La maison paysanne en Nouvelle-France – sciences et techniques
Solitude en confort
En Nouvelle-France, la maison paysanne est caractérisée par la solidité et le confort qu’on réussit à obtenir à partir de matériaux faciles à trouver sur place et par conséquent peu dispendieux.
On en distingue trois types différents le long des rives du Saint-Laurent. Nous présentons ces trois modes de construction dans un ordre établi selon leur importance et la fréquence de leur utilisation.
Maison paysanne : La structure dite « en colombage »
La construction « en colombage » est de loin celle que préfèrent nos paysans. Nous la rencontrons partout. Dès qu’un colon en a les possibilités, il délaisse les autres types de construction pour bâtir ainsi la maison qui deviendra sa demeure définitive.
La structure de l’édifice est assise sur un rectangle de pierres bien assujetties au sol. Quatre grosses poutres équarries sont couchées horizontalement sur ces pierres et forment le rectangle de base sur lequel viendra s’appuyer la structure de la maison.
Cette structure est essentiellement constituée de poutres équarries posées verticalement sur la base. Quatre poutres plus massives forment les quatre coins. D’autres poutres de dimensions plus réduites viennent s’y ajouter tous les deux ou trois pieds.
Cette structure verticale est couronnée d’un cadre de poutres équarries horizontalement placées sur les poutres verticales. Le cadre réunit celles-ci et sert d’appui à la structure du toit. Les poutres horizontales sont fixées l’une à l’autre, dans les coins, par enture à mi-bois.
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Les poutres verticales sont fichées dans les poutres horizontales du cadre de base et du cadre supérieur par tenons et mortaises.
La structure du toit, est aussi faite de poutres équarries. Celles-ci toutes assemblées par tenons et mortaises, consolidées par de bonnes chevilles de bois, sont montées de telle façon que la pente du toit soit très prononcée. Cela est essentiel, en hiver, pour éviter les accumulations de neige sur le toit.
Il reste à élever les murs proprement dits. La première opération consiste à remplir les espaces qui existent entre les poutres verticales. Certains le font avec de courtes billes de bois légèrement équarries sur leurs faces supérieure et inférieure. D’autres préfèrent cependant emplir cet espace avec de la pierre des champs et du mortier.
On recouvre ces murs, à l’extérieur, de planches de bardeaux fabriquées sur place. Ou encore, si on en a les moyens, avec du plâtre acheté à Québec ou à Montréal.
Quant à l’intérieur, plusieurs le laissent tel qu’il est. La majorité des paysans préfèrent cependant un rang de planches de pin comme finition intérieure. Cela augmente considérablement le coût de l’édifice. Pourtant cela lui donne une apparence plus chaude et constitue d’ailleurs un isolant thermique appréciable.
Quant au toit, sa couverture la plus courante se fait de planches verticales assemblées les unes à côté des autres. L’étanchéité s’en assure par un deuxième rang de planches placé sur les joints.

Maison paysanne : La structure dite « pièce sur pièces »
Les maisons de ce type sont essentiellement des résidences temporaires. On fait les mures de longues billes de bois, équarries ou non, posées horizontalement les unes sur les autres.<
Les billes d’un mur croisent celles de l’autre mur à chaque coin de l’édifice. Elles y restent jointes les unes aux autres par enture à mi-bois, ou les croisent de simples entailles.
Pour asseoir le toit de cette construction, quelques bonnes perches joignant les deux murs de côté, suffiront. On fait la couverture de longues écorces d’orme, en berceau, placées dans le sens des deux pentes. On pose un deuxième rang d’écorces, mais en sens contraire, sur les premières. Elles fermeront les espaces laissés entre celles-ci et assureront l’étanchéité du toit.

Maison paysanne : La structure dite « en piles » ou « palissade »
La résidence paysanne temporaire se fait aussi selon la méthode appelée « en piles ». La structure de cette habitation est la même que celle d’une palissade. On creuse une tranchée d’environ deux pieds de profondeur en forme de rectangle et selon les dimensions de la maison. On y enfouit, debout, une série de billes de bois de la longueur désirée. Il faut veiller à ce que les billes qui constituent le mur d’en avant ou celui d’en arrière restent plus élevées afin d’assurer la pente du toit.
On fait celui-ci exactement de la même façon que dans les constructions « pièces sur pièces ».

Pour en apprendre plus :
Source du texte et des illustrations : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.