Histoire du Québec

Charbonneau et le Chef

Charbonneau et le Chef

Charbonneau et le Chef : Un dominicain écrit une pièce basée sur le conflit Duplessis – Mgr Charbonneau

Toronto – Le père John McDonough, dominicain de Toronto, a écrit une pièce dramatique dans laquelle les autorités catholiques, – y compris le pape Pie XII – à la suite de pressions faites par le premier ministre québécois de l’époque, M Maurice Duplessis obligent un archevêque canadien a démissionner.

Mgr Joseph Charbonneau, qui a démissionné en 1950 comme archevêque de Montréal, est le principal personnage de cette pièce écrite en langue anglaise et qui se passe il y a 17 ans. Mgr Charbonneau est décodé à Victoria en novembre 1959, à l’âge de 67 ans.

La pièce intitulée « Charbonneau et le Chef » – le Chef étant M Duplessis – doit être publiée le printemps prochain, a révélé hier un porte-parole des éditeurs McClelland and Stewart.mM. Duplessis est décédé au mois de septembre 1959.

Le père McDonough, âgé de 43 ans, qui a étudié aux universités de Louvain, en Belgique, et d’Oxford. En Angleterre, enseigne actuellement la philosophie au Centennial College, a Scarborough,men banlieue de Toronto.

Sa pièce raconte la démission de Mgr Charbonneau réclamée par Duplessis parce que l’archevêque avait pris fait et cause pour les travailleurs de l’amiante lors d’une grève sanglante qui a duré cinq mois au Québec.

Lors d’une interview hier, le père McDonough a déclaré qu’il no croyait pas que sa pièce constituait une attaque contre l’Église.

« Je voulais dramatiser et allégoriser le sens des événements qui se sont produits à cette époque. Dans cette affaire, la population est tout aussi à blâmer que les autorités civiles et religieuses, puisqu’elle a réélu Duplessis en 1952 ».

Au cours d’une scène importante de la pièce, Monseigneur Ildebrando Antoniutti, alors délégué apostolique au Canada, présente à Mgr Charbonneau une lettre du pape Pie XII lui ordonnant de démissionner, sans procès et sans qu’il ait l’occasion de faire connaître son point de vue.

Dialogue

La pièce comprend ce dialogue entre l’archevêque et Mgr Antoniutti, actuellement nonce papal en Espagne :

Mgr Charbonneau: « Nous ne vivons plus au Moyen-Âge, Excellence. Je suis sujet britannique. Dans mon pays homme est innocent jusqu’à ce qu’on prouve qu’il est coupable. »

Mgr Antoniutti : « Vous êtes un archevêque de la sainte Église catholique. Vous devez l’obéissance au papd d’abord. Roma locuta est – Rome a parlé. »

En 1049, la CTCC (Confédération des Travailleurs catholiques du Canada ), devenue la Confédération des syndicats nationaux (CSN), avait déclaré, â Asbestos, une grève à laquelle avaient participé quelque 5,000 travailleurs.

Les mineurs réclamaient une augmentation de 15 cents l’heure afin de porter leurs salaires à $1.00 l’heure, ainsi que des bénéfices marginaux.

La grève a finalement été réglée à des conditions généralement favorables aux travailleurs. Six mois plus tard. Mgr Charbonneau demissionnait.

Il avait permis que des collectes soient faites à la porte des églises de son diocèse par des représentants du syndicat, afin de venir en aide aux familles, des grévistes. Les autorités provinciales avaient déclaré la grève « illégale ».

Sermon

Dans une autre scène, Mgr Charbonneau prononce un sermon dans lequel il dénonce l’emploi par le gouvernement Duplessis d’une force policière au cours do la grève.

Il déclare: « De nos jours, le gouvernement et l’industrie appartenant à des capitaux étrangers conspirent pour écraser le travailleur et le maintenir dans un état d’esclavage économique ».

Le père McDonough déclare que parce qu’il avait pris la défense des grévistes contre « la tyrannie du gouvernement Duplessis, et des compagnies à capitaux américains », l’archevêque était entré « directement en conflit avec le gouvernement et certains évêques ultra conservateurs… tels que Mgr Georges Courchesne », Mgr Courchesne était archevêque de Rimouski à son décès en 1950.

Le père McDonough a déclaré au cours de son interview :

« Plusieurs émissaires ont été envoyés de Québec à Rome afin de dénoncer Mgr Charbonneau. Courchesne a envoyé un mémorandum contenant plus de 100 pages d’accusations.

« Six mois après la fin de la grève, Mgr Charbonneau a été informé par le Vatican qu’il devait démissionner comme archevêque de Montréal. Aucune explication n’a été donnée et on ne lui a pas accordé de procès.”

L’auteur

« J’ai voulu faire pour le Canada français ce que Sean O’Casey n fait pour les Irlandais – simplement refléter l’état d’âme et la conscience collective de la population,

« J’ai tenté do dramatiser le fait qu’une tragédie comme l’exil de Mgr Charbonneau s’est produite parce que la population, le gouvernement et l’Église avait choisi de se servir d’expédients politiques au lieu de la vérité et de la justice.

« C’e n’est pas une accusation », a répété le prêtre, « mais une tentative de montrer comment toutes les parties ont participé à la condamnation de cet homme.

« Je trouve scandaleux qu’on refuse à un homme d’une aussi grande stature que Mgr Charbonneau le droit de se défendre. On lui donne simplement l’ordre de démissionner ».

En février 1950, le Vatican a annoncé que le prélat avait démissionné c o m m e archevêque de Montréal et qu’il avait été nommé archevêque titulaire du Bosphore. La condition de santé du prélat avait motivé cette décision, avait rapporté l’Osservatore Romano, organe officiel du Vatican.

Mgr Charbonneau, alors âgé de 50 ans, n’a fait aucun commentaire à la nouvelle.

Foyer

Depuis près d’un mois, il demeurait au foyer Mount St. Mary pour personnes âgées, à Victoria, en repos, avaient dit des informateurs.

Il est demeuré comme aumônier à cette institution où il devint vite connu sous le nom de « Père Jos » jusqu’à sa mort survenue le 19 novembre 1959.

Le père McDonough a déclare hier : « Sa démission peut être citée comme un exemple classique du césarisme papal et de l’impérialisme du Vatican.

« Après avoir étudié les faits et avoir soigneusement fouillé les circonstances, on garde l’impression embarrassante que Mgr Charbonneau a servi de houe émissaire, pas au nom de la vérité niais an nom d’un expédient politique. »

Le père McDonough a déclaré que bien qu’il se soit permis des licences ; dramatiques au point de vue historique, l’histoire est « substantiellement exacte ».

(Cette nouvelle nous vient de l’août 1967).

Église St Andrew Le fidèle ne peut accuser son frère plus de trois fois.
« Le fidèle ne peut accuser son frère plus de trois fois ». Photo de Megan Jorgensen.

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