Histoire du Québec

Cinéma du Québec, ligne du temps 1907 – 1912

Cinéma du Québec, ligne du temps 1907 – 1912

Développement du cinéma au Québec. Ligne du temps : 1907 – 1912

1907

Mai 1907 : Georges Gauvreau, déjà bien connu dans le domaine du théâtre, ouvre son Nationoscope, tout près du Quimetoscope, pour concurrencer Ernest Ouimet. Il est aidé par Damase Larose qu’il a connu au parc Sohmer. Le 22 octobre, il utilise le Chronophone Gaumond pour sonoriser les projections d’un certain nombre de films.

31 août 1907 : Ernest Ouimet ouvre son second Ouimetoscope, première salle de luxe construite en Amérique du Nord, au coût de 130 000 $. Cette salle contient 1200 fauteuils. Pour une place ordinaire, on paye 10 ou 15 cents ; pour les loges, 35 et 50 cents.

7 octobre 1907: Damant le pion à Gavreau, Ouimet utilise le Cinémato-gramo-théâtre de Georges Mendel pour être le premier à synchroniser son et image. Mais l’engouement pour ce type de projections de dure pas : le procédé n’est pas encore au point, les films qui lui sont adaptés manquent bientôt et l’allongement des productions rend la formule encore plus difficile à manipuler. Pour l’ouverture de cette salle Ouimet présent des films plus ambitieux : Mariage du roi d’Espagne, les chutes Victoria en Afrique.

1907 : En Beauce naît Le Bon Cinéma, Enrg., résultat d’une collaboration entre l’abbé Benjamin Paradis et son frère Jean-Baptiste. Ce dernier, qui dirige la Fautless Patent Mfg. Co. Dans le Maine et qui est projectionniste ambulant en Nouvelle-Angleterre et au Québec, utilise les images et les connaissances de Rome et de Jérusalem de son frère. Cette compagnie poursuit son travail jusqu’à la fin du cinéma muet.

25 novembre 1907 : Un mandement de Mgr Paul Bruchési interdit aux catholiques de faire des projections de cinéma le dimanche parce que ce sont « des entreprises lucratives, un négoce véritable ». Un des seuls concernés, Ernest Ouimet, contourne le règlement en vendant des bonbons à l’entrée de sa salle et en donnant la permission aux acheteurs d’aller les manger à l’intérieur. Après, Ouimet contestera l’interdiction devant les tribunaux et obtiendra gain de cause en 1912.

Novembre 1907 : À l’Hôtel Astor de Chicago, se tient l’Assemblée de création du Trust Édison (connue aussi comme la Motion Picture Patent Company). Dix compagnies se regroupent pour éliminer la concurrence. Ernest Oumet est le Seul Canadien qui assiste à l’assemblée.

1908

De nouvelles salles, surtout anglophones, ouvrent leurs portes à Montréal dont le Casino, le Kinetograph, le King Edward, le Crescent Land. Il y aurait alors 28 salles à Montréal vers la fin de l’année.

À Montréal, Ernest Ouimet, avec son opérateur Lactance Giroux utilisant une caméra Pathé, continue à tourner ses propres actualités sur différents événements canadiens, tels Wilfrid Laurier à l’assemblée de Laprairie, Sortie du Ouimetoscope, Gymnastes au Champ-de-Mars, Courses d’automobiles au parc Delorimier, etc.

Juillet 1908 : Oumet présent des reportages sur les festivités du tricentenaire de Québec et sur l’incendie de Trois-Rivières. Les actualités de Ouimet sont si populaires que, parfois, elles occupent une part importante du programme du Ouimetoscope. Il tourne aussi « Mes espérances » (sur ses enfants) et son premier film de fiction, « Baptiste et son cochon ».

Juillet 1908 : À l’instigation de l’abbé Benjamin Paradis, son frère Jean-Baptiste remplace la lanterne magique par un cinématographe et filme les festivités du tricentenaire de Québec.

Décembre 1908 : Ouverture de la salle Cameraphone, filiale d’une compagnie américaine et qui, comme nom l’indique, veut populariser le cinéma sonore.

Décembre 1908 : On célèbre la création officielle du cartel Trust Edison (La Motion Picture Patent Company) qui demeurera actif jusqu’en 1914.

1909

16 février 1909 : Sous la présidence d’Ernest Ouimet, les propriétaires de salles se regroupent pour former la Motion Picture Association of the Province of Quebec. Leur but est de se défendre contre les attaques de la censure cléricale.

1910

7 – 11 septembre 1910 : Jean-Baptiste Paradis filme le grand 21e Congrès eucharistique international de Montréal qui se tient du 7 au 11 septembre, événement qu’Henri va transformer en moment d’affirmation du nationalisme canadien-français.

17 septembre 1910 : La Canadian Amusement Corporation Limited de George Ganetakos ouvre le Moulin Rouge, coin Saint-Catherine Est et Amherst.

1911

Selon le recensement de 1911, la population du Canada est de 7 206 643 habitants, celle du Québec est de 2 005 779 habitants, soit 27,8 % de la population canadienne.

1911 : Le Montréalais Emil Berliner utilise un Gramophone et son Auxetophone pour organiser une soirée de projection sonore.

24 mars 1911 : Le Parlement adopte la première loi sur les « vues animées » Il y est simplement prohibé de recevoir des mineurs de moins de 15 ans dans les salles publiques, à moins qu’ils ne soient accompagnés de leur père, mère, tuteur, gardien autorisé, etc.

1912

1912 : Les producteurs américains commencent à tourner des films dans la région de Québec, laquelle peut prendre le visage d’une ville française. D. W. Griffith, pour la Biograph, membre du Trust Edison, tourne deux courts métrages de fiction ayant la ville de Québec pour décor : A Sailor’s Heart et Pirate’s Gold. La Vtagraph, autre compagnie du Trust Edison, y tourne au moins cinq films dont The Old Guard, Put Yourself in Their Place, A Gay Time in Old Quebec.

1912 : À Montréal, l’ouvre la salle de cinéma Lune Rousse qui présente des films d’art américains (de la compagnie Thanhouser) et du jazz. Cette salle fermera ses portes l’année suivante et sera rouverte en 1919 pour présenter du cinéma plus traditionnel et des spectacles de variétés (La Poune va chanter dans cet endroit). La salle est située au 775, rue Ontario Est. El deviendra le cinéma Caméo à la fin des années vingt.

Automne 1912 : À Châteauguay, Frank Crane tourne Battle of the Long Sault (Dollard des Ormeaux). Le film est produit par la British American Film Company de Frank Beresford, avec des capitaux anglais de Montréal. Les comédiens sont américains sauf les Iroquois de Kahnawake.

7 décembre 1912 : George Ganetakos, avec sa compagnie Independant Amusement, Limited ouvre une salle de luxe, le premier véritable palace à Montréal, le Strand, au 422, rue Sainte-Catherine Ouest, coin Mansfield. Architecte : Daniel Johen Crighton, qui fait aussi la salle Snowdon. Le pianiste Willie Eckstein constitue une attraction en soi. Le Strand devient le Pigalle avant sa démolition en 1973.

21 décembre 1912 : Le Parlement sanctionne la loi créant le Bureau de censure des vues animées de Québec, sa composition, son mode de fonctionnement et ses responsabilités. La loi prévoit aussi des pénalités frappant ceux qui l’enfreindront.

1913

1913 : La firme Gaumont, qui a un comptoir de distribution à Montréal, distribue ses Hebdomadaires (actualités) et dépêche de temps en temps des opérateurs pour filmer divers événements, dont un défilé de la St.Patrick. Gaumont tourne même un docu-fiction avec des pompiers de Montréal.

1913 : En Nouvelle-Écosse et au Québec, la Canadian Bioscop Company tourne « Evangeline », réalisé par E. P. Sullivan et scénarisé par Marguerite Marquis d’après le poème de Henry Wadsworth Longfellow. C’est le premier long métrage tourné au Canada. Il a pour sujet la déportation des Acadiens et il obtient un succès commercial.

Avril 1913 : La première du film Battle of the Long Sault (Dollard des Ormeaux), d’une durée de 30 minutes. Le même Beresford dirige la production pour la Kalem, toujours à Québec, à l’été 2013, de Wolfe or the Conquest of Québec.

13 avril 1913 : Ouverture du cinéma Impérial, un des premiers palaces du cinéma. L’Impérial utilise le procédé Kentophone d’Edison pour présenter des vues animées parlantes.

1er mai 1913 : À compter du 1er mai, tous les films projetés dans les salles, même les bandes d’actualités, doivent avoir été censurés par le Bureau de censure, présidé par le Dr. Louis-Joseph Lemieux, shérif de Montréal.

Tiré du livre par Yves Lever, Pierre Pageau. Chronologie du Cinéma au Québec.

On était en face de la vieille rue Saint-Jacques, bordée de hautes maisons noires, percée d’allées obscures, de ruelles occupées par des usines et des tanneries, car à deux pas coule la petite rivière de Bièvre.(Christopher Priest Le monde inverti. Éditions J’ai lu 1975). Photographie de Megan Jorgensen.
On était en face de la vieille rue Saint-Jacques, bordée de hautes maisons noires, percée d’allées obscures, de ruelles occupées par des usines et des tanneries, car à deux pas coule la petite rivière de Bièvre.(Christopher Priest Le monde inverti. Éditions J’ai lu 1975). Photographie de Megan Jorgensen.

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