Toponyme de Pontchartrain, son utilisation au Québec
Dans L’actuel département des Yvelines, en Île-de-France, à quelques kilomètres au nord-ouest de Maurepas, à environ 20 km à l’ouest de Versailles et à quelque 45 km au sud-ouest de Paris, se trouve la commune de Jouars-Pontchartrain, arrondissement de Rambouillet. La localité de Pontchartrain, sise sur le ru d’Élancourt, tient son nom de sa position à la limite des territoires de deux peuples gaulois, les Carnutes et les Parisii. On peut y découvrir notamment le château de Pontchartrain. Cet édifice fut réalisé par l’architecte Mansart au cours du XVIIe siècle.
L’un de ses propriétaires s’appelait Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain. Né à Paris en 1643, cet habile membre de la noblesse de robe fut successivement conseiller au parlement de Bretagne (1677), puis intendant des Finances (1687), avant de devenir, grâce à Louvois, contrôleur général des Finances (1689-1699).
Suite à la mort du marquis de Seignelay, Louis XIV nomma Phélypeaux de Pontchartrain secrétaire d’État à la Maison du roi et à la Marine (1690-1699). De cette dernière fonction relevait la politique et l’administration générale de la France face à ses colonies. Il eut donc un rôle considérable à jouer dans l’histoire de la Nouvelle-France. Depuis 1689, son parent, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, occupait pour la deuxième fois le poste de gouverneur général de la colonie.
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Cela n’empêcha toutefois pas Pontchartrain de le blâmer, vers 1694, pour sa conduite hostile à l’égard du Conseil souverain, composé de gens de l’élite et habilité à rendre la justice au Canada. Le ministre soutient également les lois sociales que fit promulguer Jean Bochart de Champigny, intendant de la Nouvelle-France entre 1686 et 1702, ainsi que le projet d’Antoine Laumet dit le Lamothe Cadillac, consistant à faire du poste de traite de Détroit une véritable colonie de peuplement (1698).
Après avoir été chancelier de France (1699-1714), Pontchartrain se retira, et rendit l’âme en 1727, dans son château de Pontchartrain.
Au Québec, le nom de Pontchartrain désigne un canton de la Basse-Côte-Nord, proclamé en 1907. De même qu’une rue de la ville de Québec. De plus, depuis le 15 février 1961, une importante entité topographique du Nord-du-Québec, située au-delà du 62e parallèle.
Voisin occidental du promontoire Maurepas, le promontoire Pontchartrain s’étend sur 15 km de côte le long du détroit d’Hudson. On le localise entre les baies Ulujjuvik, à l’ouest, et Nanuttuvik, à l’est. En fait, il constitue un cap imposant par ses dimensions. Mais il se distingue aussi par son abrupt puisqu’il s’élève jusqu’à 460 m d’altitude. On a dénommé ces deux gigantesques masses rocheuses simultanément pour rappeler deux membres de la même famille Phélypeaux. En France, les communes de Jouars-Pontchartrain et de Maurepas sont distantes de quelques kilomètres seulement.
Canton de Pontchartrain
Sur la basse Côte-Nord du golfe du Saint-Laurent du golfe du Saint-Laurent, à 40 kilomètres à l’ouest de la baie de Brador, se trouve le canton de Pontchartrain, proclamé en 1907.. De forme irrégulière, il s’étend de la baie des Esquimaux au nord-est, jusqu’à la baie des Homards, au sud-ouest. On y rencontre les villages de Rivière-Saint-Paul et de Vieux-Fort ainsi que le lac du Vieux Fort, le plan d’eau le plus important.
Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain (1643-1727), né à Paris, a été contrôleur général des Finances (1689-1699), secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies dont relevait l’administration de la Nouvelle-France, puis chancelier de France (1699-1714). C’est aussi pour rappeler ce personnage que furent dénommés le canton de Phélypeaux, situé à proximité, le lac Pontchartrain, en Louisiane, de même que le fort Pontchartrain, qui allait devenir Detroit.
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