L’organisation de la société du Bas-Canada dans les premières décennies du XIXe siècle
Les différentes catégories sociales qui forment la société du Bas-Canada témoignent du passage du Régime français au régime britannique. Les administrateurs forment la grande bourgeoisie. Et les marchandes forment la bourgeoisie d’affaires. Ils sont très influents tant au point de vue économique que politique.
La petite bourgeoisie est principalement formée des seigneurs et des notables canadiens. Ces personnes ont très peu accès aux postes d’influence dans le gouvernement colonial ou dans les affaires économiques. Cependant, elles jouent un rôle social et politique important, car elles sont très influentes auprès de la population canadienne.
La classe populaire, qui représente près de 90% de la population, est quant à elle constituée d’agriculteurs, d’ouvriers, des journalières. La plupart des immigrants britanniques et irlandais qui arrivent après 1815 font partie des classes populaires.
Les catégories sociales au Bas-Canada
Grande bourgeoisie (forte majorité de Britanniques) : les dirigeants de la colonie (gouverneur et lieutenant-gouverneur) ; les officiers militaires ; les hautfonctionnaires (membres des conseils, juges, évêque anglican ) ; quelques seigneurs,
Bourgeoisie d’affaire : les marchands britanniques qui effectuent les échanges commerciaux entre les colonies et le Royaume-Uni ; les marchands britanniques qui s’occupent du commerce des industries au Bas-Canada ; quelques marchands canadiens.
Petite bourgeoisie (majorité de Canadiens) : la bourgeoisie pour l’obsessionnelle canadienne-française (médecins, notaires, ingénieurs, arpenteurs, avocats ; la plupart des seigneurs, les propriétaires de petites entreprises ; les agriculteurs aisés qui possèdent plusieurs terres.
Classes populaires (majorité de Canadiennes, des immigrants anglo-américains, britanniques et irlandais) : les soldats et les petits fonctionnaires ; les artisans et les ouvriers spécialisés, les agriculteurs, les journalières (ouvriers non spécialisés).
Organisation de la société : Le développement des Cantons-de-l’Est
En 1834, le gouvernement colonial mandate les marchands et propriétaires terriens britanniques, la British American Land Company, pour assurer la colonisation des cantons le long de la rivière Saint-François. Cette initiative permet l’installation massive d’immigrants, notamment dans la région de Sherbrooke. La compagnie finance également la construction de routes et d’un chemin des fer, en plus de fonder des manufactures qui permettent de développer l’économie dans cette région.
La fin de l’esclavage au Bas-Canada
Après la conquête, quelques centaines d’esclaves d’origine africaine accompagnent leurs maîtres britanniques et loyalistes qui viennent s’établir au Bas-Canada. Toutefois, en 1793, un mouvement anti-esclavagiste, soutenu par les Britanniques, s’organise dans la province. Malgré la résistance de plusieurs seigneurs canadiens, eux-mêmes propriétaires d’esclaves, le gouvernement colonial réussit à faire interdire l’importation d’esclaves dans la colonie et veille alors affranchissement. Les derniers esclaves au Bas-Canada sont affranchis en 1834, lorsque l’abolition officielle de l’esclavage est proclamée dans tout l’Empire britannique.
Notes :
Affranchissement : action de libérer un esclave.
Surpopulation : trop grand nombre d’individus par rapport aux ressources disponibles dans une région.
Source du texte : Le Québec en deux temps. Par Virginie Krysztofiak, Paul Ste-Marie, Raymond Duchesne, Geneviève Goulet. Éditions Pearson, 1989.
