Histoire du Québec

Épisodes de l’histoire canadienne

Épisodes de l’histoire canadienne

Épisodes de l’histoire canadienne

C’est un peuple de gentilshommes

Qui a pu oublier la belle démonstration, de 1842, le jour où toutes les sociétés nationales de Québec allèrent recevoir au débarcadère le nouveau gouverneur général, Sir Charles Bagot, pour lui souhaiter la bienvenue. Arrivés sur la Place d’Armes, nous défilâmes devant Son Excellence qui était sur le balcon de l’hôtel du gouvernement ; à ses côtés était le maire de Québec, l’honorable René-Ed. Caron, qui était aussi le président de la société Saint-Jean-Baptiste.

Sir Charles Bagot admira la belle tenue des membres de notre société, qui comptait alors dans ses rangs plus de quinze cents associés, lorsqu’elle défila sous le balcon, ayant en tête sa nombreuse fanfare bien disciplinée, vêtue de riches uniformes, jouant l’air « Vive la Canadienne », précédée de son imposant tambour-major, Louis Blanc, militaire décoré, qui avait servi dans l’armée française, sous le grand Napoléon.

Oui, il était, beau à voir notre tambour-major, avec sa haute stature, son énorme casque à poil, orné d’un riche plumet, marchant avec grâce et maniant avec tant de dextérité son long bâton au pommeau d’argent. Des vivats chaleureux, sortis de nos centaines de poitrines fortement constituées, acclamèrent l’arrivée de Son Excellence et le. saluèrent comme le père de la patrie.

Sir Charles Bagot, en voyant défiler les membres de notre nombreuse société, dans les rangs de laquelle l’oeil le plus scrutateur n’aurait pu distinguer le riche du pauvre, l’homme de profession de l’ouvrier, dit à notre, maire : Mais c’est un peuple de gentilshommes !

(Fête Nationale des Canadiens-Français, 1881).

Sir Charles Bagot, Gouverneur du Canada de 1842 à 1813, naquit en 1781 et il est mort en 1843. Fut très populaire parmi les Canadiens-Français.

C’EST LA FAUTE À PAPINEAU

Dans mon jeune âge, quelques vieillards chantaient encore une chanson dont le refrain fut très populaire. Je ne m’en rappelle, que ce distingué :

S’il y a trop do cahots.

C’eut la faute à Papineau.

Ce dernier vers devint presque proverbial, pendant longtemps. Il n’y a aucun doute que cette chanson n’est qu’un pastiche de celle dont monsieur Édouard Fournier, dans l’Esprit des autres, cite le couplet suivant :

S’il tombe dans le ruisseau
C’est la faute de Rousseau
Et si le voilà par terre
C’est la faute de Voltaire.

(Revue Populaire, 1911. Le Chercheur).

Ô CANADA ! MON PAYS, MES AMOURS…

De 1834, date la célébration de la Saint-Jean-Baptiste comme fête nationale des Canadiens français. Ludger Duvernay en fut le créateur.

En effet, le 22 juin de cette année, un dîner de soixante couverts fut servi sous la présidence de Jacques Viger, alors maire de Montréal.

J. Viger, L.-II. Lafontaine, C.-E. Rodier, T.-S. Brown, O’Callaghan, Turner, Sicotte, C.-O. Perrault, Laberge, etc., prononcèrent des discours de circonstance. Un jeune homme y chanta une chanson patriotique qu’il avait composée, expressément pour cette solennité. Cette chanson, aujourd’hui populaire, commençait par les mots Ô Canada ! mon pays, mes amours… Le chanteur devait être plus tard sir Georges- Etienne Cartier.

(Le Terroir 1909. G.-A. Dumont).

Sir Georges-Etienne Cartier, naquit en 1814 et mourut en 1873. Un des grands hommes d’état canadiens.

NOS INSTITUTIONS, NOTRE LANGUE ET NOS LOIS

Cette devise fut celle du journal Le Canadien, à partir de 1829, d’après M. Benjamin Sulte et il n ‘y a aucun doute que c’est à cette publication que nous la devons. Citée par les orateurs, reproduite par les écrivains, elle devint rapidement d’un usage général.

« LE FAMILY COMPACT »

Alors que, vers 1830, le Bas-Canada se plaignait du Conseil Législatif, dans le Haut-Canada, c’est contre le Conseil exécutif que les plaintes étaient principalement formulées.

Cette province était depuis longtemps gouvernée par un parti communément appelé le « Pacte de Famille » {Family Compact), quoiqu’il n’y eut guère de parenté entre les personnes qui le composaient.

Ce corps d’hommes occupait tous les emplois importants. Il maintenait son influence dans la législature par son ascendant sur le Conseil Législatif. Les gouverneurs, les uns après les autres, subissaient l’influence du Family Compact, qui comptait parmi ses adhérents le plus grand nombre des juges, des magistrats, des membres de la profession légale et du clergé anglican. Il était tout-puissant dans les banques, et par des octrois ou des achats, ils avaient acquis presque toutes les terres incultes de la province.

(Lord Durham’s Report. Dix ans au Canada. A. Gérin-Lajoie).

Notons aussi que dans l’histoire européenne le nom de « Pacte de famille » est donne a trois traités passés entre la France et l’Espagne, au cours du dix-huitième siècle.

LE RÈGNE DE LA TERREUR

La période de l’administra Lion du gouverneur Craig a été longtemps désignée sous le nom de Règne de la Terreur. « Cette qualification, dit Larverdière, renferme plus d’ironie que de vérité.

Il ne fit pas répandre de sang, malgré la violence de son caractère ; il ne fut que la dupe des mauvais conseillers qui l’entouraient »…

(Histoire populaire du Canada. Hubert Larue).

MADAME, SI TOUTES LES DAMES CANADIENNES VOUS RESSEMBLENT…

Quand les Canadiennes ne payaient pas de leur personne, elles aidaient, en priant avec ferveur, au succès des armes de leur pays. Du reste, belles autant que braves, le roi d’Angleterre, Georges III, les a jugées dans la personne de Mme de Léry, quand à la cour de Londres, après la cession, il lui adressa le compliment suivant : « Madame, si toutes les dames canadiennes vous ressemblent, j’ai vraiment fait une belle conquête ».

(Histoire populaire de Montréal. A. Leblond De Brumath).

GERRYMANDER

Marblehead-Mass est la patrie du politicien Elbridge Gerry (1744-1814), d’après lequel on appelle « Gerrymander » le système de division des collèges électoraux en faveur d’un parti.

(Les États-Unis, 1905. Boedeker).

Bassin du Saint-Laurent en face de Montréal. Photo de Grandquebec.com.
Bassin du Saint-Laurent en face de Montréal. Photo de Grandquebec.com.

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