Histoire du Québec

Concessions des terres dans l’Outaouais

Concessions des terres dans l’Outaouais

Les concessions des terres dans l’Outaouais au cours du XIXe siècle

Durant les années 1830, on assiste à la création de domaines essentiellement privés le long des principaux affluents nord de la rivière des Outaouais. L’exemple le plus éloquent concerne les terres de la rivière Gatineau, attribuées à un groupe de personnages de premier plan dans le commerce du bois : les Wright, George Hamilton, Charles Adamson Low, Petere Aylen et Thomas McGoey, gendre de Philemon Wright fils. En échange de ce monopole sur la rivière, on s’attend à ce que ces entrepreneurs apportent et défraient le coût des améliorations susceptibles de favoriser le développement de l’industrie forestière.

Des « privilèges : semblables sont également accordés durant les années 1830 sur d’autres affluents dont, entre autres, la rivière Rouge sous le contrôle de Hamilton et Low et la rivière Noire sous celui d’Alexander McDonnell, Simon Hill et David Moore. Dans un tel contexte, la distinction entre « privé » et « public », entre pouvoir personnel et autorité gouvernementale est très floue.

La première loi sur le bois des terres de la Couronne est adoptée en 1849 et elle favorise encore davantage les grands entrepreneurs qui tentent de s’approprier le contrôle de l’exploitation forestière. Intitulée « Loi pour pourvoir à la vente et à une meilleure administration des bois qui se trouvent sur les terres publiques », elle a pour principal objectif de renforcer la stabilité de l’économie forestière en décourageant l’empiétement sur les terres de la Couronne et en renouvelant automatiquement les permis lorsque certaines conditions sont respectées. Un décret-loi va encore plus loin, en 1851, en mettant sur pied un système de redevances foncières dans lequel les entrepreneurs paient des droits fixes sur chaque mille carré de leurs terres. Ce système renforce la sécurité de tous ceux qui ont des droits de coupe sur les terres publiques, surtout ceux qui sont capables de payer ces droits sur des terres qu’ils n’ont pas l’Intention d’exploiter immédiatement. La loi de 1849, le décret-loi de 1851 et un autre décret adopté en 1852, pour modifier l’administration des droits sur le bois constituent donc l’essentiel de la réglementation sur le bois des terres de la Couronne adoptée dans la seconde moitié du XIXe siècle et par laquelle le gouvernement remet de plus en plus le sort de l’économie forestière entre les mains des grands entrepreneurs.

Agriculture et forêt

Au début du XIXe siècle, la politique gouvernementale visait à encourager la colonisation de la région de l’Outaouais pour des raisons stratégiques, mais, dans les années 1830, elle cède peu à peu la place à une conception plus équivoque selon laquelle l’occupation du territoire devient un obstacle au développement de l’industrie forestière.

Après des années de débats et de controverse, le gouvernement introduit dans la loi de 1849 ce qui se veut une tentative de solution du conflit entre les colons à la recherche de terres et les entrepreneurs forestiers qui veulent contrôler les zones non défrichées. Cette loi permet aux colons d’acquérir des terres publiques à certaines conditions dont, entre autres, la retenue des droits de coupe pour ceux qui exploitent la forêt mais elle n’arrive toutefois pas à diminuer les tensions entre colons et exploitants forestiers. En réalité, elle fait plutôt en sorte que, sur les mêmes terres, marchands de bois et exploitants agricoles se retrouvent fréquemment en conflit dans la poursuite de leurs ambitions respectives.

(Histoire de l’Outaouais. Sous la direction de Chad Gaffield. André Cellard, Gérald Pelletier, Odette Vincent-Domey, Caroline Andrew, André Beaucage, Normand Fortier, Jean Hawrvey, Jean-Marc Soucy. Centre de la recherche de l’institut nation de la recherche scientifique, 1994).

L’Outaouais d’antan. Photo de Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *