Histoire du Québec

Fondation de Québec: Événement du XVIIe siècle

Fondation de Québec: Événement du XVIIe siècle

L’établissement d’une colonie à Québec en 1608 fut l’événement du XVIIe siècle

La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, la prise de possession du Canada par Jacques Cartier et l’établissement d’une colonie permanente en Nouvelle-France par Champlain, figurent parmi les événements les plus spectaculaires annoncés successivement à l’Europe au XVème, XVIème et XVIIème siècles.

Ces découvertes et ces conquêtes d’un nouveau monde, de même que l’établissement de colonies outre-Atlantique ont captivé l’imagination populaire de tous les peuples civilisés.

Les Européens ont pu apprendre ces heureuses nouvelles par les récits que les découvreurs ont fait de leurs voyages et les fondateurs de l’établissement de colonies.

C’est pourquoi on peut considérer les découvreurs et les colonisateurs comme des journalistes de leur temps, les correspondants étrangers qui, au risque de leur vie, venaient faire enquête sur des rivages lointains et dans les brousses, les pampas et les grandes forêts d’Amérique. Leurs récits imagés et remplis de détails ont rapidement soulevé l’enthousiasme de leurs contemporains et provoqué à l’aventure les esprits les plus audacieux.

Il est très captivant de prendre connaissance du grand événement qui s’est déroulé en 1608, dans les écrits mêmes de celui qui dans son étonnante clairvoyance avait fondé une ville pour qu’elle devienne la capitale d’un vaste empire et pour qu’elle soit l’avant-poste des évangélisateurs qui partiraient à la conquête des nations indigènes.

Fondation d’un empire

Samuel de Champlain, ce valeureux fondateur, nous livre un compte-rendu détaillé de sa grande entreprise dans son ouvrage « Des sauvages ou Voyage de Samuel Champlain de Brouage, fait en la France Nouvelle l’an mil six cent trois ».

« Nous vinsmes mouller l’ancre à Québec, écrit-il, qui est un détroit de la dite rivière de Canada, qui a quelque trois cents pas de large. »

Il y a à ce détroit, ajoute Champlain, du côté du nord, une montagne assez haute, qui va en abaissant des deux côtés, tout le reste est pas uni en beau. Il y en a de bonnes terres pleines d’arbres, comme chênes, cyprès, boulles, sapins et trembles et autres arbres fruitiers sauvages et vignes, qui fait à mon opinion, si elles étaient cultivées, elles seraient bonnes comme les nôtres. Il y a le long de la côte du dit Québec des diamants dans les rochers d’ardoise, qui sont meilleurs que ceux d’Alençon.

Pourquoi Champlain décida-t-il d’établir une colonie au site de Québec, après une première reconnaissance en 1603 ? Dans un discours qu’il prononçait à l’inauguration du monument Champlain à Québec, le 21 septembre 1898, Sir Wilfrid Laurier, répond à cette question de la façon suivante :

« Champlain entra dans le Saint-Laurent avec l’intention de fonder une nation dans laquelle seraient perpétuées la langue, la religion et la civilisation de la France. C’est de la mission qu’il se donna et la mission qu’il remplit.

Il choisit le site de Québec et le choisit avec connaissance de cause. Il était décidé, comme il le dit lui-même, de s’aller loger dans le fleuve Saint-Laurent, parce que là, plus que partout ailleurs, le commerce, le négoce et le trafic pouvaient se faire, montrant par la qu’il avait parfaitement reconnu l’importance commerciale de la route du Saint-Laurent. Il s’y décida aussi, parce qu’il savait qu’il y avait là de la place pour une grande nation agricole et, enfin, par l’attirance que la forte nature de ce pays exerçait sur sa propre nature.

Profond mysticisme

Il est également édifiant de puiser dans les relations de Champlain, à la source même courant spirituel qui a conquis des nations d’indigènes, sauvegardé un peuple naissant et fortifié les nombreuses générations qui se sont succédées depuis le début du XVIIème siècle jusqu’à nos jours.

Champlain a tenté de communiquer à toute l’Europe le profond mysticisme dont il s’inspirait pour étendre le Royaume de Dieu et celui de la France.

Dans le récit de son voyage de 1615, Champlain écrit qu’il est venu acquérir une vraie connaissance du pays et des peuples qui l’habitent à dessein de les amener à la connaissance de Dieu, à quoi j’ai travaillé continuellement sans pouvoir avancer que fort peu de mes desseins pour n’avoir été assisté comme il eût été nécessaire à une telle entreprise.

Il est à propos de dire, écrit-il la même année, qu’ayant reconnu aux voyages précédents qu’il y avait en quelques endroits des peuples arrêtés et amateurs de labourage, n’ayant ni foi ni loi, vivants sans Dieu et sans religion comme bêtes brutes, lors je jugeai, à part moi que ce serait faire une grande faute si je ne m’employais à leur préparer quelque moyen pour les faire venir à la connaissance de Dieu. Et pour y parvenir, je me suis efforcé de rechercher quelques bons religieux qui eussent le zèle et affection à la gloire de Dieu.

Tels sont les sentiments qui inspiraient Samuel de Champlain, fondateur de Québec.

Les successeurs immédiats

Dans ses relations, malgré un style embrouille, Champlain répand la nouvelle de ses succès et de ses insuccès. Il s’avère, en plus de fin observateur et de technicien en sa qualité de géographe, très persuasif. Car il réussira à attirer au pays en plus des colons, les prêtres et les religieuses dont il a besoin pour atteindre son but d’évangéliser les sauvages.

Après avoir fait venir au Canda les Récollets et les Jésuites, Marie de l’Incarnation, Louis Hébert et sa femme, Marie Rollet, il est assuré de laisser entre bonnes mains l’oeuvre qu’il a commencée.

Son message au peuple de sa patrie sera corroboré et renforci par les Relations des Jésuites publiées en France, pendant 40 ans, afin de provoquer les vocations religieuses nécessaires à l’évangélisation des sauvages et par les Relations de Marie de l’Incarnation, qui atteignent les sommets les plus élevés de la contemplation.

Parmi les autres auteurs qui ont raconté à leurs contemporains les origines de notre ville, il faut mentionner Marc Lescarbot et le frère Gabriel Théodat Sagard qui, tous deux, ont publié le récit de voyages qu’ils avaient accomplis au temps de Champlain.

(Par C.-J. Gauvin, Le Soleil, Québec, 23 juin 1958).

Quelques arpents de neige… Photo d’Anatoly Vorobyev.

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