Histoire du Québec

Moyens préventifs contre l’épidémie

Moyens préventifs contre l’épidémie

Moyens préventifs contre l’épidémie, chronique du 24 octobre 1918

Un cas navrant

En dirigeant le service d’ambulance, le sous-directeur Mann a été témoin d’un cas navrant. Il a ordonné le transport à l’hôpital Saint-Clément, à Maisonneuve, d’un père de famille et des ses treize enfants, tous atteins d l’influenza.

Le malheureux père de famille est un nommé Albert Hervé, 417, rue Cuvillier.

Récemment, le sous-directeur Mann a fait transporter un autre père de famille et ses sept enfants, souffrant d’influenza, dans un hôpital.

Ce sont là, a dit M. Mann, les deux records jusqu’ici, dans les milliers de cas actuels de maladie et de misère.

Les marchands-détaillants et les moyens préventifs contre l’épidémie

À la demande du directeur de la Sûreté publique, les représentants des Associations des Marchands détaillants se sont réunis à l’hôtel Windsor hier après-midi, pour s’occuper de prendre des moyens préventifs contre la grippe.

Toute les grandes maisons de commerce étaient représentées et avec un ensemble digne de mention, tous ont acquiescé à suivre les moyens préventifs qui ont été suggérés au cours de cette réunion.

Les docteurs E. Dubé et H. Oertel ont tour à tour donné d’excellents conseils et fait des suggestions qui seront mises à profit sur le champ ; un comité a été formé qui soumettra ce matin au Bureau de Saint municipal les suggestions adoptées au cours de la réunion d’hier.

Dès que ce rapport sera accepté par le Bureau de Santé municipal, le comité le fera imprimer ; des copies seront distribués à tous les établissements de commerce, les bureaux, les ateliers, etc., des conférences seront données en rapport avec ses suggestions pour les chefs d’établissements à leurs employés ; ces derniers feront l’application des instructions reçues et au fur et à mesure que des clients auront à faire à eux, ils s’empresseront de leur remettre une copie des moyens de prévention ; en plus dans chaque envoi de marchandise à domicile, une de ces feuilles y sera ajoutée ; de la sorte on atteindra – toute la population. Comme on peut le voir, tous les moyens sont mis en action pour essayer d’enrayer au plus tôt cette épidémie qui continue à faire tant de victimes dans notre population.

Apple à la générosité

Il est facile de comprendre, devant des cas semblables, combien il est important que chacun fasse sa part pour enrayer l’épidémie. Il faut que tout le monde aide, chacun selon ses moyens, et, comme le répétait, hier après-midi, le directeur Tremblay, l’un de ces moyens est de fournir gratuitement à la cité des automobiles, afin de transporter les docteurs et les gares-malades auprès des malades.

Depuis son appel, le directeur Tremblay a reçu une cinquantaine d’offres d’automobiles. Il en faudrait encore d’autres, et il espère que les offres se multiplieront de jouer en jour et promptement.

Proclamation officielle

À sa réunion d’hier après-midi, le Bureau de Santé municipal a émis la proclamation officielle suivante :

Par suite de nombreuses offres de remèdes et de désinfectants faites au Bureau de Santé de Montréal, pour la prévention, le traitement et la cure de la maladie qui sévit actuellement à l’état épidémique, et par la suite de nombreuses déclarations et des questions faites et posées à ce sujet, le Bureau de Santé a cru de son devoir de publier la déclaration publique suivante après avoir conféré avec ses Conseils Médicaux :

  1. Tout spécifique préventif, tout traitement ou cure de cette maladie par les vaccins : ou par toute autre drogue ou préparation chimique, est à l’heure actuelle d’une valeur incertaine.
  2. Jusqu’à maintenant, nous n’avons aucune preuve scientifique que tel vaccin, tel sérum ou telle autre substance chimique à une valeur préventive ou curative.

Présentement, les différents traitements suggérés sont à la période d’expérimentation.

À cause de ces différentes considérations, les Conseils Médicaux du Bureau de Santé demandent que l’usage de tels vaccins, de tels sérums ou autres préparations soit laissé au jugement et à l’essai de chaque médecin qualifié

Montréal, l2 24 octobre 1918. Signé E.R. Décary, Président ; Dr H. Oertel, Université McGill ; Dr. A. Bernier, Université Laval.

Les maisons seront placardées

À partir d’aujourd’hui, par ordre du Bureau de Santé, toutes les maisons où il y a maladie seront placardées, à l’aide d’un seau aux chiffres du Bureau de Santé. Ce sont les médecins eux-mêmes qui devront accomplir ce devoir. Ainsi donc, personne n’aura droit de pénétrer dans ces demeures, car ces dernières seront considérées en quarantaine.

Certificats de décès

On nous prie d’annoncer que les médecins sont tenus de donner gratuitement des certificats de décès. Ceux qui perçoivent un montant de $3 pour se faire désobéissent à la loi et l’enfreignent.

Patience et générosité, voilà la foi. Photographie de Victoria Zaporozhets.
Patience et générosité, voilà la foi. Photographie de Victoria Zaporozhets.

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