Le régime militaire britannique au Canada
Régime militaire britannique : La capitulation de Montréal en septembre 1760 marque la fin de la guerre de la Conquête, mais non pas la fin de la guerre de Sept ans. La France et la Grande-Bretagne s’affrontent toujours en Europe, dans les Antilles et en Asie. Tant qu’un traité de paix n’est pas signé entre les deux royaumes, ni les Britanniques ni les Canadiens ne savent si l’occupation de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne est temporaire ou définitive.
L’administration de la colonie
Lorsqu’ils se prend possession de la Nouvelle-France, les Britanniques mettent en place un régime militaire. Des officiers britanniques dirigent alors la colonie. On a confié donc le maintien de l’ordre public à quelques 3500 soldats. Le général Amherst nomme des officiers aux trois postes de gouverneur établis sous le Régime français : James Murray à Québec, Ralph Burton à Trois-Rivières et Thomas Cage à Montréal. Ceux-ci n’apportent pas de modifications majeures aux institutions de l’Ancien Régime. Par exemple, plusieurs fonctionnaires conservent leur poste et les capitaines des milices sont maintenus dans leurs fonctions.
Le français demeure la langue de rédaction des lois et des règlements. Les lois civiles de la coutume de Paris sont conservées, mais c’est désormais le droit militaire britannique qui s’applique en cas d’acte criminel.
Les gouverneurs britanniques doivent respecter les conditions négociées lors de la capitulation de Montréal. Ces conditions précisent les droits des habitants du Canada et des Amérindiens. Par exemple, les habitants du Canada conservent la propriété de leurs biens et ont l’assurance de ne pas être maltraités, ni non plus déportés, à l’exception des Acadiens. Ceux qui le désirent peuvent retourner en France. La pratique de la religion catholique est autorisée, même si la Grande-Bretagne est officiellement un Royaume protestant.
Les membres du clergé catholique peuvent continuer à jouer leur rôle dans les paroisses, ainsi que leurs efforts d’évangélisation. Les Amérindiens alliées des Français peuvent continuer à vivre librement sur leurs territoires.
Si les habitants du Canada obtiennent plusieurs droits, ils se voient aussi imposer une importante obligation : comme tous sont désormais des sujets du roi de Grande-Bretagne, ils doivent, à ce titre lui jurer fidélité.
Les conséquences de la Conquête
Pendant la guerre, environ 10 000 Français et Canadiens meurent ou sont portés disparus. De plus, dès 1760, environ 4000 personnes retournent en France. Il s’agit surtout de hauts fonctionnaires du gouvernement royal, de nobles, officiers et des soldats. La plupart des personnes nées en Nouvelle-France choisissent pour leur part de rester dans la colonie. Parmi celles-ci on compte la grande majorité des censitaires, de même que des seigneurs, des marchands, des artisans et des membres du clergé.

Une colonie en reconstruction
À la suite des combats, la ville la plus importante de la Nouvelle-France, Québec reste complètement en ruine et plusieurs seigneuries se voient dévastées. La population canadienne souffre de la famine, car une grande partie des récoltes sont ravagées et de nombreuses fermes, détruites. Pour répondre aux besoins alimentaires de la population, les gouverneurs britanniques importent des vivres des Treize colonies. Cette mesure vise en même temps a écarter les risques de révolte de révolte dans la population, qui, en 1760, compte 10 fois plus de Canadiens que de Britanniques. Il est important de relancer l’agriculture, une activité économique vitale pour la colonie.
La reprise du commerce
La reconstruction de la colonie sert les intérêts commerciaux de la Grande-Bretagne. En fait, l’invasion britannique de la Nouvelle-France a pour principal objectif d’en exploiter les ressources : l’agriculture, les pêcheries et, par-dessus tout, les fourrures. De nombreux aventuriers marchands venus de la Grande-Bretagne des Treize colonies profitent de la fin de la guerre pour s’établir dans la colonie y prendre le contrôle du commerce. Les marchands britanniques dominent dorénavant tout le commerce maritime entre la colonie et sa métropole, la Grande-Bretagne. Les marchands et les commerçants canadiens deviennent, quant à eux, des intermédiaires des marchands britanniques.
Notes sur le régime militaire britannique
Régime militaire : Gouvernement dirigé par des autorités militaires.
Droit : Ensemble des principes qui servent à établir les lois.
Protestant : Qui appartient à une religion chrétienne issue de la Réforme.
Aventurier : Au dix-huitième siècle, soldat volontaire, mercenaire ou pirate.
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