De Montmagny veut couper la route du Saint-Laurent aux Iroquois (1642).
Québec — Dès 1635 environ, la route du Saint-Laurent est pratiquement bloquée par les bandes iroquoises qui guettent les convois alliés, attaquent nos pourvoyeurs de fourrures, capturent les missionnaires et les interprètes. Ils se vengent ainsi de l’humiliation que Champlain leur a infligée en 1609. Ils sont soutenus et inspirés par les traiteurs hollandais d’Albany qui trouvent leur profit à ce jeu barbare.
La capture du père Jogues, au début du mois d’août, a fait choc aux Trois-Rivières et à Québec. Monsieur le Gouverneur ne dispose que de 80 soldats environ, mais il a tenu quand même à réagir avec énergie. Deux semaines après l’attaque contre la flottille qui escortait le malheureux missionnaire jésuite, il a fait bâtir un fortin à l’embouchure de la rivière des Iroquois, qu’il a nommée rivière Richelieu en l’honneur du Cardinal-Ministre. M. De Montmagny veut ainsi bloquer la sortie de la route que suivent les Iroquois pour envahir les abords du grand fleuve.
Au cours des travaux, le gouverneur a repoussé avec succès une attaque menée par 300 Iroquois.
La construction du fort Richelieu va-t-elle sauver Trois-Rivières dont l’existence semblait menacée depuis cinq ans ? Le nouveau poste de Ville-Marie a grandement besoin, lui aussi, de protection.
Mais il ne suffit pas de bâtir un fort; il faudra l’équiper et y maintenir une garnison en permanence. Avec les effectifs dont dispose le Gouverneur on peut entretenir des doutes sur l’efficacité de la protection qu’assurera le poste fortifié du Richelieu.
Illustration : Portrait de Charles Jacques Huault de Montmagny. Image de l’époque, libre de droit.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.