La situation à la veille des rébellions des Patriotes au Bas-Canada
La veille des rébellions : En plus des élections de 1834 et des 92 résolutions, une série d’événements aggravent la crise politique et sociale qui secoue le Bas-Canada entre 1832 et 1837. Les débats et les luttes partisanes gagnent la place publique et les journaux d’opinion. Partout dans la province, un important mouvement de protestation grandit au sein de la population canadienne.
L’augmentation des tensions sociales au Bas-Canada
En 1832, des soldats de l’armée britannique tuent trois jeunes partisans du Parti patriote au cours d’une violente manifestation à Montréal. Les députés canadiens, appuyées par la population, réclament une enquête. Aylmer, le gouverneur général en poste, refuse, si bien que le responsable fable de la mort des jeunes Canadiens restent impunis.
En 1832 et en 1834, deux épidémies de choléra frappent la province. Elles font plus de 10 000 victimes. Des journaux francophones, dont La Minerve, accusent le gouverneur de laisser mourir la population. Les journalistes dénoncent l’immigration britannique et irlandaise qui est à l’origine des épidémies.
Depuis 1830, une grave crise agricole touche les seigneuries, qui ont déjà d’importants problèmes de surpopulation. Les terres fertiles deviennent de plus en plus rares. Les Canadiens sont au bord de la famine. Ils réclament la création de nouvelles seigneuries tandis que le gouvernement RS serve les cantons aux immigrants britanniques, aux colons américains et aux compagnies coloniales.
La veille des rébellions
En 1836 le British party bloque une loi scolaire temporaire proposée par la Chambre d’assemblée en 1829. Le Parti patriote considère que les Britanniques cherchent ainsi à empêcher l’accès des canadiennes à l’instruction publique, et, de ce fait, à freiner le développement social et économique de la nation canadienne.
Dès 1834, des associations partisanes voient le jour tant du côté francophone que du côté anglophone. Le 24 juin, le rédacteur en chef du journal La Minerve Ludger Duvernay, fonde la Société Saint-Jean-Baptiste. En août 1837, des centaines de jeunes canadiens s’inspirent des idéaux révolutionnaires américains pour former une association appelée les « Fils de la liberté ». De leur côté, des groupes de jeunes royalistes créent des milices, dont le Doric club, un groupe armé anti-canadien.
Les 10 résolutions Russell
Nommée successeur d’Aylmer en 1835, le gouverneur Gosford ne doit faire aucune concession à la Chambre d’assemblée avant le dépôt de son rapport d’enquête sur la crise politique du Bas-Canada. En 1836, il transmet son rapport à Londres. Le 6 mai 1837, à la suite des recommandations de Gosford, le ministre des Colonies britanniques, John Russell, soumet au Parlement de Londres sa réponse aux 92 Résolutions. Énoncée sous la forme de 10 résolutions, la réponse de Russell rejette toutes les demandes du Parti patriote. Elle autorise même le gouverneur à puiser dans les subsides dès la Chambre d’assemblée sans l’accord de celle-ci.
Note : Royaliste – qui défend la royauté et l’Empire britannique.
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