 300 miliciens canadiens et guerriers amérindiens, alliés de la Grande-Bretagne.
C’est le général en chef Roger Hale Sheaffe qui est à la tête de la défense de la capitale.
Les Américains décident de débarquer à quelques kilomètres à l’ouest du village, dans le lieu où se dressent les vestiges du Fort Rouillé, fondé par les Français à l’époque de la Nouvelle-France et abandonné depuis des décennies.
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Un groupe de cent soldats du régiment Glengarry d’infanterie légère et des Amérindiens essaient de faire front, mais le débarquement est réussi et les Américains se dirigent vers York en suivant les sentiers de la forêt qui séparent l’ancien fort et le village. Les défenseurs sont dispersés.
Une autre compagnie britannique essaie d’arrêter les envahisseurs. Il s’agit de la compagnie des Grenadiers du 8e régiment d’infanterie. Mais ces soldats sont habitués à la guerre à l’européenne, où les adversaires se confrontent en bataille ouverte sur de vastes plaines. Ici, dans la forêt, les Britanniques sont désemparés. Plusieurs s’écrient: Montrez-nous l’ennemi, où est-il? À ce moment, les Américains, bien cachés dans les arbres, attaquent la compagnie sans rencontrer de résistance. Sur 119 hommes, 30 sont tués en quelques minutes, et les autres sont faits prisonniers. Le commandant de la compagnie, le capitaine Neal McNeale se trouve parmi les morts.
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Les Américains continuent à avancer. Ils portent à dos d’hommes deux canons capables de tirer des boulets de 2.5 kg (6 livres). Auparavant, personne n’a encore réussi à passer un seul canon à travers une forêt pleine de ravins. Six navires américains commencent à bombarder les positions britanniques. Une des deux batteries explose et plus d’une dizaine d’hommes sont tués. La seconde tombe aux mains des attaquants une demi-heure plus tard.
Le général Sheaffe donne l’ordre à ses troupes de se replier à l’intérieur des murs du village. Il laisse des dizaines de miliciens canadiens à l’arrière. Ceux-ci ne reçoivent pas d’ordre de retraite et doivent donner le temps aux soldats d’entrer dans le village.
À ce moment, un dépôt de munitions britanniques explose. Des douzaines de soldats des deux côtés sont tués et blessés. Le brigadier Zebulon Montgomery Pike, qui commandait les troupes d’assaut, se trouve parmi les victimes.
Les miliciens qui défendaient les positions d’avant-garde de York se rendent finalement. Et c’est la première reddition des Canadiens.
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Maintenant, c’est le tour de York. Le général Sheaffe fait évacuer le village. Les troupes se replient vers Kingston. York se rend et les Américains le pratiquement détruisent. Ils l’occupent alors jusqu’au 8 mai. Ce jour-là, ils abandonnent le village en ruine.
La Bataille de York est la première victoire des Américains lors de la guerre de 1812-1814. Sa signification fut énorme. La destruction de la capitale du Haut-Canada a soulevé le moral des troupes et a redonné l’espoir de la victoire aux Américains.
On reconstruira York après la guerre. En 1834, elle change de nom et devient Toronto.
Les Britanniques et les Canadiens auront leur revanche en 1814. En août, ils seront vainqueurs de la bataille de Bladensburg, dans l’état du Maryland. Ensuite, ils occuperont la ville de Washington, qu’ils incendieront. Le Capitole, la Maison Blanche, les ministères des finances et de la guerre, les chantiers, la rédaction du journal gouvernemental, ils brûlent tout pour venger la destruction de la capitale du Haut-Canada. Le président James Madison s’échappera par miracle.
Illustration : Mort du brigadier-général Zebulon Pike lors de la bataille de York. Gravure ancienne, image libre de droits.