Ecologie et environnement

La tempête paralyse le Québec

La tempête paralyse le Québec

La tempête dite « du siècle » paralyse le Québec

Personne n’était réellement prêt à affronter la tourmente qui s’est abattue hier (le 21 novembre 1874) sur la presque totalité du Québec.

À tel point que l’on évoquait déjà la fameuse « tempête du siècle » qui avait immortalisé le mariage de Pierre-Elliott Trudeau en 1970.

Il est peut-être tombé moins de neige que durant certaines tempêtes de février, mais les gens n’avaient pas tons fait poser les pneus à neige à leur voiture, et si d’autres tempêtes ont duré plus longtemps, elles n’étaient pas toutes précédées d’une pluie verglaçante comme celle qui a provoqué la plupart des pannes d’électricité d’hier et glacé les routes.

Résultats de ce manque de préparation, ajouté à la fureur d’une tempête démesurée pour le mois de novembre? Les communications routières, ferroviaires et aériennes ont été littéralement paralysées dans les régions de Montréal et de Québec. On a enregistré de nombreuses pannes d’électricité, les écoles ont dû fermer leurs portes et des incidents plus ou moins dramatiques sont survenus un peu partout au Québec.

Des milliers de conducteurs ont été surpris par la neige et le vent violent qui se sont abattus sur Montréal tôt hier matin. Ils ont dû patienter des heures sur les ponts bloqués ou dans les rues du centre-ville jonchées de voitures abandonnées par leurs chauffeurs.

Les communications téléphoniques ont été perturbées et des pannes de courant ont été signalées à Montréal-Nord. à Laval, sur la Rive-Sud, et un peu partout dans les régions périphériques de Montréal privant d’électricité plus de 60,000 abonnés.

À Laval, la situation était encore pire, compte tenu de la grève déclenchée prématurément, hier matin, par les cols bleus de l’endroit. Cette grève était en fait prévue pour minuit hier. Sur la Rive-Sud, les circuits d’autobus ont été paralysés et plusieurs centaines de personnes ont été contraintes de passer la nuit à la station de métro de Longueuil. Tant à Longueuil qu’à Montréal, toutes les chambres d’hôtel et de motel étaient occupées ou réservées en soirée.

Les bureaux et les grands magasins

La plupart des bureaux du centre-ville ont libéré leurs employés au début de l’après-midi, mais cela n’a pas permis d’éviter la pagaille dans les rues.

Quelque 1.000 travailleurs et plus de 550 unités d’équipements se sont attaqués au déneigement des rues, mais leur travail a été lourdement entravé par les milliers de voitures abandonnées un peu partout.

Le vent soufflant avec des rafales de 50 milles à l’heure emportait littéralement les piétons.

En vingt minutes, des journalistes ont compté une cinquantaine de personnes qui. poussées par le vent, se sont écroulées dans la neige.

D’autres, pour rester debout, s’accrochaient à des poteaux de l’Hydro ou à des arbres.

Des travailleurs partis le matin de Saint-Hilaire, de Beloeil et d’autres endroits, en banlieue de Montréal, ont mis cinq heures pour se rendre en ville.

La route 20 (Transcanadienne), la route 9, le Boulevard Taschereau, la route 3 et d’autres routes moins fréquentées étaient toutes bloquées par la neige ou les voitures en panne.

À Montréal, les autobus ont continue de rouler, mais avec des retards considérables. En fin d’après-midi, plusieurs véhiculés de la CTCUM ont dû retourner au garage à cause de pannes plus ou moins importantes.

Les écoles

Si la plupart des écoles de la région métropolitaine ont fermé leurs portes, d’autres qui avaient reçu des enfants le matin ont dû les garder jusqu’après l’heure du souper. À Chambly notamment, les élèves ont soupé dans les écoles.

Les cours du soir dans les universités, les écoles secondaires et les CEGEP ont été annulés.

Si les théâtres ont ouvert leurs portes, le spectacle de Gilbert Beaud à la Place des Arts a été annulé ; les hôpitaux ont fermé leurs portes aux visiteurs tandis que les grands magasins. Simpson’s, Eaton’s, La Baie et Dupuis avisaient la population qu’ils fermaient en fin d’après-midi.

Montréal et le reste

Il n’v a pas qu’à l’intérieur de la région métropolitaine que les communications ont été perturbées.

La route 148 entre Montréal et Ottawa a été fermée, la 40 entre Montréal et Berthier, fermée, la 20 entre Montréal et Québec, bloquée et la 175 entre Québec et Chicoutimi a été également fermée à toute circulation.

Quant à l’autoroute des Laurentides, elle n’a été dégagée qu’à 15 heures hier. Toutes ces artères devraient être rouvertes à la circulation aujourd’hui.

À Québec… peut-être pire!

À Québec, ce fut peut-être encore pire puisque la tempête a débuté lentement mercredi à 15 h et s’est intensifiée au début de la nuit dernière.

Si à Montréal, les précipitations ont atteint entre trois et cinq pouces, à Québec on avait atteint ce chiffre dès midi hier et on prévoyait encore six à huit pouces de neige pour la soirée.

Partout dans un rayon de 100 milles, la visibilité était nulle et la Sûreté du Québec prévenait les gens de ne pas quitter leur domicile.

À 17 h, on comptait encore 12,725 pannes d’électricité dans la région, dont 5,000 à Québec même.

Toutes les écoles ont été fermées hier de même que les bureaux du gouvernement. Les travaux de l’Assemblée nationale ont été perturbés, seulement une quarantaine de députés ayant pu se rendre au Parlement. Le principal débat à l’ordre du jour n’a pas eu lieu puisque celui qui avait fait inscrire la question, M. Camille Samson, était lui-même absent.

Pendant ce temps, les toits de plusieurs maisons étaient emportés et édifice en construction de quatre étages à Lévis s’effondrait sous la violence du vent.

L’armée appelée au secours

Un porte-parole de la base militaire de Valcartier a par ailleurs confirmé que la Protection civile du Québec avait fait appel aux services de l’armée. On a réquisitionné des véhicules spéciaux afin de permettre le dépannage d’automobilistes.

Tant à Québec qu’à Montréal, les policiers se sont servis de motoneiges pour secourir des automobilistes en détresse.

On estime que trois personnes au moins sont décédées dans des accidents dus à la tempête.

Un homme de 64 ans a été trouvé mort dans sa voiture au coin des rues Henri-Bourassa et Armand-Bombardier. Il aurait succombé cardiaque.

Deux autres personnes ont perdu la vie dans des accidents survenus à des endroits où la visibilité était nulle, le premier a Saint-Cyrille, dans le comté de Drummond et l’autre dans le parc des Laurentides, sur la route 175 entre Québec et Chicoutimi.

Dans le premier cas, il s’agit de François Léveillée, 17 ans et dans l’autre, de M. Aurèle Charest, 50 ans, de Notre-Dame-des-Laurentides.

Et pour finir sur une note plus optimiste, Environnement-Canada prévoit un dégagement progressif amenant du soleil et du vent pour aujourd’hui.

(C’est arrivé au Québec le 21 novembre 1974).

La tempête du siècle. Photo de GrandQuebec.com.

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