Îles-de-la-Madeleine

Types de pêche sur les Îles de la Madeleine

Types de pêche sur les Îles de la Madeleine

Îles de la Madeleine : Deux principaux types de pêche

Tout au long de ces années, deux types de pêche coexistent aux Îles : la pêche côtière menée depuis les plages par les résidents et la pêche hauturière sur les goélettes possédées ou affrétées par les marchands. Cette derinière activité demeure très importante jusqu’aux années 1870, avec un sommet dans les décennies 1850 et 1860. Dès la fonte des glaces, à la fin d’avril ou au début du mois de mai, de 30 à 35 goélettes, dotées d’un équipage d’une dizaine d’hommes, quittent le Havre aux Maisons et le Havre Aubert pour chasser le loup marin. Revenues avec leur cargaison de peaux de phoque et de barils d’huile, ces goélettes repartent pour la côte du Labrador pour pêcher le hareng et le maquereau, mais surtout la morue dont les prises sont traitées et séchées sur place. Quelques navires pêchent plus près des îles. La morue, éviscérée, est d’abord salée et mise en baril, puis séchée sur les graves de l’archipel lors des fréquents retours. Avant la fin du siècle, cette façon de pêcher diminuera fortement, à mesure que les ressources locales, le homard et le hareng, prendront de l’importance.

La pêche côtière demeure la préoccupation de presque tous les membres de la famille madelinienne, à l’exception peut-être des jeunes hommes qui préfèrent la plus hasardeuse mais plus lucrative pêche haururière. L’unité de base est constituée par deux pêcheurs sur une barge, assistés d’un gravier qui traite les prises à terre à l’aide d’un nombre variable de femmes et d’enfants. Déjà sans doute, cette association ressemble à celle que A. Geistdoerfer décrit dans les années 1960 : “L’équipage de deux pêcheurs est donc le plus fréquent. Il réunit deux pêcheurs apparentés : un père et son fils, un oncle et son neveu, fils de son frère, deux frères, deux cousins germains (parallèles), ou un gendre et son beau-frère.”

Cette forme de coopération familiale semble tellement généralisée au XIXe siècle que l’on compte une barge pour deux familles, et que le nombre de graviers correspond à celui des bateaux de pêche.

Étant donné sa valeur marchande, la morue conditionne donc l’organisation de la pêche, mis elle n’en a pas le monopole. Mêmee si elle est reconnue comme vorace, on doit tout de même l’attirer sur l’hameçon par un appât ; le hareng, qui s’engage dans la baie de plaisance dès la fonte des glaces, en fournit un de qualité. Capturé à l’aide de filets maillants, il constitue aussi un précieux article d’échange avec les pêcheurs étrangers qui arrivent bientôt.

C’est sur les pages, comme celle de Havre-Aubert, que s’effectue la préparation du poisson fraîchement débarqué. D’habitude, toute la famille participe à l’opération.

Une autre espèce prend de l’importance au cours du XIXe siècle ; le maquereau, qui revient à l’automne, comme le hareng, permet parfois de sauver une médiocre saison de pêche. D’autres espèces faiblement commercialisées, comme l’anguille, le flétan ou l’aiglefin, aident au moins à varier le menu.

Cette première diversification de l’effort de pêche porte ses fruits dans les années 1860. Parfois, d’après l’inspecteur des pêches, la valeur des prises de maquereau d’été dépasse celle de la morue. Il est possible d’évaluer le volume et la valeur du produit des pêches et de la chasse au loup marin grâce aux rapports annuels des pêcheries et des recensements décennaux. Ainsi, en 1870, les Madelinots auraient captur autour des îles près de 800 tonnes métriques de morue, 12700 barils de 90 kilos de hareng, maquereau, anguille et flétan, ce qui aurait aussi permis de produire 180 tonnes d’huile de poisson. Avec l’ajout de l’exceptionnelle capture de 10 685 phoques cette année-là, la valeur totale des prises dépasserait les 125 000 dollars, ce qui correspond aux meilleures années de la décennie précédente.

(Tiré de l’Histoire des Îles de la Madeleine, par Jean-Charles Fortin et Paul Larocque, collection Les Régions du Québec, institut québécois de recherche sur la culture, les Presses de l’Université Laval, 2003).

Tous les éléments d’un monde miniature s’agitaient dans l’étroit navire, et avec eux, passions, projets, haines, amours, vice, vertus.(Gustave Aimard and Jules Berlioz d’Auriac Jim l’indien).
Tous les éléments d’un monde miniature s’agitaient dans l’étroit navire, et avec eux, passions, projets, haines, amours, vice, vertus.(Gustave Aimard and Jules Berlioz d’Auriac Jim l’indien).

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