Premiers prospecteurs en Beauce

Premiers prospecteurs en Beauce : la ruée vers l’or

L’un des événements marquants de la région au XIXe siècle fut la découverte d’or en Beauce. Elle provoqua un engouement dont l’ampleur nous reste encore mal connue, faute d’études fouillées à ce sujet, mais on peur dire qu’elle fut l’occasion d’une circulation accrue d’étrangers sur le territoire.

En plus de rassembler des Beaucerons en quête de fortune rapide, elle attira, en effet, des prospecteurs de Québec, de Montréal, de Boston, de New York, d’Angleterre et de France. Même les gouvernements s’y sont intéressés, en enquêtant sur les découvertes ou en y faisant effectuer des travaux d’exploration. Ce fut le cas notamment des ingénieurs miniers du Canada, qui parcoururent le territoire dès le milieu du XIXe siècle. La plupart sont britanniques d’origine, tel Alfred R. C. Selwyn, qui a travaillé seize ans dans les mines d’or d’Australie avant d’immigrer au Canada. Il deviendra, plus tard, directeur de la Commission de géologie du Canada.

Vers la moitié du XIXe siècle, plusieurs compagnies sont présentes dans la vallée de la Chaudière et elles investissent de fortes sommes d’argent dans la recherche d’or à travers ce vaste territoire.

Et, de fait, les espoirs sont grands de trouver de l’or tout au long de la chaîne appalachienne, et ce, jusqu’en Gaspésie. À ce stade de la technologie minière, cependant, l’or dont il s’agit est surtout constitué de pépites, qu’on trouve dans le lit des rivières. Plus tard, d’autres moyens seront mis en œuvre pour trouver le précieux métal, notamment l’utilisation d’un canon à eau pour laver littéralement les rives des rivières prospectées, ou le creusement de puits et de galeries pour accéder aux anciens lits.

William Edmund Logan, directeur de la Commission géologique fait état d’un autre découvreur d’or en Beauce, dont personne n’avait encore entendu parler. Il s’agit d’un habitant de Saint-Georges, un certain Fortier, dont la découverte fortuite est relatée dans le rapporte de 1850 :

« Another locality was about a mile up the stream which discharges into the Chaudière, opposite the Famine, on the Seigniory of Aubert-gallion, being on the twenty-second lot of the domain, where the metal was first observed by Mr. Fortier, one of the censitaries, in a narrow ravine with steep precipices of clay slate on each side… I have since been informed by Mr. Fortier that he has traced it two miles farther up the stream. The metal was also met close by the side of the river, where it is crossed by the brook next below the previous stream. »

Cette rivière, opposée à celle de la Famine, serait la Pozer, appelée la rivière Jean Gagnon en 1773, alors que la seigneurie appartient à William Grant, le troisième seigneur du lieu, avant l’arrivée de Georges Pozer. Dans le même rapport, on apprend aussi que six autres affluents de la Chaudière ont donné des résultats encourageants lors du passage des géologues. C’est le cas, notamment, de la rivière Metgermette, de la rivière du Loup, de la rivière Gilbert bien entendu, de la rivière Le Bras, de la rivière Famine, et desruisseaux Lessard et du Moulin. L’année suivante, un autre rapport fait état de gisements sur les rives du lac Etchemin et de la rivière Saint-François. L’avenir semble donc prometteur, d’autant plus que sur la Gilbert : « The specimen of gold from the Chaudière Mining Company’s (washing of the Touffe de Pins) were not equalled by any in the Exibition (with the exception of a mass weighing eighteen pound from California). »

De l’or un peu partout

En fait, au fur et à mesure que la reconnaissance du territoire progresse, les géologues ne cessent de découvrir des traces d’or dans les rivières beauceronnes, même sir la rivière des Plante à Saint-Joseph et dans la région de Sainte-Marie. Après douze ans de fouilles, Logan constate que l’or et partout, mais inégalement distribué dans le territoire :

« Within the last twelve years repeated examinations have shown that the prcious metal is not confined to that region, but exists in the suerficial deposits of wide region of the south side of the St.Lawrence extending from the St.Françis to the Etchemin River, and from the first line of hills on the north-west to the province line on the south east.

In Canada, gold has been found on the St.Francis River from the vicinity of Melbourne to Sherbrooke, in the townships of Westburt, Weedon, and Dudswell, and on Lake St-Françis. It has also been found on the Etchemin, and on the Chaudière and nearly all its tributaries, from the seigniory of Ste.Mary to the frontier of the state of Maine; including the Bras, the Guillaume, de Rivière (sic!) des Plantes (sic!), the Famine, the Du Loup and the Mergermet. Several attempts have been made to work these alluvial deposits for gold, in the seigniories of Vadreuil, Aubert-Gallion, Aubert (sic!) (Aubin) de l’Isle, but they have been successively abandoned, and it is difficult to obtain authentic accounts of the result of the various workings, although it is known that very considrable quantities of gold were extracted. »

Cette remarque de Logan annonce en quelque sorte la fin d’une époque, celle des premiers prospecteurs, dont plusieurs n’utilisent que des moyens rudimentaires. Pour améliorer et accélérer l’extraction, il suggérera l’utilisation de canons à eau semblables à ceux employés en Californie pour laver le gravier, une technique qui réduira aussi considérablement le nombre d’employés.

Histoire de Beauce-Etchemin-Amiante, par Serge Courville, Pierre C. Poulin, Barry Rodrigue et d’autres.

Voir aussi :

Ancienne tranchée d’une mine d’or en Beauce. Source de la photo : Champs d’or en Beauce. Site Web : beaucegold.com.

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