Histoire du Québec

Division des libéraux

Division des libéraux

Le caucus fédéral de mardi consacrerait la division des libéraux

Ottawa, 10 avril 1964. Il semble certain que le caucus des députés fédéraux libéraux du Québec prendra la décision de consommer le divorce entre les organisations fédérale et provinciale du parti, à son caucus hebdomadaire de mardi prochain. En même temps, les libéraux d’Ottawa éliraient leur nouveau leader québécois, M. Guy Favreau.

La division des organisme fédéral et québécois va faciliter à chacun une plus grande liberté d’action. C’est chose indispensable à l’heure où le parti ministériel, au Québec, doit négocier sur des questions extrêmement délicates avec un parti qui, à Ottawa, est également libéral.

Mais il n’est pas question d’élections dans la capitale libérale, et si l’on en parle à Québec, on a été fort surpris de l’apprendre, hier.

Des nouvelles en provenance de Québec laissaient en effet entendre que les activités diplomatiques intenses des gouvernements de Québec et d’Ottawa étaient le prélude à des élections nationales.

Il n’en est rien et il y a à cela d’excellentes raisons.

La première est bien simple : si les libéraux les déclenchaient ce serait presque un suicide, si l’on tient compte des piètres résultats de la conférence fédérale-provinciale, et du ressentiment de plus en plus marqué dans un certain nombre de provinces au sujet de la politique de M. Pearson en matière de relations fédérales-provinciales.

De plus, la refonte de la carte électorale n’est pas faite et elle favoriserait davantage les conservateurs que les libéraux à ce moment-ci. Le parti s’est enfin engagé à mettre en vigueur un plan national de caisse de retraite et on ne voit pas comment il pourra se présenter avec confiance devant les électeurs tant que des développements substantiels ne se seront pas produits de côté.

Le gouvernement a les mains vides

Si ‘autres lois avaient déjà été votées à cette session-ci, le gouvernement aurait toujours pu aller devant le peuple avec quelques réalisations, mais dans le moment, il ne peut se vanter d’un grand nombre de succès.

Au surplus, si les paroles du premier ministre veulent dire quelque chose, il faut se souvenir que M. Pearson a manifesté fort souvent son intention d’accomplir un mandat complet.

Il a d’ailleurs pris les dispositions à cet effet en ce gagnant l’appui presque inconditionnel des créditistes de M. Thompson et d’au moins deux membres du NPD.

Cela est suffisant pour que le gouvernement évite d’être renversé en Chambre. Il ne faut cependant pas oublier un autre facteur. Les observateurs s’entendent pour dire qu’à ce moment-ci toute élection se ferait au détriment de l’unité nationale.

Elle a bien déjà souffert passablement, mais les libéraux ne semblent avoir aucun désir de pousser plus avant l’expérience… du moins de façon consciente.

Pour toutes ces raisons, on ne parle pas d’élections ici et on n’en prévoit pas d’ici l’automne… au plus tôt.

Satisfaire Québec

Personne ne nie cependant que des négociations soient en cours pour satisfaire aux exigences exprimées par Québec depuis un an. Comme on le sait, un certain nombre de personages ont défilé cette semaine à Québec, hommes politiques ou hauts fonctionnaires. Ce N’est pas là le prélude à des élections mais la continuation du travail fait à la dernière conférence. On se souvient qu’à la fin de la conférence le premier ministre Pearson avait dit que son gouvernement comptait procéder très rapidement dans la poursuite des négociations notamment sur les plans conjoints et la compensation fiscale. Ces négociations devraient avoir leurs suites au cours de la conférence ministérielle de mai sur la sécurité sociale.

Elles pourraient également aboutir à plus ou moins longue échéance à la formation du fameux comité sur le régime fiscal proposée par la dernière conférence, mais qui y est loin d’être formé à cause des réticences de Québec.

(Texte publié dans La Presse, le 11 avril 1964).

“Par son silence, un mur peut révéler beaucoup de vérités.” (Zhang Xianliang / Mimosa). Photo de Victoria Zaporozhets.
“Par son silence, un mur peut révéler beaucoup de vérités.” (Zhang Xianliang / Mimosa). Photo des Quartiers de l’Intendant, sur Vaisseaux-du-Roy, au coeur du Vieux-Québec de Victoria Zaporozhets.

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