Côte-Nord

Vestiges des cabanes Viking découverts

Vestiges des cabanes Viking découverts

Vestiges des cabanes Viking découverts près de Blanc-Sablon

Blanc-Sablon, région de la Côte-Nord — Une équipe d’archéologues vient de mettre à jour à Brador, près de Blanc-Sablon, les vestiges du poste de Courtemanche établi vers 1702 ainsi que les restes d’une centaine de cabanes rondes et rectangulaires, bâties en forme de ruches d’abeilles, comme il en existe encore au Groenland et en Scandinavie.

Cette équipe, dirigée par l’abbé René Lévesque, de l’Université de Sherbrooke, a aussi découvert une vingtaine de cabanons bien conservés, dans lesquels se trouvaient des barques de pêche et de nombreux articles de pêche, de ménage ou de travail.

L’abbé Lévesque a déclaré qu’à son avis, ces découvertes seront d’une extrême importance sur le plan historique et l’ori croit qu’il pourrait s’agir de la plus importante découverte du point de vue archéologie contemporaine, au Canada.

Selon l’abbé Lévesque, l’établissement mis à jour à Brador est, de toute évidence, antérieur à la venue de Jacques Cartier au Canada. L’hypothèse d’un établissement basque-espagnol n’est pas écartée. 11 pourrait bien s’agir aussi d’un établissement millénaire habité jadis par les Vikings.

L’emplacement comporte les vestiges de ce que l’on croit être trois gros villages, soit d’une cinquantaine de maisons. Il s’en trouve à peu près autant en dehors de ces agglomérations.

Les murs des maisons rondes et rectangulaires sont faits de roches superposées. Il n’y a pas de mortier mais les interstices sont comblés par des pierres plus petites et de la glaise. Le parquet est fait, de façon à pouvoir y dormir, en fin gravier.

Ces recherches que dirige l’abbé Lévesque avec un groupe d’étudiants, sont patronnées par le département d’archéologie du ministère provincial des Affaires culturelles.

(Cette nouvelle a été publiée par le journal « La Press », mercredi, 31 juillet 1968).

Lieu-dit Port-Saint-Servan

Près de l’extrémité orientale de la Côte-Nord, à 65 km à l’ouest de Blanc-Sablon et dans la municipalité de Bonne-Espérance, se trouve Port-Saint-Servan aussi appelé Rocky Bay, lieu-dit désignant une partie de la rive orientale de la baie des Rochers. C’est Jacques Cartier qui, le 12 juin 1534, découvrit le site et le nomma. Il écrit : « Et outre, environ une lieue ou deux nous trouvâmes une petite rivière fort profonde qui a la terre au surrouaist et est entre deux hautes terres. C’est un bon havre ; et fut planté une croix audit havre et nommé saint Servan ». Henry Percival Biggar a localisé ce site à la baie des Homards, mais on s’accorde aujourd’hui pour y voir la baie des Rochers, qui monseigneur René Bélanger considère d’ailleurs comme l’équivalent de Port-Saint-Servan. Ce toponyme est un emprunt à la région natale de Jacques Cartier. Saint-Servan est en effet une agglomération qui a pris ce nom au Moyen Âge et qui s’est développé sur l’actuelle presqu’île de la Cité où une garnison romaine avait été établie et nommée Aletium, devenu plus tard Aleth.

Historique de la Municipalité de Saint-Augustin

Implantée à 70 km au sud-ouest de Rivière-Saint-Paul sur la Basse Côte-Nord, Saint-Augustin occupe l’extrémité sud d’une large pointe qui sépare la baie du Nord-Est de la rivière Saint-Augustin.

C’est dans le cadre de la restructuration de la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-Saint-Laurent que le village de Saint-Augustin a accédé au statut de municipalité en 1992, décision officiellement effective à compter du 1er janvier 1993.

L’histoire augustinienne remonte au début du XVIIIe siècle alors qu’un village s’est formé autour d’un poste de traite établi par la Compagnie de la Baie d’Hudson avant 1720. Identifié sous l’appellation de Saint-Augustin-Saguenay, reprise en 1893 pour le bureau de poste, il a connu une progression lente jusqu’à ce que la Basse-Côte-Nord soit ouverte vers 1920, au peuplement libre.

En 1870, on a procédé à la reconstruction du poste de traite, théâtre de nombreuses activités de chasse, de pêche et de traite. L’endroit tire son nom de celui du premier concessionnaire d’une longue bande de terre s’étendant « depuis la rivière appelée Kegaska jusqu’à celle nommée Kesesakion (Quessessaquiou; Kessessakiou) », accordée en 1702 et pour une durée de dix ans à Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717), nommé commandant de roi de la côte du Labrador en 1714.

Au fil des ans et compte tenu d’une présence anglophone significative, la forme anglaise St. Augustine, qui figure notamment sur une carte de Robert Sayer (1786), sous la forme de S. Augustin R., a pu être relevée nombre de fois. Très populaire, le prénom d’Augustin Le gardeur de Courtemanche est associé en outre à une rivière, à une baie, à un archipel, à une passe, à un havre et à un canton. En 1986, les lieux comptaient 833 Augustiniens de langue anglaise, montagnaise et française dont les ancêtres étaient venus de Terre-Neuve, des provinces de l’Atlantique, de la Gaspésie, de la baie des Chaleurs et de quelques paroisses de la Rive-Sud du Saint-Laurent.

Rivière Saint-Augustin

De sa source au Labrador terre-neuvien, où des montagnes encerclent des terres inondées, la rivière Saint-Augustin se faufile en direction sud sur 193 km jusqu’à ce qu’elle débouche dans la baie du même nom, à l’extrémité est de la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-Saint-Laurent, plus précisément dans la municipalité de Saint-Augustin et l’établissement amérindien de Pakuashipi, soit à 125 km en amont de son embouchure.

Au XVIIe siècle, Jolliet et Franquelin l’avaient respectivement identifiée Pegouasiou et Pegouachiou, signifiant « rivière trompeuse », nom sûrement utilisé par les Amérindiens locaux de l’époque en raison des sables qui se déplacent à son embouchure et de sa faible profondeur.

Les noms montagnais suivants ont également été relevés lors d’enquêtes toponymiques au début des années 1980, soit Natuakameu Shipu, «où un castor a coupé un arbre avec ses dents » – ce toponyme identifie un segment de la rivière – et Pukutshipu Shipu, « là où les rivières sont parallèles ». Le spécifique Saint-Augustin s’est ensuite imposé au XVIIIe siècle et a d’abord été attribué à la rivière avant de désigner le village, construit sur la rive est de l’embouchure. Un archipel, une passe de 13 km permettant aux navires en provenance du golfe d’accéder à la baie, des îles et un carré formé d’un groupe de rochers, d’îlots et de haut-fonds portent également ce nom.

Musée canadien de l'histoire de Gatineau. Photographie de Megan Jorgensen.
Celui-là n’est un vrai croyant, dont le voisin redoute les violences. Musée canadien de l’histoire de Gatineau. Photographie de Megan Jorgensen.

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