Histoire du Québec

Affaire Jumonville-Washington

Affaire Jumonville-Washington

Affaire Jumonville-Washington

Au cours des années 1740, la frontière entre les Treize colonies américaines et la Nouvelle-France est mal définie et la vallée de l’Ohio est un sujet de litige.

En 1753, le gouverneur de Virginie envoie George Washington, alors jeune officier de 23 ans, pour demander aux Français de quitter la région du Fort Leboeuf. Les Français, dirigés par le commandant Jacques Legardeur de Saint-Pierre, refusent.

Les Anglais décident alors de construire un fort dans les parages, mais les Français les chassent, occupent le fort et terminent sa construction. Le fort reçoit le nom de Duquesne, gouverneur de la Nouvelle-France.

Washington revient un mois plus tard avec une meilleure armée et espère avoir gain de cause. Un détachement français se porte immédiatement à sa rencontre. Ce détachement est commandé par Joseph Coulon de Villiers de Jumonville, petit neveu de la célèbre Madeleine de Verchères. Il tente de prendre contact avec des Anglais, afin de les sommer de quitter le territoire français.

Mais le 28 mai 1753, la patrouille de Jumonville tombe dans une embuscade et le chef est tué avec dix de ses hommes. Washington aurait ordonné d’ouvrir le feu sans préavis au moment des négociations.

Les Français protestent et crient au meurtre. Les Anglais invoquent la légitime défense.

Contrecœur organise une troupe de 700 soldats et Indiens, et il en donne le commandement à Louis Coulon de Villiers, frère de Jumonville. Encerclé, Washington se rend après plus de dix heures de combats acharnés. Washington ayant capitulé, les Français brûlent le fort Necessity et renvoient les Anglais en Virginie.

Pourtant, George Washington signe une déclaration de capitulation où les droits du roi de France sur les territoires en question sont confirmés, et où il est fait mention de «l’assassinat» de Jumonville par Washington.

La défaite crée beaucoup d’émoi dans les Treize Colonies qui crient vengeance. Washington est suspect de trahison (pourquoi donc a-t-il signé la capitulation ? était-il menacé de pendaison pour l’affaire du meurtre ?), et il croit alors bon de démissionner.

Beaucoup plus tard, l’affaire oubliée, Washington deviendra le premier président des États-Unis.

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Un groupe de soldats français à Montréal. Photographie en couleurs, prise vers 1753 à Montréal par Ange Duquesne, marquis de Menneville, gouverneur de la Nouvelle-France. Archives de GrandQuebec.com.

Canton de Villiers et son histoire

Ce canton se trouve à une trentaine de kilomètres au nord de Saint-Michel-des-Saints, orienté du nord-ouest au sud-est, il est arrosé par plusieurs lacs par lesquels se distingue le lac Légaré et la partie sud du lac Villiers. L’ensemble du réseau hydrographique qui se développe sur une topographie boisselée, typique des Laurentides, variant entre 440 et 580 m d’altitude, est relié à la rivière Matawin, affluent du Saint-Maurice.

Le nom de ce canton est dédié à la mémoire de Louis Coulon de Villiers (1710-1757), militaire né à Verchères, promu capitaine en 1753, après avoir servi notamment dans l’Ouest et en Louisiane. Il s’est particulièrement illustré en 1754 au moment où la France était décidée à contester les réclamations territoriales de la Virginie dans la vallée de l’Ohio. À son arrivée au fort Duquesne (Pittsburg, en Pennsylvanie), le 26 juin, à la tête d’une troupe de 600 Canadiens et de plus de 100 Indiens, il apprit la mort de son frère Joseph, sieur de Jumonville, tombé avec un petit détachement dans une embuscade dirigée par le future premier président des États-Unis, George Washington, même si la France et l’Angleterre n’étaient pas en guerre. Voulant venger la mort de son frère, Villiers quitta le fort Duquesne le 28 juin avec une troupe de 500 soldats, passa à l’endroit où Joseph avait été tué et, le 3 juillet, se rendit à la rencontre de l’ennemi qui s’était réfugié dans une redoute de rondins baptisée avec raison Fort Necessity. Après une bataille où les Anglais perdirent beaucoup d’hommes, Coulon de Villiers proposa une capitulation à George Washington qui quitta la place le jour suivant.

Louis Coulon de Villiers mourut de la petite vérole en 1757, quelques jours seulement après avoir reçu la croix de Saint-Louis.

Le canton, indentifié en 1918, est signalé comme une désignation nouvelle dans Noms géographiques de la province de Québec, en 1921.

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