Histoire du Québec

Le Canada entre 1840 et 1854

Le Canada entre 1840 et 1854

Développement politique au Canada entre 1840 et 1854

(Histoire du Canada à l’usage des commençants)

D. Qu’est-il arrivé de remarquable dans les provinces du Haut et du Bas-Canada pendant l’année 1840 ?

R. C’est la réunion des deux provinces en une seule, sous le nom de Province Unie du Canada.

Cela a été fait par un acte du parlement impérial, et ta réunion date du 10 février 1841, en vertu d’une proclamation émanée par le gouverneur-général. Vers la fin de la même année, Lord Sydenham mourut à Kingston ; son successeur dans le gouvernement général des provinces britanniques fut Sir Charles Bagot, qui tint lés rênes du gouvernement jusqu’au commencement de l’année 1843, qu’il fut remplacé par Sir Charles Metcalfe.

D. Qu’a eu de remarquable le gouvernement de Sir Charles Bagot ?

R. Lord Sydenham étant mort à Kingston, première capitale de la province-unie, le 18 septembre 1841, Sir Charles Bagot fut appelé à lui succéder. Il arriva à Kingston le 10 janvier 1842. C’est sous lui que le gouvernement responsable ou constitutionnel fui inauguré.

Les élections générales ayant donné une majorité de représentants libéraux a la législature, il dut choisir ses ministres dans la majorité ; et le premier ministère Canadien fut appelé Lafontaine-Baldwin du nom des deux premiers ministres, chefs du parti libéral dans le Bas et le Haut-Canada. Il cessa de gouverner le Canada dès l’année suivante, 1843, pour cause de santé, et mourut le 19 mai, en Angleterre.

D. Quel fut le successeur de Sir Charles Bagot ?

R. Sir Charles Metcalfe, qui arriva à Kingston, le 25 mars 1843. Il visita le Bas-Canada pour la première fois dans le mois d’août de la même année.

D. Que s’est-il passé de remarquable sous le gouvernement de Sir Charles Metcalfe ?

R. La translation du siège du gouvernement de Kingston à Montréal, décidée dans la chambre d’assemblée à une majorité de 33, le 8 novembre
1843, — la résignation du ministère Lafontaine-Baldwin, — la dissolution du parlement, — des élections générales dans l’automne de 1844 — et enfin la formation d’un nouveau ministère. — Lord Metcalfe partit dans l’automne do 1845, et mourut quelques temps après en Angleterre, d’une maladie qui l’avait miné pendant son séjour en Canada.

Le 28 mai 1S45, plus de 1200 maisons furent anéanties par les flammes dans la ville de Québec, ut le 28 juin suivant, pareil incendie éclata dans l a même ville, et consuma un nombre à peu près égal de maisons.

D. Quel fut le successeur de Lord Metcalfe ?

R. Ce fut Lord Cathcart, commandant des forces, qui tint les rênes du gouvernement, et gouverna le pays au moyen du ministère formé par son prédécesseur, jusqu’en janvier 1847, époque où Lord Elgin arriva pour le remplacer.

D. Qu’y a-t-il eu de remarquable sous le gouvernement de Lord Elgin ?

R. Lord Elgin en appela à de nouvelles élections générales, et en conséquence le parlement fut dissout en décembre 1847. Les rapports des élections, terminés le 24 janvier 1848, annoncèrent une immense majorité en faveur du parti dit libéral; le ministère d’alors fut remplacé par le ministère Lafontaine-Baldwin.

La session législative de 1848 ne dura que 26 jours. En revanche, celle de 1849 dura plus de quatre mois et se termina le 30 mai. Cette session est, et sera probablement longtemps la plus remarquable des sessions parlementaires du Canada. La passation d’une loi pour indemniser les Bas-Canadiens des pertes qu’ils avaient essuyées durant les troubles de 1837-38, modelée sur une loi semblable passée précédemment en faveur des Haut-Canadiens qui avaient souffert pour la même cause, exaspéra tellement les ennemis du gouvernement qu’ils se livrèrent a l’émeute, insultèrent le gouverneur sur la voie publique, brûlèrent l’enceinte parlementaire et les deux précieuses bibliothèques qu’elle contenait, saccagèrent plusieurs des principaux édifices de la cité de Montréal. Cette cité ainsi dévastée perdit ses visiteurs, son commerce devint languissant, et pendant longtemps son habitation dangereuse et ennuyeuse. Les bâtisses du parlement étant ainsi détruites, l’assemblée, qui continua sa session en partie dans le Marché Bonsecours et en partie dans l’établissement du théâtre, décida que les parlements s’assembleraient par la suite alternativement à Toronto, dans le Haut-Canada, et à Québec, dans le Bas.

Dans le cours de l’été 1849, le choléra jeta encore le deuil dans un grand nombre de familles, à Montréal et à Québec. Mais cette redoutable épidémie n’exerça pas alors autant de ravages qu’en 1832-34.

Le 15 août, à Québec, sous la présidence de Mgr. Turgeon, évoque métropolitain, s’ouvrit le premier concile provincial du Canada. Les décrets de cette assemblée règlent, avec beaucoup de sagesse, plusieurs questions qui avaient besoin d’une solution.

La cité de Montréal, de même que celle de Québec, fut dévastée par plusieurs incendies désastreux, dont le plus terrible eut lieu dans le mois de juillet 1852. Pendant deux jours, les flammes, aidées par une très-grande sécheresse et une forte brise, portèrent la destruction dans les faubourgs Saint-Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie. 1400 maisons furent consumées. Montréal offrit un triste spectacle après la conflagration. Des multitudes de personnes erraient dans la ville afin de trouver un abri, portant leurs plus jeunes enfants dans leurs bras ; d’autres, épuisées par la faim et la fatigue, gisaient, près des ruines fumantes, sur des lits à demi-brûlés.

L’année 1852 fournit aux catholiques du Canada l’occasion de témoigner en la personne de Mgr. Bédini, premier nonce apostolique qui ait visité notre pays, le respect sans bornes et l’affection tonte filiale qu’ils ont pour l’Église romaine.

Pendant cette même année, les prédications furibondes de Gavazzi, contre le catholicisme, soulevèrent une indignation universelle. Des troubles ayant éclaté à Montréal, à la suite d’un ignoble discours do. ce fanatique, les troupes intervinrent et tuèrent et blessèrent plusieurs personnes.

Dans le mois de décembre 1854, Lord Elgin céda les rênes de la province à Sir Edmond Head, gouverneur actuel, et retourna en Angleterre.

Parmi les actes de la législature sanctionnés par Lord Elgin, et qui contribuent, puissamment à la prospérité du pays, l’on doit mettre au premier rang ceux qui abolissent les droits seigneuriaux, sécularisent les réserves du clergé protestant et aident la Compagnie du Grand Tronc à couvrir la province d’un vaste réseau de chemins de fer. Nous devons encore à Lord Elgin le traité de réciprocité commerciale avec les États-Unis, dont les effets sont déjà si favorables. Dans le mois de juillet 1855, une corvette française, la Capricieuse parut sur les eaux du Saint-Laurent. Sa présence réveilla, dans le coeur des Canadien, plus vivant que jamais, le souvenir de la patrie de leurs ancêtres. Les ovations qu’ils firent à son commandant, M. de Belvèze, prouvèrent qu’ils regardent l a France comme une mère chêne) dont ils ont été séparés par des événements cruels.

Cette même année fut encore remarquable par deux fêtes dont une religieuse, solennisée avec beaucoup d’éclat par les catholiques des villes et des campagnes, en l’honneur du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, l’autre civile, célébrée par la population en masse au sujet de la prise de Sébastopol.

Les actes les plus remarquables sanctionnés sont ceux qui créent une milice active et rendent électifs les membres du Conseil Législatif.

La population française du Canada ne s’élevait qu’à 60,000 âmes lors de la conquête du pays par l’Angleterre ; nous comptons aujourd’hui 800,000 habitants de notre origine. En moins d’un siècle, sans le concours de l’immigration, malgré même une émigration du dedans au dehors assez considérable, nous nous sommes beaucoup plus que quintuplés. 750,000 Canadiens, formant un peuple, habitent sur un territoire qui est leur propriété, avec des arrangements sociaux inébranlables. Notre prodigieuse croissance donne un démenti à ceux qui prédisent la perte de notre nationalité. La croix a été plantée sar cette terre par des mains françaises, comme elle, notre race se maintiendra debout. Il nous est permis d’espérer que les générations futures ne rendront pas inutile le sang et les travaux des générations écoulées, et qu’elles conserveront le dépôt sacré de la fois catholique t la langue de nos ancêtres.

(Tiré de l’Histoire Sainte de l’Histoire de France et de l’Histoire du Canada à l’usage des commençants. Québec, Presses mécaniques de A. Côté et Cie. 1864).

Canada en hiver. Photo de GrandQuebec.com.
Canada en hiver. Photo de GrandQuebec.com.

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