Histoire du Québec

Voleur qui joue l’ivrogne

Voleur qui joue l’ivrogne

Un voleur pris sur le fait joue l’ivrogne mais se voit quand même coffrer

À la fin de la soirée d’hier (le 1er juillet 1954), le chef de police de Dorion mettait fin à la carrière d’un voleur doublé d’un comédien. Le bandit, en effet, lorsque le représentant de la loi fit irruption dans l’appartement où il s’était introduit par effraction, se mit à jouer l’ivrogne avec un réalisme qui frisait la comédie.

Le chef Laurent Valois, qui a effectué l’arrestation, a dit aux reporters cependant qu’on avait l’homme « à l’oeil » depuis quelque temps déjà, et que les circonstances empêchaient de douter de sa sobriété.

Le voleur, Denis Legault, 26 ans, sans adresse connue, s’est présenté, hier soir, vers 10 heures 30, à la demeure de M. René Bélanger, au 13 de la rue Dresler, à Dorion, comté de Vaudreuil. M. Bélanger, à ce moment-là, rendait visite à sa mère, qui demeure à quelques pas de chez lui. Profitant de l’absence du propriétaire, le bandit fractura la serrure de la porte avant de la maison, dont M. Bélanger habite le deuxième étage.

Au moment où Denis Legault parvenait à ouvrir la porte d’avant, le voisin d’en face, M. G. Dicaire, l’a aperçu, de sa fenêtre. Aussitôt, il est accouru au poste de police, où il a fait part de la chose au chef Valois. Celui-ci s’est empressé de se rendre sur les lieux, avec un de ses hommes. Les deux policiers, comme l’avait indiqué le voisin d’en face, trouvèrent la porte avant fracturée. En courant, ils montèrent l’escalier qui conduit aux appartements de M. Bélanger.

Quelle ne fut pas leur surprise, en arrivant à la deuxième porte, de la trouver close, sous verrous, et ne portant aucune trace d’effraction. Le chef Valois pensa alors : « Il a la clé ». Il envoya le policier qui l’accompagnait chercher M. Bélanger, chez sa mère, à quelques maisons de là, pour l’avertir de ce qui se passait chez lui, et pour qu’il ouvre la porte avec sa clé personnelle.

Il s’avéra cependant par la suite que M. Bélanger n’avait pas fermé cette porte à clé ; le voleur avait pu passer cette deuxième porte sans rien défoncer, et en avait tiré la serrure de l’intérieur.

On désarme le voleur

Les trois hommes firent irruption dans l’appartement. Le jeune Legault était là, au milieu de la pièce. Il eut une seconde d’ébahissement, puis, voulant rouler les policiers, se mit à jouer l’ivrogne qui ne sait plus très bien ce qu’il fait. La situation en devenait presque comique. Mais on vit briller à la ceinture du jeune bandit, un poignard à la lame reluisante… Et la comédie cessa, à peine commencée. Les deux policiers et M. Bélanger se jetèrent sur Legault, pour le maîtriser et de désarmer. Voyant qu’il avait perdu la partie, celui-ci n’opposa pas de résistance, et se laissa emmener.

Le bonhomme, a dit le chef Valois, est un rude gaillard, haut sur pattes et solidement bâti, et qui, un poignard à la main, pouvait devenir extrêmement dangereux. Heureusement, l’arrestation s’est effectuée d’une façon assez calme.

On l’a incarcéré dans les cellules du poste de police de Dorion, en attendant que la sûreté provinciale ne prenne l’affaire en main.

(Le Canada Nouveau, vendredi, 2 juillet 1954.)

« Une idée qui n’est pas dangereuse ne vaut pas la peine d’être appelée idée. » (Elbert Hubbard, écrivain américain). Image : © Megan Jorgensen.
« Une idée qui n’est pas dangereuse ne vaut pas la peine d’être appelée idée. » (Elbert Hubbard, écrivain américain). Image : © Megan Jorgensen.

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