Histoire du Québec

Histoires parlementaires

Histoires parlementaires

Histoires parlementaires du XVIIIe siècle

Frère contre frère

À l’ouverture du premier parlement Canadien, à Québec, en 1792, l’Assemblée Législative fut appelée à élire son président (speaker). Ce choix mit aussitôt en évidence l’antagonisme des deux races. MM. Dunière et de Bonne ayant proposé à ce poste M. J.-A. Panet, un des représentants de Québec, le parti anglais proposa successivement MM. Grant, McGill et Jordan ; M. Panet fut finalement élu sur une division de 28 contre 18. Des seize membres anglais, pas un ne vota pour M. Panet.

Tandis que deux Canadiens-Français votèrent contre lui, l’un de ces derniers était le frère du candidat, M. P. L. Panet. Celui-ci, dans le discours qu’il fit pour appuyer M. Grant, remarqua que M. J.-A. Panet ne connaissait pas la langue anglaise, que le Canada était une colonie anglaise, que la langue de la métropole était l’anglais et il termina en disant : « Je suis d’opinion que c’est une nécessité absolue pour les Canadiens d’adopter la langue anglaise et je pense qu’il n’est que décent que le président que nous avons à choisir puisse s’exprimer en anglais lorsqu’il s’adressera au représentant de notre Souverain ».

(Histoire de Cinquante ans. P. T. Bédard).

L’honorable Jean-Antoine Panet, né en 1751 et mort en 1815 ; il fut député, puis juge et enfin conseiller législatif.

À propos de juifs

Lors de son passage à Winnipeg, en 1910, on présenta à sir Wilfrid Laurier, un jeune homme de nationalité juive, qui venait d’être élu à la Législature provinciale par la division nord de cette ville.

Quelqu’un dit alors à sir Wilfrid.

« — Nous avons le rare privilège de pouvoir proclamer que c’est le premier homme de sa race qui ait été élu dans une législature de l’Amérique Britannique du Nord.

— Pardonnez-moi, lui répondit le premier ministre, si je vous dis que cet honneur ne revient pas à votre ville, mais à la province de Québec ».

En effet, en 1807, un homme de race hébraïque, du nom de Ézéchiel Hart, était choisi dans le district de Trois-Rivières comme député.

(Le Bulletin 1910.)

Trois-Rivières est probablement aussi le premier diocèse canadien-français, qui a eu un irlandais d’origine, Mgr Thomas Cook, comme premier évêque. Ézéchiel Hart fut élu deux fois. Il échoua en 1810. Vers 1835, M. Hart se rallia au parti libéral et devint l’ami de l’honorable L.-J. Papineau. La famille Hart a donné un terrain à la cathédrale catholique et la plupart des descendants Hart sont aujourd’hui catholiques et alliés à des familles canadiennes-françaises. Sur la famille Hart, voir Pages d’histoire, par Benjamin Suite. Ézéchiel Hart est mort en 1843.

La langue française et sir Louis-H. Lafontaine

Sous l’administration de sir Charles Bagot, en 1842, le portefeuille de procureur général fut offert à sir Louis-H. Lafontaine par le premier ministre Draper. Lafonfaine refusa net cette offre alléchante parce que le ministère Draper ne voulait pas rétablir officiellement l’usage de la langue française dans les Chambres.

Au début de la session de 1842, M. Lafontaine prononça un discours rempli de dignité. M. Dunn lui avait demandé de parler en anglais, il répondit ainsi:

« L’honorable député, qu’on nous a souvent représenté comme ami de la population française, a-t-il oublié que j’appartiens à cette origine si horriblement maltraitée par l’acte d’Union ? Si c’était le cas, je le regretterais beaucoup, il me demande de prononcer dans une autre langue que ma langue maternelle, le premier discours que j’ai à prononcer dans cette chambre. ! Je me délie de mes forces à parler la langue anglaise. Mais je dois informer l’honorable député, les autres honorables députés et le public, que quand même la connaissance de la langue anglaise me serait aussi familière que celle de la langue française, je n’en ferais pas moins mon premier discours dans la langue de mes compatriotes canadiens-français, ne fût-ce que pour protester solennellement contre cette cruelle injustice de cette partie de l’acte de l’Union qui tend à proscrire la langue maternelle d’une moitié de la population du Canada. Je le dois à mes compatriotes, je le dois à moi-même».

(Alliance Nationale, VII, 71.)

Le Vieux-Québec. Photo d'Anatoly Vorobyev.
Le Vieux-Québec. Photo d’Anatoly Vorobyev.

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