La religion au Canada après la Conquête
Après la Conquête, le religion catholique au Canada se trouve au milieu de la tempête
Quel sort attend les Jésuites au Canada
Le 1er août de l’année dernière, le Parlement de Paris a ordonné la fermeture de tous les collèges des Jésuites dans les territoires soumis à sa juridiction. Cinq jours plus tard il décréta la suppression de l’Ordre et la confiscation de ses biens, en France et dans les colonies.
Les Jésuites du Canada échappent à cette mesure vexatoire. puisque notre pays n’appartient plus à la France, mais ils ne sont pas sauvés pour autant. Le gouverneur Murray ne les aime pas. Dans son rapport de Tannée dernière, il suggère au Roi de les supprimer : « Les jésuites en général ne sont ni aimés ni estimés, écrit-il, et cet ordre pourrait être facilement supprimé quand le gouvernement le jugera à propos, sans créer aucun embarras. Une partie de leurs propriétés pourrait être affectée à constituer un traitement pour un évêque et un chapitre; cette mesure épargnerait à la couronne d’autres dépenses sur ce point … Il est possible que les jésuites préfèrent vendre leurs biens et quitter la colonie. Comme il peut arriver qu’ils trouvent difficilement des acheteurs, le gouvernement pourrait acquérir leurs terres à un prix avantageux et s’en servir pour mettre à exécution plusieurs projets utiles. »
La rafale partie du Portugal continue de souffler, mais les fils de saint Ignace sauront probablement s’en tirer une fois de plus.
Aux Trois-Rivières : Te Deum – bis
Le traité de Paris n’a été ratifié que le 10 février. La nouvelle n’en est parvenue ici qu’à la fin de juillet. Les Trifluviens furent les premiers à chanter un Te Deum de joie, en mai, longtemps avant l’arrivée des dépêches. Ils en furent quittes pour recommencer le 1er août, sur Tordre de Burton, à rendre grâce au Seigneur pour la paix retrouvée!
Religion catholique : Adoucissements au jeûne
En 1761, le Vicaire général du diocèse de Québec, Messire Joseph-François Perrault, a publié un mandement au sujet de l’abstinence et du jeûne du Carême.
Les malheurs de l’après-conquête justifiaient quelques amendements à la loi générale. Voici les modifications principales apportées par ce document :
“Nous exhortons tous les fidèles de ce gouvernement à observer à la lettre et autant qu’ils le pourront l’abstinence et le jeûne du Carême, vu néanmoins la rareté de l’argent et des vivres maigres, nous leur permettons de manger gras les dimanche, lundi, mardi et jeudi de chaque semaine du Carême, excepté les quatre jours qui le précèdent et la Semaine Sainte.”
“Nous permettons aussi en général F usage de la graisse pour les apprêts de tous les aliments maigres de leur nature, à tous ceux qui ne pourront se procurer du beurre et de l’huile les autres jours du Carême.”
Religion catholique : Burton censure le clergé
Trois-Rivières. Le gouverneur Ralph Burton ne semble pas priser les remarques. Les membres du clergé peuvent les faire sur la moralité des soldats anglais. Le père Félix Berey, récollet en charge de la mission abénaquise de Saint-François-du-Lae. On l’a chassé alors du gouvernement des Trois-Rivières. On l’a accusé d’oser présenter une requête au gouverneur. Dans cette requête, le missionnaire exposait la situation de son village « totalement dérangé par la boisson et le voisinage de la garnison anglaise. »
Le mécontentement contre la garnison anglaise ne reste pas un fait isolé. L’année dernière, le curé de Sainte-Anne-de-la-Pérade, l’abbé Louis-Michel Guay, a, dans un sermon, dénoncé un scandale. Celui-ci existait dans sa paroisse où quelques filles débauchées se libertinaient avec des soldats anglais. Le commandant anglais de l’endroit a violemment tancé le curé pour ses remarques.
Par contre, il ne faudrait pas généraliser la situation. Dans la plupart des autres endroits où les troupes se cantonnent, la paix et le bon ordre semblent régner.
Sermons à domicile
John Wesley, un pasteur de la “High Church”, a décidé de ranimer la foi des habitants de la Nouvelle-Angleterre. Plutôt que de chercher à amener les fidèles à l’église, il veut porter l’Eglise aux fidèles. Notre gravure représente le pasteur montrant les dangers que présentent la boisson, la danse et le jeu.
Chaque fois qu’il prêche, Wesley exige que les hommes et les femmes ne soient pas ensemble.
Illustration : John Wesley prêche à domicile. Gravure du XVIIIe siècle, image dans le domaine public.
Religion catholique : Chaleureux accueil à Mgr Briand
Samedi, le 28 juin 1763, arriva de Londres dans la ville de Québec sur le COMMERCE, commandé par le capitaine Johnston, M. Briand, évêque de Québec pour les catholiques romains. Le lendemain, à cinq heures du matin, les cloches de toutes leurs églises annoncèrent son arrivée. Cela a causé donc une si grande satisfaction à tous les Canadiens, qu’on en vit plusieurs pleurer de joie. C’était quelque chose de touchant de les voir se féliciter les uns les autres partout où ils se rencontraient. De plus, se dire sans cesse : « C’est donc vrai, nous avons donc un évêque. Dieu a eu pitié de nous.. Et de les voir courir en foule à l’église de la paroisse, pour avoir la consolation de voir cet évêque, qu’ils regardent comme le soutien de leur religion et comme un gage de la bonté paternelle du roi pour eux.
En même temps qu’ils bénissaient publiquement le Seigneur de leur avoir donné un évêque, ils marquaient hautement leur reconnaissance envers le Roi, de ce qu’il avait eu égard à leurs requêtes. Et il y a apparence que ce bienfait du roi attachera de plus en plus les Canadiens au gouvernement britannique.
Source du texte : Boréal Express.