Histoire du Québec

Histoire de Poutrincourt

Histoire de Poutrincourt

Histoire de Poutrincourt

Dans le département de la Somme, en Picardie, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Mers-les-Bains, station balnéaire sur la Manche, et à environ 25 kilomètres au sud-ouest d’Abbeville, se situe la petite commune de Lanchères. Et dans cette dernière, on retrouve le hameau de Poutrincourt : son nom est une formation tardive, probablement de la fin du bas Moyen Âge, pour désigner le domaine du sieur Poutrin.

C’est là que naquit, en 1557, dans le château familial dont il ne reste que quelques vestiges, Jean de Biencourt de Poutrincourt et de Saint-Just.

Entré tôt dans la carrière des armes, ce gentilhomme, issu d’une vieille famille catholique, participa d’abord aux guerres de Religion dans les troupes de la Ligue, mais se rallia à Henri IV lorsque celui-ce se convertit au catholicisme, en 1593. Rêvant de fonder une vaste colonie agricole en Amérique.

Poutrincourt accompagna son ami Pierre Du Gua de Monts dans une expédition en direction de l’Acadie. Arrivé en 1604, il s’enthousiasma pour le site qu’on allait nommer Port-Royal et en obtint la concession avec les droits de chasse et de pêche, moyennant la colonisation du lieu. Nommé lieutenant—gouverneur de l’Acadie en 1606,

Poutrincourt consacra son énergie à développer et à renforcer Port-Royal. Les circonstances, notamment la révocation du monopole de la traite de la Compagnie de Monts. L’obligèrent toutefois à mettre fin à la colonie acadienne, en 1607. En dépit de ce revers, il voulait toujours s’établir dans la région qu’on lui avait concédée. Poutrincourt tenta donc à nouveau l’expérience en 1610 puis, l’année suivante, s’associa avec la riche et influente marquise de Guercheville, Antoinette de Pons, pour améliorer les chances de survie de Port-Royal.

Des dissensions dans la colonie amenèrent cependant la marquise à rompre son entente avec lui. En 1613, l’énergique Poutrincourt se lança à nouveau dans l’aventure de Port-Royal avec l’aide, cette fois-là, d’armateurs de La Rochelle. Malheureusement, lorsqu’il y arriva, le 27 mars 1614, sa colonie avait été détruite par la troupe du capitaine virginien Samuel Argall. Il ne restait plus à Poutrincourt qu’à retourner en France avec la plupart des survivants. Il céda ensuite la propriété de ses terres acadiennes à son fils, Charles de Biencourt (vers 1591-vers 1624). Poutrincourt mourut en décembre 1615, tué accidentellement par ses propres hommes alors qu’il essayait de recevoir la reddition de Méry-sur-Seine (Aube), dont il était le gouverneur.

Le 9 novembre 1917, afin d’honorer la mémoire de ce noble intrépide, la Commission de géographie du Québec baptisa de son nom une entité territoriale de la région administrative du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La canton de Poutrincourt s’étend effectivement à quelque 80 km au sud de la ville de Chibougamau et à environ 125 kilomètres au nord-ouest du lac Saint-Jean. Le toponyme Poutrincourt désigne aussi une grande nappe d’eau longue de 21 km et large de 10 km, se trouvant en majeure partie dans le canton du même nom et deux voies urbaines, l’une à Montréal, l’autre à Sainte-Foy.

Canton de Poutrincourt

La ville de Chibougamau est située à 80 kilomètres au nord du canton de Poutrincourt (proclamation en 1965) que la rivière Normandin traverse du sud au nord. Le lac Poutrincourt occupe une grande partie de ce territoire inhabité, baigné par plusieurs plans d’eau, notamment par les lacs Russe et Finbar. Les lacs Forimond et Buade, comptant tous deux 10 km de longueur, y sont situés en majeur partie. C’est à sa séance du 9 novembre 1917 que la Commission de géographie a accepté le nom de Poutrincourt pour désigner ce canton.

Tout comme le lac, ce territoire rappelle Jean de Biencourt de Poutrincourt et de Saint-Just (1557-1615), personnage intimement lié au début de la colonisation de l’Acadie au XVIIe siècle.

Avec le sieur de Monts, entre autres, il a passé l’hiver de 1604-1605 à l’île Sainte-Croix à l’embouchure de la rivière du même nom, à la frontière séparant le Nouveau-Brunswick de l’État du Maine. En 1606, Poutrincourt revenait en Acadie comme lieutenant-gouverneur de la colonie naissante. Il a fait plusieurs autres séjours à Port-Royal, notamment en 1607, en 1610 et en 1614.

Lac Poutrincourt

C’est à l’ouest de la réserve faunique Ashuapmushuan, à 80 km au sud de Chibougamau, que l’on trouve cette étendue lacustre, qui est un grand élargissement de la rivière Normandin. De configuration très irrégulière, le lac Poutrincourt possède une superficie de 50 km2 et une longueur de 21 km. Sa largeur, 7 km, est considérablement réduite par une grande presqu’île dans sa partie nord qui rejoint presque = moins de 200 m – la rive opposée. Les appellations anciennes de Lac Ascatiche, Askitichi, Scatsie ou Ascatsie, signalées dans le Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec (1914 et 1925) sont des déformations de l’expression montagnaise oskal assi signifiant « nouvelle-terre », terrain où le bois est vert ou petite peau crue selon les auteurs. Le toponyme Poutrincourt, qui figure sur une carte de la région de Chibougamau de 1934, est emprunté au nom du canton où il se trouve et honore la mémoire d’un administrateur de l’Acadie du début du XVIIe siècle.

Oratoire de Saint-Joseph

Oratoire de Saint-Joseph. Photographie par Grandquebec.com.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *