La guerre et le Québec

L’art de tuer son semblable

L’art de tuer son semblable

L’art de tuer son semblable date de près de six mille ans

M.Louis Bourgoin fait l’historique des méthodes de combat et des armes employées depuis que l’homme est sur la terre

Il est très intéressant d’apprendre ou si on le sait déjà de se rappeler l’évolution des méthodes de guerre et les changements qu’on subi les différentes armes de combat depuis six mille ans. En effet en ces temps préhistoriques l’homme songeait déjà à attaquer les animaux, par exemple, puis plus tard son semblable. Par le fait même les armes défensives devinrent nécessaires.

C’est cet art de tuer ses semblables ou l’histoire des techniques de guerre qu’a étudié, hier après-midi, devant les membres de la Société d’Étude et de Conférences M. Louis Bourgoin, ingénieur chimiste, professeur à l’École Polytechnique.

Aux temps préhistoriques

L’arme est l’instrument le plus ancien inventé par le primitif pour décupler sa force. Les premières armes à être employées furent des armes offensives se divisant en deux catégories : armes de contact et armes de jet, selon que les combattants attaquaient corps à corps ou lançaient de loin leurs projectiles.

On utilisait d’abord la pierre, à son état naturel, puis la masse, la lance, le javelot, la hache, le poignard. Mais avec ces armes, les combats ne pouvaient se livrer qu’à faible distance. On imagina de lancer les armes de jet au moyen d’engins décrivant une trajectoire assez grande. Un bras artificiel prolongeant celui de l’homme fut inventé : ce fut l’ère de la fronde puis celle du javelot.

Mais puisque l’homme s’attaquait à l’homme, il fallait que celui qui était attaqué fut protégé. Pour ce, il opposait la cuirasse aux armes pointues et un grand bouclier aux pierres.

Travaillant toujours au progrès, l’homme s’efforça de trouver quelque chose de supérieur à tout ce qui avait été employé jusque là. L’arc devint l’arme idéale, permettant de lancer des flèches à des distances imposantes pour l’époque. Comme moyen de protection on construisit des palissades. Mais l’assaillant pouvait, lui aussi, s’abriter derrière les barricades et lancer ses flèches sans être touché.

On voit que déjà la ruse se laissait apercevoir chez l’homme, c’était le premier indice de la stratégie

Période historique

Les combats se livraient de clan à clan mais à l’orée de ce que l’on est convenu d’appeler la période historique commence une autre méthode. C’est la guerre de groupement à groupement. Peu à peu tout s’organise et les hommes portent maintenant le nom de guerriers, quand ils livrent un combat.

Lorsque l’âge de fer succède à l’âge de bronze, les armes changent. Les pointes de lance deviennent plus rigides et les flèches sont plus dangereuses. Les siècles passent. Tout évolue. Trois siècles avant notre ère, la cavalerie s’organise. Et jusqu’au Moyen-Âge, on continuer de perfectionner, les armes connues tout en faisant usage dans les combats de chars en bois montés sur roues et de chevaux.

Au XIVe siècle, on érige des tours, des forteresses, des châteaux forts, pour protéger les piétons contre la cavalerie. On construit des engins de guerre tirés par des chevaux ou des hommes et dirigés contre les abris solides.

Malgré toutes ces inventions l’homme ne dispose toujours que de forces musculaires et forces mécaniques. Pour la première fois, durant les Croisades, les Arabes font usage de feu grégeois. C’est déjà quelque chose. Mais nous n’avons pas encore les explosifs.

De XIVe au XIXe siècle, on se servit de poudre à canon dont la puissance explosive était merveilleuse. Ce furent les Arabes qui apportèrent en Europe cette invention orientale. En 1832, on découvrit la nitro-cellulose, en 1847, la nitro glycérine, et en 1860, la dynamite.

Mais entretemps la cavalerie avait cédé le pas à l’artillerie. De petits canons lançaient des boulets faits tout d’abord de pierre, puis de plomb, de bronze, de fer et enfin de fonte. Au XIVe siècle, l’arquebuse était en vogue. Elle fut remplacée par le mousquet puis par des armes plus rapides et plus avantageuses : le fusil, le pistolet, le revolver. En 1703, sous Vauban, la baïonnette devint l’arme de l’infanterie.

C’est depuis 1880 que l’artillerie a fait des progrès marqués. Et jusqu’en 1914, la tactique de la guerre était subordonnée aux armes à feu. Mais apparut la plus puissante et la plus dangereuse des armes, ma mitrailleuse, née en principe au XVIe siècle, époque où on la mit de côté parce que l’on en avait peur.

La véritable mitrailleuse ou fusil à répétition est une invention américaine employée durant la guerre de Sécession.

Guerre moderne

Parlant de la guerre chimique, M. Bourgoin dit qu’elle est véritablement un nouveau procédé de combat, mais que, au point de vue militaire, elle n’est pas tellement barbare, parce que dans l’obligation de se battre, est-il plus sauvage de faire usage de gaz que d’enfoncer une baïonnette dans le corps de l’ennemi ?

Depuis quelques années tout avance rapidement. Autrefois l’évolution se faisait progressivement au cours des siècles. Aujourd’hui, en l’espace de dix ans, on fait de grands pas dans la voie des découvertes scientifiques. La guerre moderne se fait avec des chars blindés portant des mitrailleuse, des avions desquels descendent des parachutistes armés. Il ne faut donc pas mépriser la mécanique mais bien l’asservir pour la défense.

Tout n’est pas épuisé dans nos possibilités maléfiques. On a parlé de guerre de microbes, de rayon de la mort, de concentration de rayons électriques, de déploiement d’air et d’eau imitant des trombes et balayant tout sur leur passage, etc.

En terminant, le conférencier dit que pour obtenir le pacifisme sur la terre, il faudrait commencer pas entretenir la haine.

(Conférence donnée le 26 février 1941).

Mais je suis trop le lecteur d'Erewhon pour ne pas croire à l'intelligence des machines et pour ne pas voir une intention dans leurs erreurs. Valery Larbaud Rldasedlrad les dlcmhypbgf (1923). Chars de combats d'aujourd'hui. Photo de Megan Jorgensne.
Mais je suis trop le lecteur d’Erewhon pour ne pas croire à l’intelligence des machines et pour ne pas voir une intention dans leurs erreurs. Valery Larbaud Rldasedlrad les dlcmhypbgf (1923). Chars de combats d’aujourd’hui. Photo de Megan Jorgensen.

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