Histoire du Québec

La colonisation du Québec se poursuit

La colonisation du Québec se poursuit

Québec a placé 1,700 familles de colons depuis le début de l’été 1940

Ces familles ont déjà bâti sept cents maisons, en ont reconstruit six cents et ont construit 350 granges. – Églises et presbytères nouveaux

Québec, 25 novembre 1940. – Le ministère de la colonisation du Québec, dirigé par l’honorable Adélard Godbout, premier ministre de la province, a établi 1,700 familles de colons dans diverses parties de la province depuis le commencement de l’été. 700 maisons de colons et 350 granges ont été construites, 600 autres maisons reconstruites. On a aussi assuré la construction de 10 églises et 8 presbytères dans des colonies nouvelles. 1,000 familles, environ, comprenant 5,500 personnes, ont été dirigées vers les régions de colonisation en vertu du plan fédéral-provincial. 700 autres familles, formant un total de 3,800 personnes, ont été établies suivant le plan provincial.

Les nouveaux établissements se sont effectués en Abitibi et au Témiscamingue, principalement. Il y en a eu beaucoup, aussi dans le bas St-Laurent. L’Islet, Témiscouata, Rimouski, Matapédia, Matane, Montigny, Bonaventure et Gaspé, les Cantons de l’Est, Dorchester, Bellechase, Frontenac, Beauce et Compton.

Le ministère de la colonisation a fait exécuter de nombreux travaux de construction, au cours de la saison, et l’activité la plus intense a régné dans toutes les colonies naissantes. Les travaux de construction ont été particulièrement surveillés. Les établissements de colons ont été sujets à une attention toute spéciale de la part des autorités administratives, qui se sont efforcées d’y mettre un peu plus de sens social. On a pris soin aussi, afin d’assurer la réussite parfaite de l’établissement de limiter les ambitions du colon, de voir à qu’il ne s’endette pas avant d’avoir terminé son installation.

On sait, d’autre part, que la mécanisation des travaux d’essouchage et de labourage, mise à l’essai par l’honorable M. Godbout a grandement aidé les nouveaux colons. Au cours de la saison le ministère de la colonisation a construit un grand nombre de maisons nouvelles et reconstruits les maisons des colons éprouvés par le feu. In en a restauré d’autres jugées malsaines, confortables.

Le nombre des maisons reconstruites ou restaurées s’est élevé à 600. Par ailleurs, il s’est construit 700 maisons nouvelles. Le gouvernement accorde une prime de $250 pour la construction de chaque maison : il fournit gratuitement, en outre, plans et devis.

Le ministère de la Colonisation a aussi fait construire 380 granges pour les colons, grâce à une prime de $75 par grange, en outre des plans et devis fournis gratuitement.

Dans le domaine spirituel, les colons n’ont pas été oubliés. M. l’abbé Bergeron, missionnaire-colonisateur, nous a appris que le ministère a construite 10 églises et 8 presbytères. Le gouvernement donne $3,200 par église et $800 par presbytère. Il ajoute $200 quand la colonie fait poser le système de l’eau dans le presbytère.

Les églises ou chapelles nouvelles ont été construites aux endroits suivants : Saint-Augustin (Témiscouata), Rivière Heva (Abitibi), Sainte-Philomène (Abitibi), Notre-Dame-de-Lorette (Lac Saint-Jean), Lac du Cerf (Labelle), Saint-Paulin d’York (Matane), Saint-Jean de la Lande (Témiscouata), Sainte-Praxede (Wolfe), Notre-Dame de la Garde (Bonaventure), Escouminac (Bonaventure).

Les presbytères ont été érigés dans les paroisses suivantes : Arntfield (Témiscamingue), Hébécourt (Abitibi), Saint-Benoît de la Corne (Abitibi), Sainte-Blaise (Abitibi), Enfant-Jésus-de-Tourelle (Gaspé-Nord), Saint-Charles Garnier (Gaspé-Sud), Saint-Thomas de Cherbourg (Matane).

Un nouveau départ de colons aura lieu demain, le 27 novembre 1940. Le contingent comprendra 9 familles, formant un total de 55 personnes. Ces nouveaux colons s’en vont dans l’Abitibi, le Témiscamingue et le comté de Matane. Ce départ est l’un des derniers de la saison.

Lac Labyrinthe

Ce plan d’eau de 10 km carrés de superficie chevauche la frontière Québec-Ontario, à l’ouest de Rouyn-Noranda. Le lac Labyrinthe se déverse dans la rivière Dasserat, qui rejoint le lac du même nom. Le toponyme a été adopté en 1926 mais son usage est beaucoup plus ancien. Le sulpicien Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille a appris ce nom des Amérindiens lors de son séjour à la mission du lac Abitibi vers 1837. Il prétendait qu’une rivière des environs serpente en manière de labyrinthe et que les autochtones l’identifiaient comme la « rivière au serpent ». Le lac Labyrinthe a déjà été appelé Lac du Serpent, mais aussi Lac des Îles, à cause des nombreuses îles qu’on y retrouve. Une rivière sis plus à l’est est aujourd’hui dénommée Rivière Serpent. Avant l’arrivée des missionnaires dans la région, les Algonquins nommaient ce plan d’eau Opwataongajing. Une enquête de 1981 révèle qu’ils le désignent maintenant Kockonadage Sagahigan, qui se traduit par « lac où attaquer quelqu’un ». Le profil tortueux de la rivière Dasserat, sa décharge et la multitude d’îles que contient le lac Dasserat donnent à penser que le lac Labyrinthe se trouve à l’extrémité d’un labyrinthe pouvant faciliter des attaques surprises. Par ailleurs, on compte au moins trois autres entités homonymes réparties sur le territoire québécois.

Il faut s’adapter, toujours s’adapter, sans jamais décider ni rien maîtriser de son destin. (Claude Ecken La fin du big bang.) Photographie de Megan Jorgensen.
Il faut s’adapter, toujours s’adapter, sans jamais décider ni rien maîtriser de son destin. (Claude Ecken La fin du big bang.) Photographie de Megan Jorgensen.

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