Histoire du Québec

Naissance du cinéma au Québec

Naissance du cinéma au Québec

Naissance et premières années du cinéma au Québec

De 1894 à 1913, la production cinématographique canadienne se résume à quelques expériences, principalement des actualités, reportages, publicités, menées principalement par des techniciens étrangers, venus de France, d’Angleterre, des États-Unis.

En 1913, selon l’inspecteur des théâtres et scopes, Joseph Gauvreau, les 70 salles de la métropole reçoivent jusqu’à 125 000 spectateurs par jour, soit le quart de la population montréalaise.

La distribution

Depuis 1902, le contrôle de la distribution est un élément-clé de l’économie du cinéma. C’est le goulot d’étranglement entre une grande quantité de producteurs d’une part et une grande quantité de diffuseurs d’autre part. Les rapaces s’y retrouvent plus facilement. Ernest Ouimet veut être son propre distributeur, mais il doit tenir compte de la Motion Picture Patent Company (1908-1914) qui vise le contrôle absolu sur la distribution ; il perd alors les films Edison et tente de se réorganiser en distribuant des films Pathé.

La production

De 1894 à 1913, la production cinématographique canadienne se résume à quelques expériences, principalement des actualités, reportages, publicités, menées principalement par des techniciens étrangers, venus de France, d’Angleterre, des États-Unis. Leurs réalisations cherchent à rentabiliser les décors et la mythologie canadienne, comme le premier film tourné au Québec, « Danse indienne », en 1898, par un opérateur des frères Lumière, ou comme Edison qui tourne durant cette période au Canada. Dans un esprit similaire, Canadien Pacific Railway produit des reportages pour favoriser l’immigration.

Ernest Ouimet tourne un grand nombre d’actualités en choisissant des sujets, souvent religieux, demandés par le public ; ses actualités de Pathé News encouragent nos soldats et honorent Sir Wilfrid Laurier. En 1908, il tourne un petit documentaire familial, « Mes espérances ».

«Hiawatha » en 1903, « Baptiste et son cochon » de Ouimet en 1908, « Battle of the Long Sault » (Dollard des Ormeaux) en 1912 et un premier « Evangeline » en 1913, sont les rares films de fiction retraçables. Par ailleurs des compagnies américaines du Trust Edison, comme la Kalem et la Biograph, viennent tourner des films de fiction à Québec. Au total, l’implantation du cinéma comme spectacle se fait donc principalement par la diffusion de films étrangers.

La critique et la publicité des films

Le Ouimetoscope a sa propre petite publication mais l’essentiel se fait par des journaux. Des publications religieuses amorcent une campagne contre le cinéma dominical ; Mgr Burchési dit qu’il « bénirait le législateur qui décréterait l’abolition des théâtres de vues animées. »

Pour la période 1894 – 1914, de nombreux textes dans les journaux présentent et expliquent ce nouveau phénomène qu’est le cinéma ; La Presse parle presque uniquement des théâtres francophones ; le Montréal Star parle du cinéma d’un point de vue plus technique. Généralement, le propriétaire de la sa salle, qui lui donne souvent son nom, est l’élément publicitaire le plus important.

La législation

À compter du 1er mai 1913, tous les films projetés dans les salles de la province de Québec sont censurés par le Bureau de censure, institué par la loi du 21 décembre 1912. L’Église interdit aux catholiques de faire des projections de cinéma le dimanche.

Migration de talents canadiens et québécois vers les États-Unis

Ce sont les Mary Pickford, Jack Pickford, Louis B. Mayer, Allan Dwan, Mack Sennett (né Michael Sinnott), Lew Cody (Louis-Joseph Côté), Sydney Olcott, Florence LaBadie, Florence Lawrence, Charlotte Mineau, Raoul Barré, Joe et Sam De Grasse, Ernest Ouimet, Mabel Normand (son père étant le Canadien français musicien itinérant Claude G. Normand), Eva Tanguay (vedette du burlesque et de quelques films).

Yves Lever, Pierre Pageau. Chronologie du Cinéma au Québec.

Cinéma de Paris.Cinéma de Paris de Montréal. Photographie des années 1910, image libre des droits.
Cinéma de Paris de Montréal. Photographie des années 1910, image libre des droits.

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