Les progrès de la mode

Les progrès de la mode : un retour 70 ans en arrière au XVIIe siècle

Les progrès de la mode. La mode féminine a subi, depuis 1711, de profonds changements. Les femmes, désireuses de faire paraître leur taille plus fine, ne s’entourent plus de toile gommée que l’on appelait criarde. Non, cela est maintenant dépassé. Pour avoir l’air svelte, il faut faire appel aux tonneliers et aux vanniers. Il y a soixante-dix ans, nos grand-mères abandonnèrent le vertugadin comme démodé. Actuellement, le vertugadin revient à la mode, mais sous le nom de panier ou de cerceau. Notre mannequin affiche ici un “accoutrement » dernière mode.

La mode masculine est aussi en pleine évolution. Les chapeaux ont encore trois de leurs côtés relevés, mais ils sont beaucoup moins larges et ils ont perdu leurs plumes.

La perruque ne se porte plus divisée. Elle doit tomber d’aplomb jusque vers les reins. L’usage qui s’est répandu de poudrer les justaucorps a fait dire à un satirique : “Poudrer un justaucorps ! quelle étrange parure ! Tel est le dos d’un âne au sortir d’un moulin. »

Les bas de soie et les bas de coton doivent être unis. Le rayé et le chiné ne sont plus à la mode. L’homme bien mis doit assujettir le bas par dessus la culotte au moyen d’une jarretière qu’il enroule sur sa jambe, à la hauteur du genou.

le progrès de la mode

Verrons-nous les femmes fumer la pipe ?

Les médecins recommandent l’usage du tabac

Depuis que les médecins recommandent l’usage du tabac, les ventes de cette plante ont décuplé. Il y a, actuellement, une vogue sans précédent pour le tabac. La tabatière, longtemps méprisée par Louis XIV, a commencé à faire son apparition à Versailles.

Des dames de la noblesse ne se cachent plus pour priser. Bien plus, on a vu la duchesse de Bourgogne et ses demoiselles de compagnie emprunter les pipes des soldats qui montaient la garde à Versailles et s’amuser avec cet objet réservé jusque là aux hommes.

Il faut se demander si la mode ne viendra pas de voir les femmes fumer la pipe. Si certaines désirent le faire, nous leur suggérons de mettre une carotte dans leur sac à tabac pour le conserver frais, foi de fumeur !

Propos malins : Les dédales de la coiffure féminine (d’après M.P.)

Lorsque je regarde votre chevet, mesdames, je n’éprouve pas de dégoût, tout simplement parce que j’ai le Cœur solide. Ces constructions bizarres que vous portez sur la tête veulent-elles contrebalancer par leur excentricité l’énormité des paniers suspendus à votre taille ? J’ai décidé de faire l’inventaire des coiffures à la mode. Les résultats sont désarçonnants.

Je ne puis résister à la tentation de citer les jolies noms que l’on donne à ces coiffures: il y a d’abord les choux, lorsque les cheveux sont noués en paquets; le tignon, cheveux en torsades contournées en divers plis; la passagère, cheveux ramenés en petites touffes près des tempes; la favorite, touffes pendantes sur la joue; les cruches, petites boucles sur le devant de la tête; les confidentes, plus petites boucles près des oreilles; les crève-cœurs, deux autres boucles plaquées sur la nuque du cou; les bergers, boucles tournées en haut avec une houppe; les meurtriers, assortiment de menus rubans pour tenir ces diverses boucles liées et unies; les firmaments, épingles à tête de diamant pour consolider les choux et tignons; la commode, carcasse de fil d’archal entouré de gaz pour servir de soutien à l’ensemble.

Source du texte sur les progrès de la mode : Boréal Express. Source des illustrations : Boréal Express.

Voir aussi :

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Progrès de la mode masculine. Source de l’image : Boréal Express.

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