Scandale SAAQclic
Le fiasco de la SAAQ est lié au scandale du projet SAAQclic. Il s’agit du fiasco du virage numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec. Ce fiasco est marqué par des coûts massifs, une mauvaise gestion et de graves failles dans l’administration du projet.
Nature du fiasco et les révélations majeures
Le projet SAAQclic, lancé en 2017 pour moderniser les services de la SAAQ, a explosé son budget initial de 638 millions pour atteindre plus de 1,1 milliard de dollars, avec de nombreux problèmes techniques et organisationnels. Dès le début, la plateforme informatique ne fonctionnait pas normalement et causait de lourds torts à la société québécoise.
Bref, on constate de graves dépassements de coûts, liés notamment aux consultants payés parfois jusqu’à 350 $ de l’heure (au lieu des 80 $ prévus au départ). Une sous-estimation énorme des besoins en main-d’œuvre : 800 000 heures de travail manquaient pour réaliser le projet dès le départ.
Le gouvernement et la direction de la SAAQ étaient au courant des risques et des problèmes. Mais ces institutions ont procédé quand même, en contournant des alertes et en négligeant l’avis d’experts.
On a exprimé des soupçons de favoritisme dans l’octroi de contrats et nominations politiques de personnes peu ou pas qualifiées à des postes stratégiques.
Conséquences politiques et enquêtes
En février 2025 démissionne le ministre Éric Caire. Ensuite, le gouvernement met sur pied d’une vaste commission d’enquête publique dirigée par le juge Denis Gallant. Au même temps, l’UPAC ouvre une enquête pour corruption et mauvaise gestion.
Le scandale met en cause la responsabilité du gouvernement dans la surveillance et l’imputabilité de l’administration publique. Le développement de l’affaire soulève des questions sur l’intégrité, la transparence et la gouvernance de l’État québécois.
En essence, SAAQclic devient le symbole d’un projet public mal planifié, trop coûteux et mal géré. Un projet qui a eu des répercussions politiques majeures pour le gouvernement et la confiance citoyenne.
Constats de la vérificatrice générale du Québec
La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a révélé plusieurs faits précis dans son rapport sur SAAQclic, soulignant de graves défaillances de gestion, de transparence et de planification.
- Explosion des coûts : Le programme CASA/SAAQclic a connu une hausse de près de 500 millions de dollars par rapport au budget initial. La hausse a porté la facture à plus de 1,1 milliard de dollars. Personne n’a communiqué ces dépassements aux décideurs.
- Insuffisance des tests : La direction n’a pas effectué les tests nécessaires avant le déploiement du nouveau système en 2023. Plusieurs bogues existaient au moment du déploiement du système.
- Problèmes dès la mise en service : Le lancement du système a généré des erreurs informatiques majeures. Tout comme des temps d’attente accrus au comptoir. Une expérience en ligne dégradée par rapport à l’ancien modèle.
- Omissions et fausses représentations : La direction affirmait publiquement que tout se déroulait comme prévu. En fait, la réalité se démarquait par des retards, des problèmes de qualité et des retombées négatives sur les services essentiels.
Fiasco de la SAAQ
- Manque de transparence avec le conseil d’administration : Les dirigeants n’ont pas informé le conseil d’administration ni le comité de direction que les tests n’étaient pas terminés.
- Recours excessif à la sous-traitance : Plus de la moitié des ressources provenaient de consultants externes. Cela a alourdi la facture et nuit à la transmission de l’expertise interne.
- Avertissements ignorés : De nombreux professionnels internes avaient prévenu la direction des risques liés à un lancement précipité.