Encore Pontiac : La présence des Canadiens a découragé Pontiac
Plusieurs militaires qui reviennent de l’Ouest ont déclaré que la présence de miliciens canadiens dans l’armée de Bradstreet, en 1764, a complètement découragé Pontiac. Celui-ci, on le sait, gardait un souvenir et une amitié extrêmement fidèles à la présence française dans l’Ouest.
C’est autant, semble-t-il, pour défendre cette fidélité que pour protester contre la tactique de certains marchands de fourrures anglais que Pontiac s’est révolté en 1763. Quand il constata la présence de 300 Canadiens dans les troupes dirigées contre lui par Bradstreet, Pontiac fut profondément ébranlé.
Outre les 300 Canadiens, la colonne commandée par Bradstreet comprenait 500 miliciens du New-Jersey, 500 du New-York et du Connecticut, 2 régiments réguliers anglais et une cinquantaine d’hommes du régiment Royal Artillery avec dix pièces de campagne.
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L’expédition dura plusieurs mois mais se borna, pour les miliciens, à une marche très pénible et très longue jusqu’à Détroit. Après la reddition de plusieurs tribus, dès l’arrivée de Bradstreet, les miliciens furent licenciés et purent regagner leur domicile.
Les miliciens canadiens, tous des volontaires, formaient trois compagnies. L’une recrutée à Montréal, l’autre à Québec, la troisième à Trois-Rivières. Nos miliciens, commandés par Jean-Baptiste Des Bergères, Sieur de Rigaudville, ancien officier de l’infanterie de marine, reçurent un traitement pécuniaire auquel ils n’étaient guère habitués. En plus d’une prime d’engagement de 12 piastres, leur solde était de 0.10 dollar par jour. Ils reçurent enfin un manteau militaire, une paire de souliers de boeuf et une paire de mitais nés.
La majeure partie des miliciens canadiens qui prirent part à l’expédition semblent très satisfaits de cette « expérience ». Haldimand a même affirmé que « ces braves gens, qui n’avaient reçu traitement pareil sont très contents et souhaitent qu’on ait besoin de leurs services l’année prochaine. »
Cette première collaboration des Canadiens à une opération militaire anglaise est peut-être le prélude de relations plus cordiales entre les conquis d’hier et les maîtres d’aujourd’hui.
Au centre de l’affaire Pontiac : Une figure légendaire : Johnson
C’est entre les mains de Sir William Johnson que Pontiac exigeait, il y a quelques mois, de remettre sa soumission. Johnson, un des Anglais les plus hauts en couleur de la Nouvelle-Angleterre, est aussi, aux yeux des Indiens, un chef connu pour sa valeur, son habileté, sa grandeur d’âme.
Baronnet, colonel de l’armée, commandant en chef des armées indigènes, surintendant de toutes les tribus de /’Amérique du Nord, Johnson, toujours accompagné de ses deux inséparables assistants, les frères Butler, dirigeait contre Pontiac une armée de deux mille Indiens. Simple cultivateur, Johnson s’adonna à la traite des fourrures avec les Iroquois. Dès 1745, on l’a nommé commissaire des six Nations iroquoises et conseiller provincial de New-York.
Grâce à son habileté, à ses présents, à sa franchise, il acquit auprès des Iroquois un renom incroyable. Ceux-ci F adoptèrent comme un des leurs et l’admettaient au Conseil des Cinq Nations.
À la tête de nombreux contingents indiens, Johnson joua un rôle prépondérant dans la guerre de la conquête. C’est lui qui, en septembre 1755, infligea la défaite au Baron Dieskau, en 1759, Il dirigea le siège de Niagara et s’empara de la place.
Si Pontiac a voulu remettre sa soumission entre ses mains, c’est qu’il le considérait comme un des siens. En fait, comme un Indien plutôt que comme un ennemi.
(Source du texte : Boréal Express).