Histoire du Québec

Paléoesquimaux au Nunavik

Paléoesquimaux au Nunavik

La présence ancestrale des Paléoesquimaux au Nunavik

La question de l’ancienneté du peuplement de l’Amérique du Nord reste ouverte, deux écoles de pensée opérant dans des paradigmes “scientifiques” assez différents et laissant peu de glace à la perspective inuite sur l’origine du monde. Si l’on s’en tient à l’approche conservatrice face à la question du peuplement, la date la plus ancienne remonterait entre 12 000 et 15 000 ans avant aujourd’hui. L’autre école souffre d’un manque adéquat de données probantes, mais elle considère que le peuplement de l’Amérique du Nord se serait produit bien antérieurement à cette date. Les partisans d’une présence humaine ancienne en Amérique du Nord placent cet événement entre 15 000 et 30 000 avant aujourd’hui. Cela est un point de vue…

Les renvois à la question de l’ancienneté du peuplement revêtent une importance particulière pour le Nunavik puisque toutes les populations anciennes qui ont peuplé les Amériques, que ce soit en provenance de l’est ou de l’ouest, ont essaimé des traits culturels témoignant d’une origine lointaine associét à des chasseurs-cueilleurs de l’Ancien Monde, notamment du côté des cultures appartenant à cette période que l’on appelle le Paléolithique supérieur. Néanmoins, les populations paléoesquimaudes sur lesquelles porte ce chapitre ont peu à voir avec la question controversée de l’ancienneté du peuplement des Amériques car l’ancestralité des populations paléoesquimaudes et les traces les plus anciennes des Pléoesquimaux dans l’Arctique sont beaucoup plus récentes ; elles se situent autour de 4 000 à 5 000 ans AA. Cela dit, un débat qui a surgi au cours du dernier quart de siècle concerne l’identification de la culture ayant été à l’origine de ces Paléoesquimaux qui ont peuplé de Nunavik. Était-ce une culture aléoarctique s’étant développée du côté de l’Alaska, ou une culture déjà bien développée ayant migré de la Sibérie en direction de l’Est et qui aurait atteint des latitudes aussi lointaines que les îles de Saint-Pierre et Miquelon à la suite d,une longue migration pan-arctique ?

Encore plus controversée est l’hypothèse qui circule et qui propose que les Paléoesquimaux seraient une culture de chasseurs-cueilleurs issue du Paléolithique supérieur en Europe du Nord et qui aurait migré vers l’ouest en passant par la Scandinavie ; une telle hypothèse demeure pour l’instant marginale dans le débat sur la présence des Paléoesquimaux au Nunavik, mais elle démontre qu’il reste encore un grand nombre de questions sans réponse sur l’archéologie et l’histoire de cette popualtion. L’objectif de cet principal de cet article est de présenter l’état de nos connaissances sur les Paléoesquimaux au Nunavik telles qu’elles sont révélées par l’archéologue ; ce que nous avons sur l’ancienneté de cette population, son mode de vie, son alimentaion et son habitat.

Adaptation humaine au milieu arctique

Dans la région circumpolaire, c’est aux alentoirs de 7 000 ans avant aujourd’hui que disparaissent les dernières traces de la glaciation, soit la fin de la fonte complète de l’inlandsis qui avait recouvert une partie de l’Amérique du Nord jusqu’au Wisconsin.

C’est aussi à cette époque qu’apparaissent les lignes actuelles des côtes de l’Artctique telles que nous les connaissons aujourd’hui, de l’Alaska au Groenland, incluant les îles de l’archipel de l’Artctique canadien. En utilisant les travaux sur l’histoire glaciaire du Nunavik, les travaux des chercheurs du Centre d’étutdes nordiques de l’Université Laval indoquemy que la côte sud du détroit d’Hudson était déjà libre de glace entre 9 300 et 8 500 ans avant aujourd’hui et que, dès 8000 avant aujourd’hui le plateau de l’intérieur du Nunavik était libéré de l’inlandsis laurentien.
Toutefois, il est possible que des glaciers de cirques aient persisté jusqu’à 5000 avant aujourd’hui à certains endroits. Les recherches en palynologie nous apprennent que l’augmentation des pollens d’arbustes entre 5 000 et 3 500 avant aujourd’hui dans la région de Quaqtaq indique un réchauffement pendnt cette période, ou du moins un déplacement de la limite septentrionale de la forêt. Cet intervalle de 2 000 ans aurait été suivi d’un refroidissement granduel du climat.

La tradition paléoarctique
Les traditions archéologiques les plus anciennes que l’on connaît pour la zone arctique du continent nord-américan sont repérées en Alaska entre 11 500 et 10 000 avant aujourd’hui ; différentes phases de cette tradition paléoarcqtie se succèdent et perdurent jusqu’aux environs de 6 000 à 5 000 avant aujourd’hui pour donner naissance à ce complexe culturel que l’on nomme le Denbigh. Les représentants de la tradition paléoarctique sont des chasseurs de mamifères terrestres et l’espèce la plus représentée dans les assemblages fauniques de ces groupes cultures est le caribou.

Selon Don E. Dumond, si les conditions environnemntales avaient permis la préservation organique des vestiges de ces cultures dans des conditions optimales, nous retrouverions peut-être en abondance sur les sites archéologiques les restes d’une faune ancienne tels le cheval, le bison et le wapiti. Les sites archéologiques datés de cette période sont classés sous les termes de Tradition paléoarctique américaine, une terminologie qui tire ses origines d’une industrie technologique de l’Eurasie et éventuellement de groupes culturels du Paléolithique supérieur en Europe. L’élément caractérisant ces chasseurs de l’Europe et de l’Eurasie est une industrie lithique faisant utilisation de lames et de microlames que l’on enlevait par pression sur un nucléus.

Ce développement technologique original était plus économique que la taille par percussion directe et permettait d’extraire un plus grand nombre d’outils (lames, microlames, couteau, etc.) à partir d’une quantité moindre de matière première.

La tradition lithique

Les porteurs d’une tradition lithique émanant des chasseurs du Paléolithique supérieur en Europe et en Asie auraient migré vers le nord-est de l’Asie et, finalement, ces chasseurs auraient traversé le détroit de Béring à la poursuite de leurs proies de prédilection. La vision traditionnelle de l’ascendance des cultures de l’Eurasie sur les développements culturels en Alaska est bien synthétisée par Shoenberg, qui propose que la tradition paléoarctique que nous retrouvons en Alasla ait précisément ses racines en Sibérie dans la culture Diuktai. Malgré cette assurance de Shoenberg sur la question en 1995, dix ans plus tôt, les chercherus Yi et Clark écrivaient dans la revue Current Athropology que rien n’était moins sûr que l’hypothèse d’ancestralité de la culture Diuktai sur la tradtion paléoarctoque ait donné naissance à ses Paléoesquimaux que nous retrouvions au Nunavik.

La tradition paléoarctique complexe

Une chose demeure certaine, une série de complexes se développent au sein de la tradition paléoarctique en Alaska, dont le complexe Denibigh que l’on retrouve dans le nord-ouest de cet État. Ce complexe que nous pouvons repérer à partir de 5 000 Avant aujourd’hui, se manifeste par « de très petits outils finement taillés dans le silex, parmi lesquels dominent les microlames, des burins, souvent à façonnage bifacial, et leurs chutes parfois réaménagées ou utilisées, des armatures latérales et distales également bifaciales et foliacées », des micro-outils de l’Arctique dont les traces archéologiques peuvent être suivies sur au moins trois millénaires.

(Sous la direction de Réjean Girard, Réginald Auger, Vincent Collette, David Denton, Yves Labrèche, Normand Perron. Histoire du Nord-du-Québec. Les Presses de l’Université Laval, 2012).

La branche solitaire d’un pin. Photo de Megan Jorgensen.

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