Des nouvelles pas fraîches

Chronique de la vie ouvrière

Chronique de la vie ouvrière

Chroniques de la vie ouvrière au Québec

(Épisodes du mois d’octobre 1939)

L’anniversaire du syndicat de l’auto-voiture : La fête organisée pour la commémoration de cet important événement

Au cours d’une assemblée du syndicat de l’auto-voiture, hier soir, le directeur, M. V.-E. Dupont, a soumis un fort intéressant rapport de la soirée récréative et sociale, qui eut lieu ces jours derniers en la salle Montcalm, coin des rues St-Zotique et Delormier, pour célébrer le 2e anniversaire de la fondation de ce syndicat à Montréal.

« Environ 500 personnes assistaient à cette soirée, a rapporté M. Dupont. On remarquait parmi les invités d’honneur: M. J.-M. Savignac, échevin de Saint-Denis et président du comité exécutif municipal, qui représentait S.H. le maire Houde, les aumôniers des syndicats ; M. Alfred Charpentier, président général de la C.T.C.C. et autres.

Un mot d’histoire

Dans son allocution, M. Dupont fit l’historique du syndicat des carrossiers, devenu le syndicat catholique, de l’auto-voiture, et dont voici un substantiel résumé :

Fondé en 1914, sous le nom du syndicat des carrossiers de Montréal, cet organisme ouvrier remporta dès les débuts un succès remarquable. À cette date, les carrossiers étaient très nombreux et leurs conditions de travail étaient dérisoires. L’avènement de l’automobile comme moyen populaire de transport, obligea le syndicat à modifier ses règlements et son but. Il groupe, aujourd’hui, un grand nombre de membres qui travaillent dans l’industrie de l’automobile.

Le syndicat de l’auto-voiture est le premier syndicat fondé par les syndicats catholiques à Montréal. D’autres organismes ouvriers existaient déjà dans les régions rurales de la province, mais ce fut le premier fondé dans notre ville à la demande de Son excellence Mgr. Paul Bruchési, archevêque de Montréal. C’est un adversaire auquel non seulement les membres du syndicat de l’auto-voiture, amis de nombreux membres des syndicats catholiques sont intéressés.

Par arrêté ministériel en date du 14 octobre 1939, et publié dans la Gazette officielle de Québec, samedi, 21 octobre, l’Ordonnance #33, réglementant les conditions de salaire et de travail des employés de commerce en gros de l’alimentation, dans la région de Québec, sera mise en vigueur conformément à l’article #11 de la loi des salaires raisonnables, c’est-à-dire 30 jours après sa publication.

Voici les principales dispositions de cette nouvelle ordonnance : « L’Office des salaires raisonnables à l’unanimité de ses membres, et à la suite du rapport d’un comité de conciliation, ordonne et statut que le salaire qui doit être payé aux salariés ci-après désignés, et les heures de travail qui doivent être observées, sont ceux ci-après fixés et déterminés par la présente ordonnance. »

Juridictions professionnelle

La présente ordonnance No 33 régit les employeurs et les salariés des établissements ci-après, situés dans la cité de Québec et les villes de Lévis, Québec-Ouest et Lauzon.

Ces établissements sont ceux dans lesquels l’on fait le commerce en gros des produits d’alimentation de toute nature tels que épicwries, grain, farine, poisson, oeufs, beurre, fromage, viande, fruits, légumes, marinades, etc.

Ces établissements ou l’on fait le commerce en gros, des grains, de la farine, du foin, du sel ou des moutures de toutes sortes enfin, les établissements ou l’on fait, contre rémunération, l’entreposage des produits d’alimentation, des grains ou des moutures.

Le juste salaire aux chantier des l’État

Le nouveau régime du gouvernement fédéral réglementant les conditions de travail et de salaire sans les entreprises publiques.

Le nouveau régime de travail, institué par le ministère du travail, d’Ottawa, réglementant les conditions des travailleurs dans les différentes entreprises au compte du gouvernement fédéral est publié dans la dernière livraison de la Gazette du Travail. Il y est exposé que la réglementation fédérale sur la durée du travail, et les taux du juste salaire, est appliquée, en principe, depuis 1900 ; mais qu’il a été modifié à diverses reprises, notamment en 1922, en 1924, puis en 1934, et en 1936.

Étendue de la loi

La nouvelle loi couvre non seulement les travaux de constructions de rénovation, de réparation, ou de démolition par le comte de l’État, mais aussi la main-d’oeuvre exclue du Service civil, occupée à de tels travaux, aidés par le trésor fédéral, sous forme d’octroi, subside, prêt ou avance ou garantie.

En d’autres termes, le régime du travail du pouvoir fédéral est appliqué à toutes sortes de travaux exécutés par contrats adjugés par tous et chacun des ministères fédéraux ou subventionnés.

Avant de conclure ses contrats, les divers ministères obtiennent du ministère du travail, des échelles des salaires courants, pour les diverses catégories de la main-d’oeuvre requise dans les travaux projetés. Ces échelles du juste salaire sont incorporées au contrat par le ministre concerné.

Le service d’autobus remplace le tramway

Les employés de tramways de Montréal, se montrent inquiets du fait que la compagnie n’engage plus que des hommes étant ou pouvant devenir chauffeurs d’autobus. Tous les employés sont, sans doute, au courant que depuis le 10 octobre, la compagnie des tramways de Montréal, a remplacé le service de tramways du boulevard Pie IX, par un service d’autobus. écrit M. Paul-Émile Marguerite, dans le Tramway, organe officiel du syndicat catholique des employés de tramways, dont nous accusons réception. Tel que nous pouvons le prévoir, continue M. Marquette, dans Montréal, comme dans toutes les autres villes qui possèdent un système de transport en commun, tant au Canada qu’aux États-Unis et ailleurs, le tramway sera remplacé par l’autobus, du moins en grande partie. À la suite de ces changements répétés, quel sort est réservé aux employés de dix, quinze et même vingt ans de service auxquels on enlèvera le travail pour le donner aux plus jeunes qui pourront devenir chauffeurs? Leur retraite ou le secours de l’État.

Réclamations des syndicats de Jonquière

Contre l’augmentation du prix du pain et du coût de la vie.

Chicoutimi, 28 octobre 1939, — Une réunion importante du Conseil central des syndicats catholiques de Jonquière a eu lieu mardi dernier sous la présidence de M Ls-Philippe Bolly, au sécrétariat des syndicats, en cette ville ; un grand nombre de délégués de l’Industrie de l’Aluminium d’Arvida de l’industrie du Papier de Jonquière et de Kénogami et des autres industries du commerce de Jonquière, Kénogami, Arvida et Chute à Charon y assitaient.

La question de l’augmentation du coût de la vie, en regard des salaires actuels payés aux ouvriers, fut la principale question à l’ordre du jour. La hausse des prix dans la consommation. dans le vêtement, causée par les nouvelles taxes de guerre ont eu pour effet d’augmenter considérablement le coût de la vie, ont dit les orateurs, et la fixation d’un nouveau salaire familial en regard de cet état de chose a longuement attiré l’attention des délégués. À cette fin, un comité a été formé afin d’enquêter, de préparer des statistiques sur cette augmentation, de s’adresser pour cela à L’Office des justes salaires à Ottawa et au meilleur centre de renseignements dans le commerce du gros et du détail des villes de Chicoutimi, Jonquière, Kénogami et Arvida, puis de faire rapport à la prochaine assemblée.

Activités industrielles

Les délégués ont souligné à l’unanimité l’écart considérable que cela constituait déjà présentement entre le coût de la vie et les salaires actuellement payés. Les délégués ont également exposé le surcroît d’activités dans nos industries créés par les relations internationales actuelles et les hausses considérables à la Bourse des valeurs industrielles. Dans l’industrie du papier, on a mentionné que l’industrie fonctionnerait bientôt à pleine capacité et que, d’après une récente déclaration de M. R. Kane, gérant général de l’exploitation forestière de Price Brothers Company. 400.000 tonnes de papier et de pulpe que les États-Unis importaient des pays Scandinaves devront naturellement être fournies par le Canada, à Cause de l’insécurité du transport. Le président a annoncé qu’une réunion des exécutifs des syndicats du papier de River-Bend, de Kénogami et de Jonquière, avait été convoquée à Kénogami à cette fin par le président de la Fédération, M. Philippe Lessard.

Le prix du pain

La question de l’entente entre les boulangers pour augmenter le prix du pain et qui serait contraire à la Loi des Combines a été posée à la suite des déclarations faites à la radio et sur le journal par les boulangers de la Baie des Ha, Ha et de Jonquière pour augmenter le prix de la vente de leur pain. Est-ce que cette entente ne serait pas contraire à la Loi fédérale des Combines? a-t-on demandé.D’après les conclusions d’un jugement du juge Gibson relativement à la fixation du prix chargé au client par une convention collective est-ce qu’il n’aurait pas, par cette entente des boulangers, présomption de la violation de la loi ? Il fut décidé de demander une consultation légale sur ce sujet et même de faire un rapport à l’Office fédéral des prix. On a mentionné la différence du prix du pain dans la Baie des Ha-Ha et dans les villes de Jonquière, Kénogami et Arvida.

Un programme d’action générale pour l’année 1939-40 sera préparé à la prochaine assemblée du Conseil Central.

Qui réglera ce cas chez les barbiers ?

Les diverses associations de barbiers et de coiffeurs, particulièrement à Montréal, sont de nouveau en désaccord, sur la question des prix à exiger des clients, pour la coupe des cheveux. Les uns réclament un prix uniforme de 40 cents pour les adultes, et 25 pour les enfants dans tous les quartiers et tous les jours de la semaine les autres expriment l’opinion que, dans les quartiers pauvres ou ouvriers, ces prix seraient exorbitants, et que par suite, la clientèle finirait par déserter les salons des maîtres-barbiers.

De plus, d’autres se demandent si, dans un contrat collectif de travail on a le droit de fixer les prix à exiger du public ?

À tout événement, il est annoncé que l’association protectrice des employés barbiers, qui était partie de l’association des maîtres et employés barbiers indépendants de Montréal, tiendra une grande assemblée, le 8 novembre prochain, pour étudier à font cette question et prendre action.

Les maîtres-barbiers

De son côté, l’association indépendante des maîtres-barbiers de Montréal, présidée par M. Georges Gaudet, a mis à l’étude, cette même question, et doit en décider à une assemblée qu’elle tiendra prochainement en la salle du club ouvrier Papineau, 1378 est rue Sainte-Catherine.

Sherbrooke mettra ses chômeurs à l’ouvrage

Sherbrooke, 28 octobre 1939. – Au cours d’une assemblée spéciale tenue hier, le conseil a décidé de remettre au travail les ouvriers affectés par la cessation des travaux s’assistance-chômage. Ces travaux étaient sous la direction du bureau de reconstruction économique, composé des honorables MM. William Tremblay, Fisher, Burque et Carignan. Dès aujourd’hui, le conseil mettra à l’oeuvre 50 ouvriers choisis parmi les plus nécessiteux, sur un total de 372 chefs de famille.

Le conseil municipal a aussi décidé de se prévaloir du plan fédéral par lequel les dépenser d’assistance-chômage sont réparties entre Ottawa, Québec et la ville dans la proportion de 40-40-20. La ville embauchera sons ses chômeurs.

Employés de bureau de Québec

Avis est donné, dans la Gazette officielle de Québec, que la formation d’une société sous le nom de L’Association professionnelle des employés de bureau du district de Québec pour l’étude, la défense et le développement des intérêts économiques, sociaux et moraux de la profession a été autorisée par le secrétaire de la province, en date du 4 octobre dernier. Le siège social de la société est dans la cité de Québec, 19 rue Caron.

Assemblée des boulangers

La section des vendeurs de pain du syndicat catholique national des employés boulangers tiendra une importante assemblée, mardi soir prochain, 31 octobre, en l’édifice syndical, 1231 est Demontigny, sous la présidence de M. Léopold Larose. Cette assemblée devrait être tenue mercredi soir dernier, mais il dut être remis, à cause des élections provinciales. Tous les membres sans exception doivent y être présents dans leurs propres intérêts. Il y aura rapport de M. Albert Sénécal, agent d’affaires.

Les ébénistes veulent un meilleur salaire

Victoriaville, 28 octobre 1939. La Fédération des ébénistes et autres ouvriers de l’industrie du meuble, dont le siège est à Victoriaville. vient de soumettre une demande d’augmentation de salaires aux employeurs de cette industrie, dans la province de Québec.

Outre cette demande d’augmentation, la Fédération a demandé de modifier les classes et catégories des ouvriers du meuble, au point de vue du pourcentage, système qui n’est pas facile d’application, dit-on. On désirerait l’établissement d’une autre classe chez les ouvriers d’usine. Cette Fédération a conclu un contrat avec les manufacturier», et elle demanderait que ce contrat fut aussi modifié pour y insérer des salaires plus élevés.

On dit que les manufacturiers ne seraient pas opposés à une augmentation, à cause de l’augmentation du coût de la vie et ils auraient soumis une contre-proposition. Ou croît que cette question sera soumise à l’arbitrage.

Club ouvrier Ville-Marie

Le club ouvrier Ville-Marie tiendra son assemblée régulier demain, dimanche, 29 octobre, à 2 h de l’après-midi, en son local habituel, Tous les membre sont priés d’y assister, car des questions très importantes devront y être discutées.

Chroniques de la vie ouvrère. Photo de Megan Jorgensen.
Chroniques de la vie ouvrière. Photo de Megan Jorgensen.

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