Histoire du Québec

La révolution tranquille

La révolution tranquille

La Révolution tranquille au Québec (1960 – 1966)

Dans les années 1960, la société québécoise se transforme rapidement. On nomme cette période de changements la « Révolution tranquille ». Au cours de cette période, le rôle du gouvernement du Québec devient plus important dans les domaines de l’économie, de l’éducation et de la santé.

Avant la Révolution tranquille

Au cours des années 1950, Maurice Duplessis, le premier ministre du Québec, défend des valeurs traditionnelles. Il laisse l’Église jouer un rôle important dans l’éducation et la santé. Pour lui, l’éducation devrait être l’affaire des familles et de l’Église. Comme il fait peu d’investissements dans ce domaine, les écoles ne sont pas assez nombreuses et elles sont mal équipées.

Dans le domaine de l’économie, Duplessis laisse des entreprises étrangères exploiter les ressources naturelles du territoire. Ces entreprises investissent des capitaux surtout dans le domaine minier, ce qui contribue à la prospérité de la province du Québec. La plupart des entreprises appartiennent à de riches anglophones. Très peu de Canadiens français y occupent des postes clés. En fait, ils constituent souvent une main-d’oeuvre à bon marché.

À la fin des années 1950, les gens contestent de plus en plus l’autorité de Duplessis. En 1959, Maurice Duplessis meurt. Le Québec sent alors le besoin de se transformer et de se moderniser.

La Révolution tranquille

En 1960, quelques mois après la mort de Maurice Duplessis, le Parti libéral remporte les élections avec le slogan « C’est le temps que ça change ». Jean Lesage devient alors premier ministre du Québec. Son arrivée au pouvoir entraîne de grands changements. Ces changements se font avec l’accord de la majorité de la population. C’est pour cette raison qu’on a nommé cette période la « Révolution tranquille ».

Le gouvernement de Lesage veut moderniser l’État. Il veut que l’État joue un rôle plus important dans l’économie en diminuant l’influence qu’exercent les entreprises étrangères sur la province. Pour y arriver, le premier ministre Jean Lesage s’entoure d’une équipe de ministres qualifiés, comme René Lévesque et Paul-Gérin-Lajoie. Entre 1961 et 1964, les libéraux créent plusieurs nouveaux ministères : Ministère des Affaires culturelles, Ministère des Affaires sociales et Ministère des Richesses naturelles, tous les trois en 1961, ainsi que le Ministère de l’Éducation, en 1964.

(Jean Lesage, né en 1912 et décédé en 1980, avocat de formation, est élu comme député fédéral en 1945. À partir de 1953, il devient ministre au sein du gouvernement fédéral. En 1958, il démissionne de son poste pour devenir le chef du Parti libéral du Québec. À la suite de sa victoire électorale en 1960, il devient le premier ministre du Québec et il gouverne la province jusqu’en 1966.

Avec la Révolution tranquille

Les changements apportés par le gouvernement de Lesage ont des conséquences dans tous les domaines.

La réforme de l’éducation

Dans les années 1950, de nombreux Québécois remettent en question le rôle de l’Église dans le domaine de l’éducation. Le gouvernement libéral veut moderniser le système d’éducation et le rendre plus accessible. En 1963, il commande une étude sur le sujet. On appelle le rapport de cette étude, le « rapport Parent ». Dans ce rapport, il y a plusieurs recommandations en matière d’éducation. On y recommande entre autres la création d’un ministère de l’éducation. En 1964, Paul Gérin-Lajoie, le nouveau ministre de l’Éducation, propose une réforme complète du système scolaire. Parmi les changements apportés par le gouvernement, on verra les suivants : La gratuité scolaire jusqu’au collégial ; la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans ; la création d’écoles secondaires dites « polyvalentes » ; la création des cégeps ; la formation universitaire pour les futurs enseignants.

La réforme de la santé

Depuis son élection, le gouvernement de Lesage désire rendre les soins de santé plus accessibles. Il adopte donc une loi qui permet aux Québecois de bénéficier de soins gratuites.

Quelques programmes de santé adoptés au Québec dans les années 1960 et 1970

  • 1961 – Création du programme d’assurance hospitalisation. En conséquence, les Québécois peuvent être soignés gratuitement à l’hôpital (programme adopté par le gouvernement libéral de Jean Lesage).
  • 1970 – Création du régime d’assurance maladie. En conséquence les Québécois n’ont plus à payer pour recevoir des soins médicaux. Ces frais sont pris en charge par la Régie de l’assurance maladie du Québec (adopté par le gouvernement libéral de Robert Bourassa).
  • 1974 – Création des Centres locaux de services communautaires (CLSC). En conséquence les Québécois peuvent y recevoir gratuitement plusieurs services de santé comme la consultation d’un psychologue, une prise de sang, etc (programme adopté par le gouvernement libéral de Robert Bourassa).

La fonction publique et les syndicats

La création de tous ces ministères et programmes sociaux entraîne le recrutement de nouveaux employés. De plus en plus de gens travaillent pour l’État. Ces employés font partie de ce qu’on appelle la « fonction publique ». Ils adhèrent en grand nombre à des syndicats au cours des années 1960 et 1970.

La nationalisation de l’hydroélectricité

En 1962, le ministre des Richesses naturelles, René Lévesque, propose la nationalisation de l’hydroélectricité, soit le transfert de la propriété de l’entreprise à l’État. Pendant la campagne électorale de 1962, cette nationalisation est au cœur des débats. Le Parti libéral, avec le slogan « Maîtres chez nous », remporte les élections. Le gouvernement achète alors presque toutes les compagnies privées d’électricité au Québec.

Hydro-Québec devient responsable du réseau électrique de la province. La nationalisation comporte plusieurs avantages : Hydro-Québec rapporte des revenus importants et crée de nombreux emplois dans la province. La nationalisation permet aussi aux Québecois de prendre le contrôle d’une importante ressource naturelle.

Le barrage Daniel-Johnson est construit au cours des années 1960 sur la rivière Manicouagan, sur la Côte-Nord. Il est mis en activité en 1970. D’une hauteur de 214 mètres, il est le plus haut barrage à plusieurs voûtes et piliers au monde. Grâce à sa construction, les Québécois s’illustrent en tant que spécialistes mondiaux de l’hydroélectricité.

Un sentiment de fierté

Les Québécois sont fiers d’avoir pris en charge la gestion de l’hydroélectricité dans leur province. Ils sont aussi fiers de vivre dans une société qui permet à l’ensemble des citoyens d’avoir accès à l’éducation et à la santé.. Ils développent donc un sentiment d’appartenance à leur nation. Plus que jamais, ils veulent protéger leur identité et leur culture.

Au cours des années 1960 et 1970, plusieurs montrent leur attachement à la culture québécoise. Par exemple, ils chantent en français, ils tournent des films sur leur milieu de vie ou ils écrivent des pièces de théâtre en joual.

La patience adoucit tout mal sans remède (Odes de Horace). Image : Nina Boer.
La patience adoucit tout mal sans remède (Odes de Horace). Image : Nina Boer.

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