Histoire du Québec

Noms des écoles

Noms des écoles

Donner un nom à toutes ces écoles, un problème épineux

Un problème épineux confronte ces jours-ci la Commission des écoles catholiques de Montréal. Dans le but de simplifier identification de ses nombreuses écoles – environ 240 présentement – et d’éviter des noms bizarres, plus des quiproquos amusants, la Commission avait décidé, il y a un peu plus d’un an de s’en tenir au nom de la paroisse avec « garçons » ou « filles » entre parenthèses, suivant l’institution.

Mais ce procédé hautement pratique et synthétique, voici qu’il se complique à son tour. Les paroisses naissent avec parfois des noms assez bizarres où la mélange de « filles » et « garçons », à côté d’un nom de sainte ou de saint ne fait pas toujours l’effet désiré.

Quand dans le passé, on avait découvert des perles comme « Anthelme Verreault », « Marie Emmélle Tavernier », Dollier de Casson », etc. – tous noms authentiques de la plus belle histoire montréalaise. Et s’était en fouillis pour les commissaires et les employés de la Commission de situer un peu plus de 200 noms différents sur une carte de leur mémoire…

Avec le système proposé, il y a un an, on s’en tenait à la paroisse et cela était au moins plus simple.

Mais voici que l’on aura une école « sainte Barbe », une école St-Ours (filles), une école St-Liboire (filles), etc. Cela fait étrange pour l’euphonie.

Et quand il s’est agit de baptiser une des nombreuses nouvelles-nées de la commission, l’un des commissaires n’a pas manqué de souligner ce qu’il y avait d’amusant dans une appellation comme « Saints martyrs canadiens – filles »…

Il fut alors suggéré de reconsidérer une résolution autorisant la toponyme de base paroissiale. On cita le nom d’une illustre institutrice pour honorer sa mémoire. Le nom de famille avait quelque chose d’euphonique. Mais cette dame qui a dû aller droit au ciel, avait été affublée comme c’était la manie au siècle dernier en notre pays d’un prénom propre à décider de jeûner pour la vie. Malvina, c’était ainsi qu’on la nommait dans l’intimité. Et Montréal se serait flatté d’avoir une école « Malvina… »

Les commissaires ne purent s’empêcher de rire !

Et l’un d’eux – pas nécessairement le plus jeune – qui a de l’esprit, caustique ou à propos, rappela qu’une chanson de notre jeune temps, disait :

– « Malvina, t’es pas ben propre »…

Et, ajouta-t-il, s’il fallait que l’on chante à nouveau : « Malvina… Malvina devait heureusement trépasser » .

Monsieur René Guénette, assistant-secrétaire de la Commission, grand champion du bon parler français, fit observer à messieurs les commissaires que le choix des noms est plus difficile qu’on ne pense. »

Le président, M. Eugène Doucet, vu que l’on semblait devoir revenir sur une décision qui entraînait des conséquences d’un beau comique, songea qu’il serait bon d’honorer dignement la mémoire d’un grand éducateur, qui fut son ami intime : le Frère Marie-Victorin. Une école portera le nom de celui qui a doté Montréal du plus admirable Jardin botanique.

Finalement, la discussion fut ajournée à une autre séance, sans que la solution la plus logique soit trouvée.

On a fait des fantaisies sur les noms, mais la Commission scolaire, dans la sagesse, consent à honorer qui le mérite, sans tomber dans l’exagération du baptême des paroisses rurales du Québec… Surtout, elle ne voudrait pas s’embarrasser de Malvinas et de Prospers… Il est question que l’on forme un comité de toponymie. Ce fut d’ailleurs la suggestion d’un commissaire.

Plus de 168,000 enfants dans les écoles du tout-Montréal en 1952

Selon les chiffres les plus récents publiées sur la fréquentation scolaire dans le territoire des municipalités de la zone métropolitaine qui bénéficient (ou qui doivent payer) de la taxe de vente pour les fins d’instruction publique, il se trouve présentement un total de 168,105 enfants dans les trois degrés du cours primaire.

C’est ce que révèle un rapport déposé, hier après-midi, par M. Roméo Delcourt, trésorier de la Commission, devant les commissaires, sur le partage des revenus de la taxe scolaire pour l’année 1951-1952.

La base du partage de cette taxe est la fréquentation moyenne au cours du mois d’octobre de l’année scolaire courante. Chaque commission scolaire du district reçoit une part du montant de la taxe équivalant à la proportion des inscriptions dans les écoles d’une commission par rapport au total d’inscriptions pour l’ensemble du district.

C’est ainsi que l’on a recensé un total de 168,105 inscriptions au cours d’octobre 1951, dans l’ensemble des municipalités scolaires, par rapport à 160, 846, en octobre 1950.

Les chiffres pour les municipalités concernées (chiffres d’octobre 1950) se varient de 107,238 (CECM) ou Montréal Central Protestant School Board (42,734), à Ville Saint-Pierre, 555 et Côte Saint-Luc (22).

Ces chiffres montrent une augmentation sensible dans la fréquentation pour la plupart des municipalités scolaires entourant Montréal, sauf pour Westmount et Ville St-Pierre, qui sont en régression. Cependant, six municipalités, dont Montréal et Verdun, recevront moins qu’en 1950 comme pourcentage du produit de la taxe de vente spéciale. La proportion de quote-part montréalaise baisse chaque année depuis 1949-1950, date de la première application de cette taxe spéciale. Tout cela devrait donner un revenu additionnel de $4 à $5 millions à la commission catholique de Montréal, en 1951-1952.

(Rapport publié le 23 janvier 1952).

À peine au début de sa brillante carrière, il a déjà conquis des avenues et des boulevards. (Léon Bloy Le Désespéré (1886). Défilé des Barbies. Photo de Megan Jorgensen.
À peine au début de sa brillante carrière, il a déjà conquis des avenues et des boulevards. (Léon Bloy Le Désespéré (1886). Défilé des Barbies. Photo de Megan Jorgensen.

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