Histoire du Québec

Tragédie aérienne sur Issoudun

Tragédie aérienne sur Issoudun

Tragédie aérienne sur Issoudun

Le 11 août 1957, vers 14h15, un avion Douglas DC-4 de la compagnie Maritime Central Airways en provenance de Grande-Bretagne s’écrase à Notre-Dame-du-Sacré-Cœur-d-Issoudun, tuant sur le coup les 73 passagers et les six membres de l’équipage.

L’appareil avait été nolisé par les Imperial Veterans of Toronto et effectuait la liaison entre l’Angleterre et Toronto. L’avion transportait des vétérans accompagnés des membres de leur famille. Il s’est abîmé sur un terrain situé entre le 5e rang d’Issoudun et le 4e rang de Saint-Édouard.

Cette tragédie a marqué la mémoire de bien des Québécois puisqu’elle constituait à l’époque le plus grave accident d’avion enregistré dans les annales de l’aviation canadienne. On avait alors attribué la cause de l’accident à une surcharge de l’appareil. En outre, une terrible tempête de pluie faisait rage ce jour-là.

Après la catastrophe, une fois la tempête finie, deux avions furent envoyés pour survoler le boisé où avait eu lieu l’écrasement.

Trois parachutistes arrivèrent sur les lieux et constatèrent l’ampleur de la tragédie : le secteur marécageux était jonché de débris de toutes sortes et il n’y avait aucun survivant.

La force de l’impact et l’explosion de l’appareil les ont projetés sur de grandes distances : une hélice a été retrouvée à 250 mètres de là.

La police, l’armée canadienne et l’aviation isolèrent le site et installèrent un périmètre de sécurité. Les secouristes vidèrent l’eau qui emplit le cratère pour dégager ce qui restait de la carlingue enfoncée à plus de huit mètres dans le sol trempé. C’est à l’aide d’une pelle et d’un bélier mécaniques que l’on a libéré les corps et les débris.

Aujourd’hui, il n’existe plus aucune trace de cette tragédie, la végétation ayant complètement recouvert l’endroit.

Le 11 août 2000, à 14h45, s’est déroulé le dévoilement d’un monument en mémoire des 79 personnes qui ont péri dans l’écrasement de l’avion. La stèle repose dans le cimetière paroissial et porte le nom des disparus.

Issoudun

Tragédie aérienne à Issoudun. Photo de l’époque, libre de droits.

Issoudun, note historique

Entre 1879 et 1914, plusieurs congrégations religieuses de France s’établirent de façon permanente au Québec. C’est le cas des Missionnaires du Sacré-Coeur, congrégation fondée en 1854, à Issoudun (Indre), par l’abbé Jules Chevalier. Ces missionnaires quittèrent la France en raison, notamment, d’une loi française, adoptée en 1890, qui obligeait les jeunes prêtres des congrégations à accomplir un an de service militaire.Craignant l’effritement de leurs effectifs, les missionnaires vinrent alors s’établir à Québec, et dès 1900 des aspirants suivaient leur formation à l’Université Laval.

C’est donc en l’honneur de ces missionnaires que l’on attribua, en 1903, le nom de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur-d’Issoudun à une paroisse de la région de la Chaudière-Appalaches, située à 45 km au sud-est de Québec. La municipalité fut créée sous le même nom en 1909. Le bureau de poste, en 1912, prit toutefois le nom abrégé d’Issoudun, ce qui permit à cette forme toponymique de s’implanter graduellement dans l’usage local pour finalement désigner le village situé au cœur de la municipalité. Petite localité rirare orientée vers l’agriculture, Notre-Dame-du-Sacré-Coeur-d’Issoudun compte actuellement 770 habitants.

En France, la commune d’Issoudun, située dans la région Centre, à 30 km au nord-est de Châteauroux, possède un riche passé, marqué, entre autres, par l’occupation anglaise de 1187 à 1220 et par l’exode de sa population protestante, à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685. D’origine celtique, le toponyme Issoudun dérive du gaulois uxellodunum, formé des éléments uexello, élevé, et dunum, hauteur, enceinte ; il signifie donc forteresse située sur une hauteur. Comptant actuellement une population de 16700 habitants, Issoudun est une ville industrielle, orientée vers la métallurgie, la confection, l’industrie alimentaire et les tanneries. C’est aussi le chef-lieu d’un arrondissement, qui compte 4 cantons, 51 communes et près de 40000 habitants.

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