Histoire du Québec

La grippe espagnole : bilan d’une journée

La grippe espagnole : bilan d’une journée

43 morts et 367 nouveaux cas dans une journée

La grippe espagnole : Tels sont les chiffres officiels pour la seule journée d’hier. – Plusieurs victimes à Québec – Nombre de prêtres succombent – La situation à travers la province

Armons-nous de prudence !

Trente-deux personnes ont succombé à la grippe espagnole, dans la journée de dimanche (hier), et onze sont mortes des suites de pneumonie. Total des morts, hier : 43. Les nouveaux cas, rapportés au bureau municipal d’hygiène, pour ce même jour, s’élèvent à trois cent soixante-sept. Ces chiffres sont officiels.

UN APPEL PRESSANT

Les autorités municipales demandent instamment l’aide d’infirmières et de médecins pour le soin des malades transportés à l’hôpital d’urgence du refuge Meurling. Le besoin s’en fait grandement sentir dans le moment. L’on est prié de s’adresser au bureau d’hygiène.

CHEZ LES SOLDATS

L’influenza a causé la mort de 14 militaires de plus, à la fin de la semaine dernière, ce qui porto le chiffre total des décès, parmi les militaires à 100. Il y a trente nouveaux cas, dans les casernes de Montréal et onze nouveaux cas à Saint-Jean.

DEUX FRÈRES SUCCOMBENT

Deux élèves-aviateurs, Paul-S. Conroy et Tomas-Emmett Coroy, qui étaient à l’entraînement dans un camp d’Ontario, mais qui avaient leur domicile à Montréal, sont morts d’ifluenza. On a rapporté leurs corps à Montréal, où ils sont exposés, chez leurs parents, au numéro 48 du square Saint-Louis. Le spectacle de ces deux jeunes gens, gisant morts l’un à côté de l’autre, est poignant.

EN QUARANTAINE

À sa réunion ce samedi, le conseil provincial a adopté un règlement pourvoyant à ce qu’ils demeurent dans la même chambre, s’ils décèdent, et à ce que personne ne puisse entrer dans la maison mortuaire. Les membres de la famille sont aussi astreints à des précautions définies.

Les marchands qui vendent des comestibles ont défense d’aller à leur magasin, s’il y a de l’influenza chez eux.

Plusieurs des autres mesures édictées sont les mêmes que celles qu’a promulguées le bureau de santé de Montréal.

RÉUNION IMPORTANTE

Quelques notes sur la réunion du conseil provincial d’hygiène, de samedi. S’imposent :

Les Drs. J.-E. Hutchinson, J.-E. Laberge, Eudore Dubeau, E.-M. Desaulniers, J.-A. Beaudry et Elzéar Pelletier y assistaient.

Personne autre que le médecin et le prêtre ne sera admis dans une maison où il y a influenza. Les bureaux d’hygiène des municipalités pourront faire placarder les maisons où il y a l’influenza. Ils pourront aussi exiger des voyageurs arrivant dans la municipalité un certificat établissant que ces voyageurs n’ont pas d’influenza.

On conseille la désinfection du nez et de la gorge, matin et soir, aux personnes qui sont en contact avec les malades. Cette précaution est aussi conseillée à tout le monde.

On peut employer le sel et l’eau, le peroxyde d’hydrogène, etc. La désinfection de la chambre du malade, après sa mort ou après sa guérison, est de rigueur.

RESPECT À LA LOI

Les marchands se conforment généralement bien à la règle de la fermeture à 4 heures, à Montréal.

On continue à traduire devant le recorder ceux qui crachent sur les trottoirs ou dans les endroits publics. Les délinquants sont condamnés à $10 d’amende et les frais. On les condamnera à #25 bientôt. Et ce sera bien fait.

MORT D’UN PROFESSEUR

Parmi les victimes de l’influenza, à la fin de la semaine, à Montréal, se trouve le professeur François-Joseph Cronk, décédé à l’hôpital Western. Âgé de 31 ans seulement, il s’était créé une situation considérable dans le monde universitaire. C’était un ingénieur, qui occupait la chaire de professeur-adjoint de construction de chemins de fer, à l’université McGill. Il laisse une veuve née Juliett Polon et un enfant.

POUR AVOIR UN MÉDECIN

Le docteur Boucher, directeur du service d’hygiène, vient d’inaugurer à l’hôtel de ville un nouveau service pour le temps de l’épidémie. Les personnes qui ne peuvent atteindre de médecins pourront dorénavant s’adresser au bureau d’hygiène, service des statistiques. On peut communiquer par téléphone (Main 4240, et demander le bureau d’hygiène, service des statistiques), ou s’adresser en personne.

Le nouveau service se charge de mettre en communication les médecins qui se trouvent trop occupés avec ceux qui ne le sont pas. On inscrit sur des cartes les noms des personnes qui font ces demandes et ceux des médecins disponibles. Il en est de même pour les infirmières.

Les gardes-malades qui désirent offrir leurs services au bureau d’hygiène n’ont qu’à s’adresser à ce bureau.

Le docteur Boucher est, soit à son bureau, annexe de l’hôtel de ville ou soit à l’hôpital municipal, de 9 heures du matin à 5 heures 30 su soir. Le soir on peut le trouver à l’hôpital du refuge Meurling, jusqu’à 10 heures.

Deschaillons, 14 octobre. – La grippe espagnole a fait son apparition ici, mais elle est assez bénigne, car on n’a jusqu’à date, aucun décès à enregistrer. Il y a actuellement une cinquantaine de cas signalés dans la paroisse.

Les citoyens se montrent très empressés de suivre les instructions particulières du Dr. J.-E. Beaudet et les précieux conseils du bureau d’hygiène.

Forêt québécois en octobre. Paysage triste. Photo de Megan Jorgensen.
Forêt québécois en octobre. Paysage triste. Photo de Megan Jorgensen.

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