Monde immobilier

La petite propriété

La petite propriété

Popularité de la petite propriété et disparition des maisons de grand luxe

Quatre murs, un plancher, un plafond, une cabane si l’on veut, mais on est chez nous ! – tel était le désir de plusieurs au début du XXe siècle, car ce n’est pas d’aujourd’hui que le locataire désire s’établir chez lui.

Il y avait bien des constructions imposantes qu’on avait élevées vers la fin du siècle dernier, tant sur le flanc du Mont-Royal que sur les rues Dorchester et Sherbrooke, pour ne pas tenir compte des rues qui au nord de Sherbrooke, grimpent dans la montagne comme Peel, Stanley, Drummond, De la Montagne et autres.

Ces résidences « grincières » étaient construites alors que la main d’oeuvre « se donnait » et que le prix du matériel était très bas. C’était le bon temps des traiteurs de la Compagnie de la Baie d’Hudson et autres organisateurs qui, à leur débuts montent comme une flèche pour ensuite progresser modérément mais régulièrement.

Plusieurs nouvelles industries prennent naissance aujourd’hui. Si elles ne montent pas aussi rapidement que celles du siècle dernier, c’est qu’elles doivent subir la concurrence domestique comme étrangère avec les facilités de transport qui favorisent l’importation.

Il en est ainsi de la propriété privée.

La petite propriété

C’est surtout de la petite propriété que l’on construit actuellement au Canada. On voit bien plusieurs maisons appartement qui s’élèvent ici et là, même des ensembles de maisons de rapport, mais c’est la maison unifamiliale ou encore la jumelée ou le duplex, jumelé ou non, qui sont les plus populaires.

Au cours des 17 premiers jours de février, on a accordé à l’hôtel de ville, des permis pour la construction de 60 maisons appartements qui logeront bon nombre de familles, mais au cours de la même période on accorda aussi 474 permis pour des maisons unifamiliales. On a demandé en tout des permis pour 605 logis, soit une moyenne de 43 logis par jour, ou 215 par semaine, à Montréal seulement.

Les statistiques hebdomadaires des mariages ne sont pas connus, pas plus que les arrivages dans notre ville, de couples ou de familles qui nous viennent des pays européens. Il serait pratique de faire ces comparaisons afin de savoir si, à Montréal, la situation du logement s’améliore.

Il ne se construit plus de maisons de grand luxe à Montréal. Il s’agit de loger le plus de monde possible et ce, le plus rapidement possible, à des prix raisonnables.

Ce sont surtout des édifices de l’ordre de $8,000 à $20,000 que l’on construit. Cerains duplex coûtent de $9,000 à $10,000, d’autres qui contiennent plus que cinq ou six pièces, coûtent plus cher.

Des exemples : Bourbonnière, M. R.P. Bouclay construira un édifice de deux étages (2 logis en tout) au coût de $,500. M. J Phaneuf construira quatre logis, dans deux édifices, sur l’avenue Holt, à Rosemont. Un édifice coûtera $10,000 et l’autre, $9,000. Ailleurs dans la ville on construira trois autres édifices à deux logis qui coûteront respectivement $12,000, $11, 000 et $10,000. Leurs propriétaires sont MM. H.-S Desenteaux, A. Laplante et H. Lazure.

Un permis a aussi été demandé pour une maison qui logera cinq familles, dans le quartier Villeray. Construit par M. A. Rosati, cet édifice coûtera approximativement $15,000. Rue Laurendeau, à Côte Saint-Paul, la « Grande Construction Co. » dépensera $29,000 pour l’érection de deux édifices de six logis.
On peut donc calculer que les logis coûtent en moyenne $4,900 à $5,500, quand ils sont nombreux sous un même toit : mais que leur prix augmente en proportion de leur isolement, si bien qu’aujourd’hui,, il est difficile de construire une maison pour moins de $9,000.

C’est plus qu’il ne faut pour « quatre murs, un plancher, un plafond : une cabane, pour être chez soi. » À ce prix là on peut construire tout un village de cabanes, mais on ne vit plus dans ce temps là et les décennies nous ont habitués au confort et à l’hygiène dont nous ne saurions plus nous passer.

Cent maisons pour St-Odilon

Cap-de-la-Madeleine. On construira cent maisons de 25 sur 36 au coût total de $630,000 à Saint-Odilon. Ces résidences n’auront qu’un étage et reposeront sur des assises de béton. On construira la charpente de bois qui sera recouverte de bois à l’extérieur. Ces maisons répondent aux rigueurs du climat et plusieurs ouvriers de la région y trouveront du travail avant d’y loger leur famille.

(Cette nouvelle nous vient de l’an 1950).

Quelques tilleuls élagués cachaient mal leur villa au fond du jardin.(Raymond Radiguet Le diable au corps).   Photographie de Megan Jorgensen.
Quelques tilleuls élagués cachaient mal leur villa au fond du jardin.(Raymond Radiguet Le diable au corps).  Photographie de Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *