Les principaux affrontements au cours de la chute de la Nouvelle-France et la Conquête : 1755 – 1760
De nombreuses batailles opposent les Français et les Britanniques au cours de la guerre de la Conquête. Les affrontements de 1755 à 1757 se terminent en général à l’avantage de la Nouvelle-France, alors que ceux des 1758 à 1760 permettent aux Britanniques d’envahir la vallée du Saint-Laurent.
Les affrontements de 1755 à 1757
De 1755 à 1757, les Français concentrent leurs forces militaires sur deux fronts principaux, celui de la vallée de l’Ohio et de la région des Grands Lacs, et celui du lac Champlain. Ils y remportent d’importantes victoires et prennent possession de ces territoires. Sur le front du Golfe du Saint-Laurent, ils misent sur la forteresse de Louisbourg, réputée imprenable, et sur les forts en Acadie.
En 1755, les deux principaux forts français en Acadie, Beauséjour et Gaspereau tombent aux mains des Britanniques. Plusieurs soldats français ainsi que des miliciens canadiens et acadiens sont faits prisonnières. Les Acadiens sont des colons d’origine française qui vivent principalement en Nouvelle-Écosse, une région de l’Acadie sous domination britannique depuis le traité d’Utrecht, en 1713.
La déportation des Acadiens
Les 13 000 Acadiens qui vivent en Nouvelle-Écosse forment une population deux fois plus nombreuse que celle des colons britanniques nouvellement installés dans cette colonie. Leur grand nombre représente une menace au yeux des Britanniques. Depuis le début de la guerre de la Conquête, ceux-ci, comme les Français, veulent forcer les Acadiens à sortir de leur neutralité.
Après la prise des forts Beauséjour et Gaspereau, les autorités britanniques remettent en question la neutralité des Acadiens et craignent qu’ils s’allient aux Français et aux Canadiens. Devant le refus des Acadiens des jurer fidélité au roi de Grande-Bretagne le lieutenant gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, annonce leur déportation. Dès septembre 1755, un très grand nombre d’Acadiens de la Nouvelle-Écosse sont arrêtés et plusieurs de leurs villages sont enseignés incendiés. Après leur avoir confisqué leurs maisons, leurs fermes et leurs terres, les Britanniques les déportent par navires, vers les Treize colonies et la Grande-Bretagne. Plusieurs centaines d’Acadiens se réfugient en Nouvelle-France.
Les invasions de 1758 à 1760
En 1758, grâce à l’arrivée des renforts de Grande-Bretagne et des Treize colonies, les Britanniques peuvent mettre en place leur plan d’invasion finale. Le 8 juillet 1758, les Français et les Canadiens réussissent à repousser une armée de 16 000 Britanniques au fort Carillon, sur le front du lac Champlain. Mais le 26 juillet, les Britanniques, appuyés par une flotte de navires et près de 27000 marins et soldats, prennent la forteresse de Louisbourg. Cette prise est dramatique pour les Français, car elle permet aux Britanniques de couper le ravitaillement de Québec et de Montréal. L’année d’après, les Britanniques commencent à envahir la vallée du Saint-Laurent en remontant le fleuve.
Principaux affrontements : Le siège de Québec
Le 6 juin 1759, une importante flotte britannique composée de 120 navires de guerres quitte Louisbourg en direction de Québec. Ces navires transportent 2000 canons et 30 000 militaires, dont 9 000 soldats d’infanterie. Ces dernières sont sous les ordres d’un officier de 32 ans, le général James Wolfe.
Les Britanniques arrivent à Québec le 27 juin 1759. Ils installent des canons sur la pointe ouest de l’île d’Orléans et sur les hauteurs de la pointe de Lévis, puis commencent à bombarder la ville. C’est le début du siège de Québec. Tout au long de l’été, l’armée et la Marine britanniques détruisent les villages situés à l’est de Québec et brûlent les récoltes. Cette stratégie vise à affamer et à terroriser la population de la région afin de forcer Québec à se rendre.
Environ 15 000 soldats français et miliciens canadiens sont postés dans la région de Québec. Ils sont sous le commandement du général lui Joseph de Montcalm, qui, depuis 1756, est à la tête des troupes de la Nouvelle-France. Trois autres commandants assurent aussi la défense de la ville : François Gaston de Lévis, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France et Louis Antoine de Bougainville, aide des camps de Montcalm.

La bataille des plaines d’Abraham
Le 31 juillet 1759, les Britanniques tentent un premier débarquement à Beauport, à quelques kilomètres à l’est de Québec. Les forces françaises postées aux chutes Montmorency réussissent à les repousser. Six semaines plus tard, dans la nuit du 12 au 13 septembre, le général Wolfe et quelques 5 000 soldats débarquent à l’anse au Foulon, au pied des falaises qui mènent au plaines d’Abraham. Tôt le matin, ils arrivent sur les plaines, face à Québec, et se placent en position de combat.
Sans attendre l’arrivée des renforts, Montcalm et ses troupes, formés de 3 500 soldats et miliciens sortent de la ville et s’engagent dans une bataille rangée contre Wolfe et son armée. En moins d’une demi-heure, les forces françaises sont mises en déroute. Les Français et les Canadiens comptent trois fois plus de morts et deux fois plus de blessés que les Britanniques. Wolfe est tué durant la bataille, alors que Montcalm, gravement blessé, meurt la nuit suivante.
Après cette bataille, le siège de Québec se poursuit pendant quatre jours. Vaudreuil et Lévis sont prêts à attaquer les Britanniques et à défendre la ville, mais des marchands et des bourgeois de Québec souhaitent que cessent les combats et les bombardements. La ville est en ruine et ses habitants sont affamés. Le 18 septembre 1759, le lieutenant français Jean-Baptiste Nicolas-Roch de Ramezay, qui commande la garnison de la ville, remet aux Britanniques la capitulation de Québec.

Principaux affrontements : La bataille de Sainte-Foy
Malgré la capitulation de Québec, les troupes de Vaudreuil et de Lévis ne s’avouent pas vaincus. Le 28 avril 1760, elles remporte une bataille à Sainte-Foy et repoussent Les Britanniques à l’intérieur des murs de Québec, non loin du lieu de l’affrontement. Les troupes françaises et canadiennes entreprennent alors le siège de la ville. Une semaine plus tard, l’arrivée en renfort d’une flotte britannique oblige Vaudreuil et Lévis à se replier sur Montréal avec leurs troupes.
La capitulation de Montréal
Au mois de septembre 1760, trois armées britanniques encerclent Montréal. Étant donné l’importance des forces adverses, les Français décident de capituler sans livrer bataille. Le général Jeffrey Amherst, qui commande les armées britanniques, refuse les honneurs de la guerre aux troupes françaises. Ces décisions constituent une insulte aux yeux des officiers français. Lévis préfère se battre plutôt que de se voir déshonorer. Malgré ses protestations, Vaudreuil signe, le 8 septembre 1760 la capitulation de Montréal. Le gouverneur général d’origine canadienne veut ainsi éviter la destruction et le pillage de la ville. Il préfère épargner des souffrances supplémentaires à la population.
La capitulation de Montréal marque la fin de la guerre de la Conquête. Elle marque ainsi le début de la domination britannique en nouvelle France.

Quelques notes sur les principaux affrontements de la guerre
Neutralité : Fait de rester neutre, de ne pas participer à un conflit ou à une alliance.
Déportation : Expulsion d’une personne ou d’une population hors d’où territoire.
Infanterie : Corps d’armée qui combat à pied. Il est chargé de la conquête de l’occupation et de la défense d’un territoire.
Siège : Opération militaire. Elle consiste à entourer à attaquer et à priver de son ravitaillement une ville ou une place forte. Cela jusqu’à ce qu’elle se rende.
Aide de camp : Officier au service danser militaire.
Déroute : Fuite en désordre des troupes battues.
Honneurs de guerre : Dans une capitulation, marque de respect du vainqueur. Elle consiste à permettre aux armées vaincues de sortir d’une place assiégée en défilant avec armes et drapeaux.
Capitulation : Action de se rendre à l’ennemi. Acte qui en présente les conditions.
