Femmes du Quebec

Maladie et mort en Nouvelle-France

Maladie et mort en Nouvelle-France

Maladie et mort en Nouvelle-France

L’omnisprésence de la maladie et de la mort en Nouvelle-France est ressentie particulièrement par les femmes. À l’accouchement, elles frôlent souvent la mort et les enfants qu’elles mettent au monde meurent fréquemment avant elles. Le taux élevé de mortalité chez les adultes fait bien des veufs et des veuves.

Un deuxième, et même un troisième mariage sont fréquents et souvent nécessaires pour les femmes à qui les maris n’ont pas laissé de quoi faire vivre la famille. Une veuve avec des enfants en ba âge ne peut guère cultiver sa terre seule. Les femmes avec un patrimoine se remarient vite, car leurs terres font d’elles des partis intéressants pour les hommes célibataires. Les traces des firctions que ces mariages cusent entre les belles-familles et les enfants des différents lits pullulent dans les crchives notariales.

Mais toutes les veuves ne se remarient pas. Pour la plupart, le veuvage s’associe à la pauvreté. Un homme hésite à marier une veuve dans le besoin et n’ayant pas d’héritage, quand il faut nourrir ses enfants en plus. Les femmes plus âgées ne trouvent souvent pas de mari. Elles vivotent, faisant de la couture ou prenant des pensionnaires. En 1744, 5% des domestiques de la ville de Québec sont des veuves dont l’âge moyen est de quarante-huit ans. Celles-ci n’ont visibilement pas d’autres gîte que celui de leurs maîtres.es rares veuves qui en ont les moyens peuvent se retirer chez les religieuses où elles louent une chambre, et finissent leurs jours dans la prière et la dévotion. Rares sont celles qui, jeunes et fortunées, peuvent faire ce qui leur plaît. Ce n’est pas une coïncidence se Mme de La Peltrie, Marie de L’Incarnation et Marguerite d’Youville furent toutes des veuves, libérées du joug marital, qui purent déepnser leurs énergies ailleurs qu’au foyerm car les veuves jouissent de tous leurs droits sous la Coutume de Paris, hors de la portée de la puissance paternelle ou maritale. Elles peuvent d’autre part devenir facilement « veuves joyeuses » si elles ne sont pas sollicitées par une œuvre charitable.

Les parents vieillissants songent à préparer leurs vieux jours tout en prévoyant l’établissement de leurs enfants. Bien que la Coutume de Paris prévoie une division égale de l’héritage, on peut contourner ces contraintes par le jeu des donations et, plus tard, par les testaments. D’habitude, les fils sont favorisés, recevant des terres, des instruments aratoires ou des bâtiments. Les filles reçoivent souvent leur part d’héritage en biens neubles lors de leur mariage.

La méfiance qui a pu exister entre les membres d’une famille se voit dans les actes motariés. Ces actes notariés stupulent que’ en retour du don qu’ils font à leur enfant, celui-ci entretiendra ses parents jusqu’à leur mort. On énonce soigneusement ce qui doit çetre fourni : chambre garnie, vêtements d’hiver et d’été, tabac et aliments préférés. Parfois, les parents garderont quelques animaux et un wagon ou une carriole pour se déplacer. Beaucoup de femmes ont ainsi passé leurs dernières années chez leurs enfants.

Tout compte fait, la vie des femmes, même accaparée par de nombruses maternités, déborde largementr l’univers des langes et des enfants, car dans l’Ancien Régime les femmes occupent une place qui nous semble aujourd’hui considérable.

Lettre de Narguerite d’Youville à une mère en France (Mme de Liguery), lui annonàant la mort de sa fille :

Mme Mackay,

Madame, je voudrais bien avoir quelque chose de flatteur à vous dire, mais, au contraire, j’ai une nouvelle des plus sensibles causée par la mort de Mme Macailye (Mackay), votre chère fille, arrivée le 13 de ce mois à midi. Notre consoltaion est qu’elle a souffert avec une patience héroïque, qu’elle a reçu tous les sacrements et c’est elle-même qui a demandé l’Extrême-Onction, après lequel elle voulut faire encore une confession générale. Monsieur son mari et son frère se sont prêtés à tout ce qu’il fallait pour qu’elle ne manquçat de rien, tant pour le spirituel que pour le temporel. Ils sont dans une affliction que je ne puis vous dépeindre… Les deux enfants sont aux soins de leur oncle, n’en soyez pas inquiète. Ils sont parfaitement aimables. Revenons à notre chère défunte. Elle est accouchée au mois de février, je crois, point bien portante, d’un garçon qui avait environ deux mois. Elle a toujours été souffrante depuis ce temps, et arrêtée tout à fait depuis la mi-avril. Son mari la promenait quelquefois en calèche pour lyi faire prendre l’air. Mme de Bayouville ne l’a pas laissée depuis ce temps, et depuis le mois de mai jusqu’à celui d’août qu’elle est à Laprairie où elle est morte. Elle a toujours eu besoin de veilleuses qu’elle a trouvées ici, et je lui ai donné la vieilleuses qu’elle a trouvées ici, et je lui ai donné la vieille Champigny, qui demeure ici, pour la soigner à Lapririe; elle n’est pas encore revenue. Mackay m’a fait prier de lui laisser quelques jours, ce que j’ai fait volontiers. Il a donné sa belle robe à l’église de Laprairie. »

(Tiré de L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles.)

Rue de la Cathédrale

Rue de la Cathédrale de la ville de Trois-Rivières. Photo de GrandQuebec.com.

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